‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 155 sur 178 · Arch. Nat., H. 631. Audouard à Le Brct, 16 janvier · texte numérisé non relu

Arch. Nat., H. 631. Audouard à Le Brct, 16 janvier

2. Recueil de pièces intéressantes concernant le Parlement de Bretagne, p. 4, 9, 10. — Registre secret, 18, 26 janvier 1765.

472 LE DUC d'aiguillon et la chalotais I

he 15 janvier, chaque conseiller reçut unej lettre de cachet jK-rsonnelle lui ititiniiint l'ordre dej se rendre au Paltds le mardi suivant 22 janvier, i( a reffet d'y entendre ce que je vous ferai savoir de mes intentions K » Naturellement grande rumeur k Rennes, vive agitation dans le monde parlementaire. « Nous attendons avec empressement, écrit l'avocat général Le Prestre, à savoir^ comment et par qui Sa Majesté nous fera déclarer ses volontés. Einploiera-t-on encore la douceur? Se contentera-t-on de menacer avant de| frapper? Veut-on seulement intimider'-? *»

Le samedi 19 janvier, le Parlement tint une séance officieuse pour prendre certaines disposi-^l lions, au cas où violence serait faite à seg membres, et protester par avance contre les Illégalités qui pourraient être commises ^^

Le mardi matin, quatre-vingt-quatre conseillers et sept présidents à mortier entourant ce le Premier » se trouvèrent réunis dans la graud^-

L Arch, du chtU, 4® LttiUé (Arch. dll.-ct-Vil.). Lettre d(| 12 janvier 1765 udressée au prcâîdcDt de la Bourdonoaye di Muailuc. OrigînaL

2, Correspondance Le Prealre^ lÔ janvier 1765. Nous nurood souvent à eitei" eeUe ttitcreasante correstioudunce dooL noua avons indiqué la source àtma lintroduclion. Co^ leUresi étaîenfa adressées par l'avocat g^énc^reil Le Prestre de Cbillt^uug-iron li soB oncle, M. de Lesqueti de Ketuhan, garde des rnoniiQieâ h Guiu'^ gnuip. Le Prostré étEiil alors âgé de 37 ans; il avait épousé, ea 1701, Jeanne Floyd de Tréguibé, nièce de M. de Kerohan. Toutei ses lelUea sont d'une érriture uniforme et régulière, âii^nce^ « Le Prestre » et seellées d'un cachet aux armes de Cbi^teauurlroi^ et Tr^g-niîié. Le Prcatre joiiîasait de la francliiie postale eamiiij avocat jjrénêruî, il avait danc moins u craindre la violuUoii di secx'et, Irep fréquente ù cette époque. Il pouvait s'épnneiicr eu toute liberté; cependant il pnrle toujours des événements publies avec une grande réserve. -a

3, Registre secret, B. 46». 19 joQvier 1765. ■

chambre, où la Cour siégeait en robes rouges dans le magnifique décor des peintures de Coypel et des tapisseries des Gobelins. Mais la séance fut calme et la force armée ne viola point cette fois « le sanctuaire de la justice. » L'avocat général du Parc-Porée lit les lettres de jussion qu'il avait reçues Tavant- veille par courrier : <( Le roi, sans avoir égard aux arrêts des 4, 22 décembre 1764 et 5 janvier 1765, qu'il a cassés et annulés, ordonne expressément de procéder sur-le-champ à l'enregistrement pur et simple des lettres patentes des 7 novembre et 28 décembre 1764. » Il n'y eut aucune observation, mais la Cour ne s'exécuta point, elle nomma des commissaires et leva la séance ^

Ce fut tout. Il y eut parmi les magistrats comme un sentiment de surprise et presque de déception. On s'attendait à plus de rigueurs ! « Voilà tout ce qu'a produit cette grande journée, moins effrayante qu'on ne se l'était imaginé-. »

La commission lut son rapport le 26 janvier, la décision fut remise au 28, et ce jour-là le Parlement résolut d'adresser dé nouvelles remontrances au roi ! Une commission, composée des doyens et sous-doyens, fut chargée de les préparer et une députation devait les porter à Versailles.

Sur ces entrefaites, une nouvelle inopinée arrive à Rennes. Le roi, informé de la nouvelle résistance du Parlement, mande près de sa personne, par lettre close du 2 février 1765, tous

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