L. de la Bourdounaye de H
IMouUue, H
^m Ferron du Cliesne,
Do Bourblanc, H
^M De Cornu lier.
De Cornnlier de Luci- H
^M Cliarede de la Colinière,
nitVre, H
^m Bonin de la Villcbourjivais
Morel de la Moite. ^^H
Ont signé par procuration :
De Lantivy père, conseil- Ferron du Quengo père,
1er honoraire; conseiller honoraire;
De Farcy de Pontfarcy, De Vay,
De Farcy de Cuillé, pré- Du Verdierde Genouillac,
sident, De Jacquelot du Boisrou-
De Foucher père, vray,
Foucher de Careil fils. De Cornulier, président;
Trouillet de la Bertière, De Melliant,
Picot de Peccadeuc, Jacquelot de la Motte.
D'Armaillé de Saint-Amadour.
En tout quatre-vingt-cinq ^
Quelques conseillers, empêchés par leur âge ou leur santé de se rendre à Rennes, s'associèrent par lettre à la décision du Parlement, mais, n'ayant pas envoyé de procuration spéciale, ils ne furent pas ajoutés à la liste : par exemple le président de Boisgelin de Cucé, M. de Grimaudet de Rochebouët.
D'autres écrivirent simplement à M. Picquet du Boisguy, greflicr en chef, pour s'excuser par divers motifs de ne pouvoir obéir aux ordres de la Cour et se rendre aux audiences, mais n'adhérèrent pas formellement à l'acte de démission; notamment MM. Le Roy de la Potherie, le président de Langle-Beaumanoir, de Chamballan de Boylesvc père et fils, de Langle fils.
1. Arrh. du Parlem., B. 73. Acte de démission du 22 mai 1765. — Toutes ces procurations furent déposées au greffe, et la plupart sont encore au dossier. Elles sont précises et formelles et ne peuvent laisser aucun doute sur l'adhésion de leurs signataires.
518 LE DUC d'aiguillon et la chalotais
On arrive ainsi au chiffre de quatre-vingtdouze qui, avec les quinze qui refusèrent de signer, donne le nombre de cent sept, total exact des magistrats en exercice pendant Tannée 1765».
Il faut remarquer qu'il y avait à la séance du 22 mai cinq La Bourdonnaye, dont quatre donnèrent leur démission, trois de Talhouët et trois de Farcy, qui tous la donnèrent également.
On voit que la très grande majorité des conseillers signa l'acte du 22 mai. Ce ne fut pas cependant Tunanimité. L'esprit de corps, si puis-
1. Cependant il n'y a là qu'une simple coïncidence. Les décès et les cessions d'offices produisaient chaque année un certain mouvement dans le nombre des magistrats. Pour l'année 1765, le rôle de la capitation des officiers du Parlement, en général fort exact, porte 107 membres, sans compter les gens du roi. La liste officielle, imprimée par Vatar sous les auspices du Parlement, contient 113 noms, et un Etat manuscrit de « Messieurs ' qui possédaient des charges au Parlement avant les démissions faites le 22 mai 1765 » (Arch. Nat., H. 633), porte le nombre total de ces charges à 116; il note que quelques-unes étaient vacantes avant les démissions.
De plus, il faut tenir compte des conseillers honoraires qui, dans les grandes circonstances, rentraient au Palais. Quatre notamment signèrent l'acte de démission, le 22 mai : MM. de Talhouët de Séverac, de Kerouartz de Lomunven, de Ferron du Quengo et de Lantivy. Les deux premiers étaient présents à la séance.
C'est en comptant les honoraires qu'on arrive au nombre de 107, car plusieurs magistrats en exercice ne remplissaient aucun service et ne parurent pas au Palais, même à ce moment, notamment Auvril de Trevenegat qui habitait Paris, Le Febvre de la Brûlaire, Boux de Bougon, Lingier do Saint-Sulpice, do Pont d'Eschevilly.
Le premier président se réfugia dans une abstention que les contemporains semblent avoir excusée, et deux conseillers, portés comme présents au Registre secret, n'opinèrent pas : de Becdelièvrc du Bouëxic, conseiller honoraire, et Le Gouvello de la Sauvagère, dont c'était l'habitude.
sant dans les anciennes compagnies judiciaires, ne put aller jusque-là.
Sur les quatre-vingt-cinq conseillers présents à Taudience du 22 mai, quinze ne signèrent pas Tacte de démission. Parmi eux, douze s'y refusèrent formellement. Ce furent :
Grand' chambre :
MM. de Marnière de Guer, Desnos des Fossés, Huart de la Bourbansais, de la Bourdonnaye de la Bretesche, du Parc de Kerivon, de Caradeuc de Keranroy, Le Borgne de Coëtivy.
Tournelle :
MM. de Langle de Coëtuhan, président; de Rosily, Blanchard du Bois de la Musse.
Enquêtes :
MM. de la Forest d'Armaillé, Conen de Saint-Luc.
A la suite de ce récit officiel des démissions, tracé d'après les registres et procès-verbaux, il serait intéressant de pénétrer plus avant dans ce que
520 LE DUC D*AIGUILL0?^ ET LA CIIALOTAIS
nous appellerons les « coulisses du Parlement Derrière ce grand acte, bien des passions s' agi talent : il randrriit dessiner les dilférents partis esquisser les nuances, découvrir les meneurs pénétrer les motifs secrets, analyser les mobile comi>Iexes qui, même dans les circonstance! solciiîit'lles, font agir les individus, sans rien enlever d'ailleurs ii la grandeur dv. la décision cotU' nnme.
Le Parlenuent était divisé eu f[uati*e cliambres la grand'chambre, la [ïremiére et la deuxièm* chambre des enquêtes, la chamijre des requête et la tournellc, ("et te dernière, ou ebamb criuiinelle, était formée, comme son nom Tin dique, de conseillers qui y siégeaient à tom de rtMe, en vertu d'un roulement établi chaqu année.
La granJ'ebambre était composée des plus an ciens conseillers, auxquels Tâge et l'expérienc» des aiïaires donnaient une autorité incontestée Les présidents à mortier y siégeaient aux cMé du premier président, qu'on appekut M, le Pre mierK
C'est à la chambre des requêtes et à celle de enquêtes que les jeunes conseillers faisaient leuri débuts. Tous y passaient un grand nombre d'an nées et quelques-uns leur yie entière sans par-
I. Les M présîdcnta h mortier » et nient ainsi désignés pnn qu'ils ftVftienL aeuls lo droit de porler ia toque en forme di « mortier u qïrunt eneojo les ma(*'»strnts d'aujourd'hui. Les présidents des autres cliombres u étaient pas des présidents proprement ditj?, îeur titre était une n rivintnid^tou w el non UIM a rharge; m dans les Hatea offirielies du Pnrlenieut ils ne yd noient qu'à Jeur rnug- de eouHeillers. (Vuir Le Par km v ni tU BrU' tiignc après /a Ligue, par U. CutrcS P* H7-î>^*)
venir à la grand'ch ambre. Dès le premier jour les jeunes magistrats adoptèrent avec ardeur l'idée de la démission et s'en firent les propagateurs et les apôtres.
L'avocat général Le Prestre, fort ministériel, comme on sait, la qualifie de « catastrophe » : « Vous avez dû apprendre, dit-il, notre catastrophe et les malheurs où la province se trouve plongée par le parti violent que nos jeunes têtes ont pris et auquel la jeunesse plus nombreuse a entraîné les têtes sensées.
« Les Bourblanc et ses pareils triomphent ; sera-ce pour longtemps ? Le temps nous l'apprendra, mais je ne crois pas que le roi, maître de toutes les charges par les démissions, laisse échapper une si belle occasion de mettre parmi nous une réforme dont la compagnie a tant de besoin, car maintenant les gens mûrs et qui ont de l'expérience ont tort de ne pas penser comme les jeunes qui, étant le double plus nombreux, croient toujours penser le mieux*. »
Deux partis, nous l'avons vu, s'étaient formés dans le Parlement. Le premier, qui fut dès le début le plus nombreux, était le parti de la résistance, de l'opposition. Il comprenait tous les conseillers partisans d'une manifestation énergique. Son chef paraît avoir été Gharette de la Gâcherie. Esprit résolu et avisé, désireux peutêtre de venger ses propres disgrâces, il exerça certainement sur ses confrères une grande influence. On prétend que c'est dans une réunion privée tenue chez lui que fut décidé l'arrêt du