‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 130 sur 178 · Mémoire' four M. /e iim- d'Aiguiïhn, p, 117 ft · texte numérisé non relu

Mémoire' four M. /e iim- d'Aiguiïhn, p, 117 ft

2. RcpQnse des £taU, p, 37. Hèponse au grand Mémoire ^ p. 53 J

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rable au duc d'Aiguillon, probablement le procureur syndic de la Bourdonnaye *.

« Vous savez, dit-il, qu'on voulait attendre le Parlement. On dira tout ce qu'on voudra, je dis moi-même ce que je puis, mais l'ordre de la noblesse, mené par M. de Vauferrier et présidé par M. de la Bédoyère, doit être réformé et le serait sans qu'aucun citoyen puisse y trouver à redire. »

(( Le Parlement attaque Yoncle à cause du neveu. On nomme cela ici le népotisme. Cette querelle ne vaut rien du tout, en supposant tous les torts, parce qu'il est évident que tous les secrétaires d'Etat présents ou futurs seront contre vous... Tenez pour constant que la noblesse ne prendra aucun parti sans l'inspiration du Parlement. »

Et encore : « Nous dépendons ici absolument de vous, et notre retardement à délibérer, oui ou non, sur l'accession à l'avis des deux autres ordres sur la lettre du roi n'a eu que le motif d'attendre le courrier de ce matin et les réponses du Parlement sur ce que nous devons faire ^. »

1. n existe aux Archives d'IUe-et-Vilaine (archives du château de Laillé) toute une correspondance adressée au président de la Bourdonnaye de Montluc par un membre des Etats pendant la tenue de 1764-65. Ces lettres ne sont pas signées, mais plusieurs portent un cachet aux armes des La Bourdonnaye, ce qui fait croire qu'elles doivent émaner de M. de la Bourdonnaye de Boishullin, procureur général syndic. C'est un bulletin des séances, contenant des appréciations intéressantes, plutôt favorables au ministère et au duc d'Aiguillon.

Jacques-Anne de la Bourdonnaye de Boishullin, né en 1717, est mprt à Rennes le 7 prairial an XII.

2. Arch, du château de Laillé (Arch. d'Il.-et-Vil.) Lettres des 27, 31 janvier et 7 février 1765. Inutile de rappeler que V oncle, c'est le comte de Saint-Florentin, et le «epew, le duc d'Aiguillon.

382 LE DUC d'aiguillon et l\ chalotais

Ces indignations iVun tt'iiioiii oculaire, inêmc partial, peignent k\ situation.

ÎV

Mms on alla plus loin dans le camp du duc d'Aiguillûu. Ou aeeiit^a La Clialotais d'avoir pré- ^ paré, fomenté^ machine cette alliance des deuxB corjis délibr^raiits. Ce fut, eonmie urnis le verrous, un des griefs articules contre lui. Est-il fondé? ■

On reproeluut au [n-oeureur géiiéi'al de s'être rencontré au ehàteau du Boschet^ (pH'ltjues jours avant les Etats, avec le comte de Kerguézec, eifl d'avoir concerté avec celui-ci tr un plan de résis- " tance contraire aux intérêts du roi et à la tran-

1. Adossé h une coUioe couverle lie grands buis, assîs dons une riualie voilée nrrosce pur la Vilnino, eriltJiiré de Bpleiidïdes jardins di^stjiuéî* -pur Le Nôtre ci duo parc fi'aiiçaîa fiuvam- «jeiit h'wrc, le chulenu du Uduscliel est, sari» runtredît, l'uae des plus bellf^» biibiUiliùMâ de Ifi Htiule-BreUg-ne, (Guillolifi de Corson. Les ^mn^^ie» St'igneuru:^ tic Iltxute-Brelagnct 2" série).

Situé eumnmoG de Bourg-deâ-Ctiiaples, h sepl. Ueues de Hernies, Je chûteau fut bdti à la fin da xvit' âiecle ; il upparlenait alcir» h la famille do Lcseouël. Froiieoise de Leacoiitd t'pouaa, en 1731, Joseph de Kerneisne, morquia de la Roche. Devenue veuve^ la morquise de la Roche^ g l'une des femmets le» plus à la uiôde de son lenips, u fui arrêtée^ coin me nous le vemins^ sous la fimssfi! inculpalion d'avuir favorisé le» eiitreliena de Lu Chalotais et de Kerj^nézee, et cnferaiêe à la Bastille. A la suite de ees i-igntmrs, elle i|uîita la Breta^fue. Relîive diinâ aoii bûtel, rue des Petits- Augustin», ù Paris, elle vendit le ID jnîo 1707, nu prix de 230,O()0 livres, la vieonité du Bosidiel à Nicolas Magon^ marquis de la Gervuisais, et h Murïe-Flore de la Boordounaye» «a feiiijiie. M. do la Gervaisais vendit à âon tour le cbAtenu, à la veille de la Révolution, i\ In faïtViUe Le Fer de lu tiervinnis, qui le ycndîl Cîj lë02 ou pi!îre du cardinal Brossnjâ Saint-Mare. Le rhAlenu du Boicbet appartient aujuurd Lui à M. Legeurd de la Uirinys.

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quillité publique. » Tous deux auraient combiné un projet d'opposition, convenu des points sur lesquels le Parlement et la noblesse se prêteraient mutuellement appui, et enfin organisé un service de communications entre Nantes et Rennes.

La Ghalotais n'eut pas de peine à démontrer qu'en effet il était allé au Boschet « passer deux jours chez la marquise de la Roche, son ancienne amie, » au mois de juillet 1764, qu'à cette époque M. de Kerguézec était retenu à Paris par ses fonctions de député en cour. Il vint bien, lui aussi, chez M™° de la Roche, mais au mois de septembre, en se rendant aux Etats à Nantes. En passant à Rennes il fit, il est vrai, visite à M. de la Ghalotais, qui était « son ancien ami, » mais il n'y eut entre eux nulle conférence d'affaires, encore moins de conférence secrète K L'entrevue du Boschet est une pure invention, un « roman; » elle forma pourtant plus tard un des principaux chefs d'accusation.

Il est probable que La Ghalotais partageait sur beaucoup de points les idées de M. de Kerguézec et qu'il voyait d'un œil favorable l'opposition des Etats. Mais, après tout, ce n'était pas un crime, même pour un procureur général ; et, comme il le dit fort justement, « il ne faut pas conclure qu'on soit opposé au service et aux intérêts du roi parce qu'on paraîtra l'être en quelque chose aux désirs et aux vues du commissaire du roi 2. »

Parmi les lettres qui furent saisies plus tard

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