Registre secret de Î765, 27 el 2^ février, 1'^ mars
que le roi ne prenait point à sa charge et qu'on ne pouvait imposer à chaque magistrat. Impossible de faire appel à la caisse des Menues nécessités ; les réparations du Palais et les dépenses de la buvette absorbaient ses recettes annuelles, montant à 15,000 livres. On fut obligé de contracter, sous forme de constitution de rente, un emprunt de 60,000 livres dont les intérêts devaient être prélevés sur les gages de toutes les charges. La somme était considérable, mais un conseiller au Parlement ne pouvait voyager comme un simple maltôtier. Chacun d'eux reçut trente livres par jour, et de plus, 600 livres d'avances ; il fut accordé huit jours pour aller et autant pour revenir ^
Tout étant ainsi réglé, la Cour autorisa ses membres, le 27 février-, à partir individuellement et à leur gré, et Messieurs se mirent en route. 11 fallait se hâter, « car le grand nombre des mandés rendait les chemins et les postes plus difficiles 3. » Le 15 mars, tous étaient arrivés à Versailles.
1. Registre de la recette et dépense de la buvette du Palais. — Compte de la recette des deniers du Palais. — Arch. du Pari., B. 19. On trouve 55 quittances autographes de conseillers (dont deux avocats généraux,) accusant réception de 600 livres à M. Lhermitte, receveur des « Menues nécessitez. » Mais il y en eut certainement beaucoup plus à faire le voyage de Paris.
Voir Les « Menues nécessitez » du Parlement de Bretagne, par Xavier d'IIaucour. (Annales de Bretagne, janvier et avril 1894.) M. d'IIaucour dit qu'il a compté 43 quittances. (Ann. de Bret.^ avril 9*4, p. 403.) Il y en a cinquante-cinq.
L'emprunt devait être fait par MM. de Marnière de Guer et Desnos des Fossés, en contrats de constitution de rentes, qui devaient être de mille livres au moins.