Exposé justificatif, p
']8^i I.E nue d'aiguillon et la cralotais
dans le cabinet de M. de la Chalotais, il s*u| trouva plusieurs d'un de ses cousins, le marquij du Poulprv, lieutenant L^enêral. « Vous ne ml mandez point si vous irez aux Etats, lui disait-^ le 23 septembre 1764, ou si ce sera monsien votre fils. Je serais fort aise que vous n'y fussi«i point et vos amis d'ici pensent do même, de peu] de nouvelles querelles. Car on est persuadé qu'il seront fort orageux; on trouve qu'ils doiveaf avant tout exiger le retrait de Tordre de 1762* on craint fort que, s'ils tiennent ferme sur cett demande, ils- ne soient cassés, et s'ils lâchent pîecf après ce que le Parlement a fait pour eux, uu tout net qu'ils se dt\s honoreront ^ »
Cette lettre n'indi<[uait pas un complot, elld prouvait plutôt le contraire, puisqu'on engageai] M. de la Chalotais a uo pas se rendre aux EtatsJ Notons même ce passage significatif : « Prenez bien garde, écrit M. du Poulpry à sou parent, à ce que vous direz devant le comte (de Kergu6zee)r on assure qu'il ne faut pas s'y fie*', qu'il a et bien aise de faire tirer les marrons dn feu par lu patte du chat, par la démarche qu'a faite le Par-j Icraent, mais que, quand il a vu que cela avait i mal réussi, il s'était retourné et était tout dévou^ à la petite Flore '^. »
1, Procès instruit, I, p. 234. M. du Poulpry à La Clittlotaîi 23 acplombro 1764.
2. Lti petite Flore est évidemment le comte de SalDl-Florentîtl, qui etftit petit et fluet.
La Chulolnia dit dans son înlerrogatoîre : M. de Kergu^je peadiint In tenue de t7«Vi et pendant sft dépulntîon t\ Paris, uvaîl passé pour a iHro livré entièrement ou^ vuloiitég da couituan^ dan t. » (Proei^t^ 11, p. 37.) ^ Cette seule oheonatanfe, diui| encore^ r^uvei'aerait louUs lea idées de plan ronoortê entre c«
l' (( AFFAIRE DE BRETAGNE )) 385
Evidemment, Poulpry, à Topposé de La Bourdonnaye, dont nous avons vu les lettres plus haut, est favorable à Topposition. Il remercie des nouvelles des Etats qu'on lui envoie. M™^ du Poulpry les communiquera « au petit abbé, pour qu'il puisse en raisonner avec son ami^ »
« Il pourra voir ainsi les manœuvres indignes qu'on à fait faire à deux ordres vendus et prostitués, pour brider la noblesse et empêcher qu'on n'approfondisse les abus de. cette administration si applaudie. Elle le priera de bien mettre tout cela dans sa tête pour convaincre son ami qu'il a été trompé par le petit duc. Toutes ces fausses manœuvres ne font qu'aigrir les esprits, allonger la besogne qui en est moins bien faite... Mais en voilà assez sur ce ' sujet qui m'échauffe la bile 2. »
M. de la Chalotais avait aux Etats de Nantes son fils et son gendre. M. de Garadeuc, procureur général en titre, était même l'un des commissaires du roi. (( Mais c'est le premier commissaire, seul, qui dirige tout, qui, seul, a le secret de la cour, qui, seul, confère et négocie. Il ne trouverait pas bon que le procureur général voulût s'en mêler 3. »
M. de la Fruglaye, intelligent et laborieux,
comte et M. de la Chalotaîs. » (Exposé justificatifs p. 26.) C'est évident, maïs ses accusateurs n'en sont pas à une contradiction près.
1. Le « petit abbé » est l'abbé de Ghauvelin, conseiller clerc au Parlement de Paris et oncle de M"* du Poulpry. « Son ami » est le contrôleur général de Laverdy, son ancien collègue au Parlement.
2. Procès instruit, I, 238. Poulpry à La Chalotais, 18 octobre 1764.