‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 126 sur 178 · Ardi. Nat., H · texte numérisé non relu

Ardi. Nat., H

l' « AFFAIRE DE BRETAGNE )) 363

iacrifîé quatre pays d'Etats au désir des enrepstrements. »

Malgré ces bonnes paroles, d'Aiguillon n'était [u'à moitié rassuré. Il se sentait combattu, il •edoutait les habiletés perfides de Choiseul.

Aussi n'était-il pas sans crainte pour l'avenir [uand il ouvrit à Nantes, le 1*"* octobre 1764, a session des Etats ^

Il débuta par un coup de théâtre ; dès la prenière séance il annonça « qu'il avait obtenu du 'oi » le retrait de l'ordre du 12 octobre 1762. Cet )rdre, odieux à la noblesse, qui permettait le vote les impôts à la majorité de deux contre un, fut acéré sur le registre, afin qu'il n'en restât aucune :,race'-. Cette décision provoqua une effusion de

1. Au début, comme toujours, l'assemblée était nombreuse, [j'ordre de l'église était présidé par Mgr de la Musanchère, îvêque de Nantes, par suite président des Etats ; la noblesse par e duc de Rohan, le tiers état par M. de Goniac, sénéchal de Rennes, en remplacement du sénéchal de Nantes, M. de Bellabre, |ui s'était absenté. (Pour sa présidence, le duc de Rohan reçut 188,000 livres. Arch. Nat., H. 535.)

Les commissaires du roi étaient, après le commandant en chef, l'intendant Le Bret, M. de Garadeuc, procureur général, MM. du Parc-Porée et de Chateaugiron, avocats généraux, les marquis de Ghabannais, de Marbœuf et de Langeron. Les deux procureurs syndics étaient M. de la Bourdonnaye et M. de Robien, élu à la place de M. de Quélen, récemment décédé.

2. On espérait par là amadouer la noblesse, et l'on avait eu peur d'une résistance désespérée de sa part. L'intendant écrivait au duc d'Aiguillon le 29 juin 1764 : « Si l'ordre de 1762 n'est pas rapporté, la noblesse pourra bien prendre un parti extrême, comme serait celui de se retirer peu de jours après l'ouverture des Etats, ce qui ferait un éclat d'autant plus fâcheux que l'église et le tiers seraient fort embarrassés... Gependant on ne peut s'empêcher de regarder l'ordre du roi comme la loi conservatrice de la liberté légitime qu'il convient de laisser à une assemblée aussi nombreuse et aussi tumultueuse que celle des Etats de Bretagne. En effet, sans ce frein ou se verra toujours au moment d'être

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gratitude et du joie; le due se crut, dît-il^ ai: plus beaux jours de sa A'ie : il approchait des plus YÎolents orages V.

Il alTirme qu'il avait Im-raèrae sollicité cette mesure conciliatrice et que le ministre Taccord^ à ses instances» « Je lui exposai combien ce" ordre avait indisposé Jes esprits, parce cju'il attaqtiait et détruisait la préleuiion de la uol/lcs\s€ qu'en fait d'imposition le consentement des trois ordres était nécessaire. Je lui dis que j'étais persuadé que si on retirait cet ordre à la prochaine assemblée, avec les ménagements convenahles, cette marque do bonté du roi produirait le meilleur efTet^, » ^

11 n'y a pas lieu de douter sur ce point de UB parole de d'Aiguillon, mais l'effet escompté par lui et espéré par le ministre fut de courte durée. Aucune tenue d'Etats ne fut plus mouvementée^ plus prolongée, plus hérissée de difficultés d« toutes sortes. La noblesse résista par tous h*s moyens et jusqu'aux dernières limites à l'étaLlissèment des nouveaux impôts.

Nous disons : la noblesse. Le duc parle « des prétentions de la noblesse. )> Est-ce juste? 11 est, certain que cet ordre jouait dans les Etats le

obligé do Ht'parer les Etnta bî on ne veut pas laisser la rjobli^ss©^^ régitei' impérieusement, sur les deux outrea ordres. (Arcb. d'U,et-ViK, G, 1771, Le Biet à dAi^fuillon, 29 juin Î704.) Voir^ C* 2820, Registre de 17fi2.

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