‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 122 sur 178 · T, II, et T, U. Hcmonimncta du Parlement au roi, p · texte numérisé non relu

T, II, et T, U. Hcmonimncta du Parlement au roi, p

lant et ron y sentait visiblement une intention d'apaisement.

Pourtant le Parlement n'en fut pas satisfait. Il se prépara aussitôt à y répliquer par de nouvelles remontrances. Il en fixa les « objets » le 7 septembre*. C'était toujours les mêmes : « Ceux qui sont à la tète de l'administration de la province souffrent impatiemment qu'on en démontre les vices ; ils ne pardonnent pas au Parlement d'avoir fait entendre à Sa Majesté les plaintes d'une province dont on lui vantait la satisfaction. — On a violé les constitutions de la Bretagne pour établir un despotisme local par l'abus de l'autorité du roi, il est nécessaire de révoquer les ordres donnés dans ce but. — Les Etats doivent consentir librement et complètement les impôts demandés par le roi 2. »

Mais la fin de l'année judiciaire était arrivée. La Cour nomma pour rédiger les remontrances les « mandés, » MM. de Robien, de la Gâcherie, de Montreuil et de Kersalaûn, et renvoya au 3 décembre leur adoption définitive.

Les vacances allaient être marquées par des incidents graves qui devaient encore surexciter davantage les esprits.

1. Il y avait, le 7 sept, 6 présidents et 67 conseillers présents. Il n'est pas question au Registre secret de la confirmation de l'arrêté de scission dont parle M. Marion (p. 247), d'après les rapports anonymes envoyés à Paris, qui sont presque toujours partiaux et suspects.

2. Très humbles et très respectueuses Remontrances du Parlement au roi, p. 44-48.

352 LE DLC d'aiguillon et la CriALOTAIS

L<^ jour où M. de Mnnpeou remit aux drput^ du Parlement la réponse du roi, il dit à d'entre eux, MM, Picquet do Montreuil et Eussenon de Kersalaiin, de venir le trouver le soir, ii huit heures. Ils s'y rendirent, Saint-Fkirentiii était présent a rentretien. Le chancelier leur défendît, de la part du roi, de parler à rpii que ce fût de eette entrevoie.

Mais quand, le 3 septembre, le président de Rohien rendit compte a la Cour de son voyagi il crut devoir mentionner rincidont, qui av même retardé d'un jour le départ de la dépul tion.

Aussiti>t la Cour invite MM. Euzenou et Ph quet à lui faire connaître rolïjet de cette confi rence. Ceux-ci s'en dérendent longtemps, déclarai que M. de Maupeoii leur a expressément ini dit de parler, de la part du roi; ils supplient I" Cour de les en dispenser. j

Celle-ci, après délibéré, leur intime Tordre <]■ rendre compte. Ils croient devoir céder à cet!^ injonction ' . |

11 est facile de savoir ce qui s'était passe dans | celte entre^^iie : le ministre reprocha à Mil, de Montreuil et de Kersalaûn d\'tre les meneurs i du Parlement, de se faire les instruments des ' rancîmes personnelles de M, de la Gàcherîc contre le duc d'Aiguillon. 11 aurait dit : « M* de la Gâcherie met le feu dans le Parlement pour

1, Journal de et qui a'e^i pasi^ en Bretagne, p. 12,

venger sa querelle particulière et le roi en est instruit. » Il les accusa d'exciter la compagnie contre le commandant et les menaça des sévérités du souverain*. Saint-Florentin ajouta que tout ce que le Parlement avait dit sur les grands chemins était faux, et comme il estimait la réponse du roi beaucoup trop modérée, on peut croire qu'il tint à la compléter et à l'accentuer de vive voix. — Mais les deux magistrats se défendirent sur tous les points incriminés 2.

On s'imaginait à Paris que La Gâcherie cherchait à venger son arrestation de 1757. Il répond « qu'il n'avait aucune querelle à venger, et que s'il en avait, il ne porterait pas l'égarement au point d'en faire une affaire publique et d'y vouloir engager le Parlement, dont il était inconcevable qu'on eût assez peu d'idée pour le croire capable de prendre feu pour la querelle particulière d'un de ses membres^. »

Les magistrats s'étaient dispersés. Quelques jours après, trois conseillers : Picquet de Montreuil, Euzenou de Kersalaûn et Cliarette de la Gâcherie reçoivent à leurs maisons de campagne une lettre de cachet, datée du 12 septembre, leur ordonnant de se rendre dans les vingt-quatre heures à la suite de la cour. Ils obéissent.

(( J'étais bien tranquillement chez mon père, où il avait rassemblé toute la famille, écrit Ker-

1. Mémoire pour Charette de la Gâcherie, p. 50. — Mémoire au roi pour Picquet de Montrcuil, p. 17. — Mémoire au roi pour Euzenou de KersalaQn, p. 10. — Procès instruit, II, 325.

2. Arch. Xat., H. 630. Sainl-Florenlia à d Aiguillon, 31 août et 8 sept. 1764.

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