‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 166 sur 178 · Lettre d'un Patriote, Procès intiruii. II, 52'j · texte numérisé non relu

Lettre d'un Patriote, Procès intiruii. II, 52'j

du principal, ils devaient écrire le reçu, en présence des intéressés, sur un registre spécial qui serait remis à l'intendant '. Ce procédé bizarre et contraire à toutes les règles avait pour but de répondre à l'arrêt du Parlement qui prescrivait de saisir les quittances. Il parut surtout ridicule, il ressemblait à un jeu d'enfants et n'était guère de mise en la circonstance.

Mais on peut deviner l'embarras, Tanxiété des malheureux préposés, en présence de ces ordres contradictoires; placés dans l'alternative de désobéir au roi ou au Parlement, ils encouraient dans les deux cas une répression sévère. Chose incroyable ! dans certaines villes l'arrêt du Parlement qui interdisait la perception et Tarrèt du Conseil qui l'ordonnait furent placardés au même moment 2.

Aussi Hocquart de la Motte, directeur des fermes à Nantes, n'était point rassuré; il écrivait d'un côté au procureur général : « On m'a signifié aujourd'hui un arrêt du Parlement du 26 avril dernier, concernant les deux sols pour livre, aux dispositions duquel je ne manquerai pas de me conformer; » et en même temps au contrôleur général : « Je ne puis m'imaginer que Sa Majesté veuille exiger qu'un de ses plus fidèles sujets s'expose à être traîné ignominieusement dans les prisons... Je pense que pour nous mettre à l'abri, il faudrait des ordres particuliers du roi, adressés directement aux commandants des troupes et aux officiers des maréchaussées, de nous

1. Arch.Nat., K. 712. Arrêt du Conseil du roi du 13 mai 1765, Imp. in-4* de 3 p., et Journal de ce qui s' est passé en Bretagne, p. 62.

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