‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 143 sur 178 · Arch. du Pari., B. 73. Lettre du 14 novembre · texte numérisé non relu

Arch. du Pari., B. 73. Lettre du 14 novembre

442 LE DUC d'aiguillon' et la CHALOTAIS

sait rarrf't du If) octobre; la Cour en renvoya rexamoii au ."i dc*^niiil>rp.

Mais un iiuMdî'nt imprévu vitit encore surexciter les esprits et foinpliquer une situation déju très teudne.

Le ministre avait crn devoir supprimer et eonfistpier, par un arrrt du Conseil du 8 novembre, riiii|>riTiir* l'oiih^uaut les dernières remontrances du T'arlement. Audouard, snhdélègne et major de la milice bourgeoise, qui était tout deîvoué au due d'Ai|^^uillon, s'emj>ressa de faire afQcher cet arrêté; mais on s'apereut que le placard ne portait pas le visa de Tintendant, retenu alors aux ^ Etats à Nantes» Il fut dénoncé au Parlement, qui ordonna au procureur général d'en informer. Celui-ci, qui était retourné tranquillement à safl campagne de Vern, dut rentrer à Rennes; il fit observer que l'inq>rinié des remontrances n'était pas lui-même conformé aux règlements de la librairie. Le Parlement n'hésite pas ; par un arrêt du 21 novembre il supprime cet imprimé et persiste à demander au procureur général ses conclusions sur raffiche.

Le cas était embarrassant ; raffiche était irrégulière, mais su[iprimer un arrêt du Conseil comme une simple brochure clandestine, c'était grave. « Il eiit été diflicile de passer ce cap sans être attaqué de l'orage*. >) La Clialolais conclut simplement à hi suppression an greffe du placard incriminé et au renouvellement de la défense d'aflicher quoi que ce soit sans permission et sans observer les formes ordinaires et ac-

1 rrcmicr Jf<*woi>«f, jj. 28.

I coutumées^ C'était à coup sûr très modéré.

. Mais la Cour alla beaucoup plus loin. Elle avait été choquée des termes de Tarrêt du Conseil

f du 8 novembre. « Sa Majesté a vu avec un ex-

^' trême mécontentement, y disait-on, la témérité qu'on a eue de mettre au jour plusieurs pièces qui devaient rester enfermées dans le secret de la compagnie et qui n'ont sans doute été rendues publiques que pour censurer une administration que Sa Majesté elle-même a justifiée... » Puis faisant allusion à l'ordre du 12 octobre : « Il semble que Ton ait voulu persuader que les Etats et leur pouvoir et discipline ne sont pas immédiatement et uniquement soumis à l'autorité du roi -, » Le Parlement prononça, le 22 novembre, la suppression du placard et ordonna que toutes les affiches existant à Rennes et dans la province seraient arrachées. L'arrêt devait être lu, publié et affiché à leur place.

Cette riposte audacieuse causa une profonde irritation à Versailles ; la répression ne se fit pas attendre. Dès le 26, un second arrêt du Conseil cassa et annula la décision de la Cour et le roi enjoignit de l'afficher dans toutes les villes du ressort avec l'arrêt supprimé du 8 novembre. Il le fut cette fois, muni du visa de l'intendant et de toutes les formalités requises. Le Parlement dut accepter cette leçon, mais elle lui fut amère. Ce n'est pas tout. Saint-Florentin, furieux, fait mander La Chalotais à Paris pour avoir à rendre compte de sa conduite 2. On avait remarqué

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