Exposé justificatif, p
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avec soin les questions et votaient selon leur conscience. Mais il est rertain qu'ils n*avaient pas rr'n^ard des reproseiihmts du pniivoir la mi>me iodé|ieii(Iîiiie<i iuti"cUtal)lo et faruiielie. 118 étaientj plus malléables, plus faciles à gagner et lîrent rarement une opposition intransigeante aux cxigt^ncf^s des ministres. Leur petit nombre ne les en eût pas empêchés. C'est le caractère et non lafl nombre qni fait la force des partis. ™
Les éveqiies et les chanoines, qui composaient le ]n*cmier ordre, étaient avant tout d(;s hommeg^ de modération et de paix. Par nalure et poTi profession, ils se trouvaient rapprochés du pouvoir, beaucoup d'évèques étaient en relations suivies avec la cour, près de laqutdle ils faisaient des séjours prolongés. Et les cLonoines, même inamoAnbles, ont parfois la crainte de déplaire aH leurs chefs spirituels. ^
Certes, nous ne croyons pas que le mot, h la fois cruel et léger, attribué à Févcque de T réguler, retlétât Topinion de tous. Un soir, c\tvi ^Jrtlt^ de Massiac, comme on critiqujiit la conduite des évèques aux Etats, M^"" de Chîdus aurait dit ingénueuient : « iVous ne payons rien de tout ce que la cour nous demande, il n'est pas étonnant que nous loi accordions tout K »
Mais il faut le reconnaître : prélats et chî noines étaient surtout animés de Tesprit di conciliation et de soumission a Téganl du pouJ voir'-.
h Li^llie Jij miirqiiÎ!* du Potilpi-y h Lu Clinlulais, |i>iivril I7tî
2, Les ni<!niJ>i'es du clergé tfL4iiieiil poinl itiRcn!(%ibk*s aux fa vciira. A la suite de la scHsiun de Î7U4, le duc demanda utj
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Le tiers état aurait dû représenter le peuple. 11 comprenait, en 1764, quatre-vingt-huit députés, nombre fort appréciable. Comment donc était -il recruté? Ses membres étaient choisis sur une liste de trois noms présentés par les assemblées municipales de quarante-deux villes de la province à l'agrément préalable du commandant! De même, les maires, « élus dans tous les temps par le suffrage libre des communes, » ne pouvaient plus Têtre que parmi les candidats acceptés par lui'.
On juge quel degré d'indépendance ils pouvaient avoir à Tégard de celui qui les désignait. Puis celui-ci disposait d'autres moyens d'action plus personnels : maintes faveurs, anoblissements, places, gratifications, étaient réservées aux députés bien pensants et surtout bien votants.
Nous en avons, hélas! des preuves convaincantes. Une note de la main môme du duc d'Aiguillon donne le nom des membres du tiers (( qui ont eu la meilleure conduite pendant Tas-
pension de 3 à 4,000 liv. pour l'abbé de Brilhac et une de 1,500 livres pour l'abbé Giraud, « l'ordre de l'église s'étant parfaitement bien conduit pendant l'assemblée des Etats de 1764 et «yant résisté pendant six mois, avec autant de fermeté que de courage et de patience, aux instances, aux entreprises et aux violences de l'ordre de la noblesse. » (Arch. Nat., H. 535.)
1. Arrêt du Conseil du 11 juin 1763 : Les maires ne seront élus que parmi ceux qui auront obtenu l'agrément du roi pour concourir à ladite élection. A cet effet, les communautés enverront au commandant la liste de ceux qui pourront concourir à l'élection et il n'y sera procédé qu'après le retour de la liste dûment approuvée par le commandant. (Arch. Nat., H. 625. Imp. in-4"* de 3 p.) Remontrances du 11 août 1764, p. 34. — Et c'était le duc d'Aiguillon qui avait ainsi mutilé et avili le tiers état !
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semblée des Etats de 1764 et se sont le plu distingués. » Il propose de leur accorder h gratifications suivantes ^ :
M. du Portai, maire de Tréguier, 1,200 livres.
M. Le Minihy l'aîné, éche\4n de Rennes, 1,000 liv,
M. de Boisjoly, maire de la Rochebernard, 900 liv.
De la Turrie des Rieiix, maire de Dol» 900 liv
De PoÊtneuf, maire du Croisic, 900 liv.
Sonvestre de Villemaîn, maire de Saint-Brieuc 800 liv.
Chevet, de Nantes, du Timeur, de Guîngamp, de Saînt-Hugon, do Lannion, 500 liv.
Bernard, de Vannes, Brcnugat, de Sarzeau, du Baudy, de Port-Louis, Penmaquer, de Carhaix, 400 liv.
Et les lettres de remerciements de ces députes! sont au dossier!
En réalité, le tiers état représentait à peu près la bourgeoisie des principales villes, mais nullement le peuple.
La noblesse était trop nombreuse pour cpron pût agir ainsi sur ello. Ijcs promesses de pensions, de gratifications, dVivancement ou de places rémunérées n'étaient pas épargnées; mais beaucoup de gentilshommes, dépourvus d'ambition, étaient inaccessibles aux faveurs. Parmi eux se trouvaient bon nombre de « ces épées de fer »> qui, vivant au milieu des paysans, partageant leur existence modeste et leurs durs labeurs, connaissaient leurs besoins et pouvaient
L Arrh* N«l,^ IL 535. Note ûutoff. de d AipuiUon,
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mieux que personne défendre leurs intérêts * .
Cette noblesse, dont Linguet dit lui-même que la plus grande partie n'est pas riche, habite de paisibles demeures et se livre à la culture comme des paysans, n'était point à la merci d'une gratification 2. La politique du duc tendit toujours à annuler la noblesse sous la coalition des deux autres ordres, dont il était le maître.
Certes, on peut se placer à des points de vue très différents pour apprécier l'attitude des gentilshommes. Aux yeux des représentants du prince, le but de l'opposition semble être d'avilir l'autorité et de réduire le pouvoir à l'impuissance. Livrée tout entière à son animosité contre un commandant détesté, elle se soucie peu des intérêts de la province. C'est ce que pensait d'Aiguillon, c'est ce que disent les ministres, c'est ce que répètent ses apologistes.
« Sa Majesté sait, écrit Saint- Florentin, quel trouble règne aux Etats. Elle sait que ce désordre est l'ouvrage de quelques séditieux qui s'en sont pour ainsi dire rendus les maîtres... Les procédés de M. de Pire et de ses adhérents sont révoltants 3... »
Laverdy est outré de voir M. de la Bédoyère, l'un des plus farouches bastionnaires, élu président pendant une indisposition du duc de Rohan. « Ce seul trait suffirait pour faire connaître l'esprit qui règne dans cet ordre, et je ne compren-
1. Voir les Origines de la Révolution en Bretagne^ par Barthélémy Pocquet, II, 151.