Correspondance Le Prestre, 24 mai
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26 avril qui interdisait la levée des nouveaux imiKMs L Set^ amis les plus dévoués étaient Pic quét (le ilontiuniil et Kersalaùn, ses aneieu compagnons d'exil; du Guiny, de Gibon du Pargo et de Grimaodet de la MatX'lie, tous de grand'cliandïre, sauf Kersalaiiu. Pourtant il est certain que les « mandés n se montrèrent d'abord opposés à la démission générale*.
Trois jeunes magistrats des enquêtes leu servaient d'émissaires et d'aides de camp : Loui Charette de la Colinière, âgé de vingt-six ans et conseiller depuis deux ans, intelligent et travailleur; du Buurblane, du même âge, entliousiast et parfois imprudent; du Boisbaudry, âgé à quarante ans, fort ardent, mais u inconséquent ei outré en tout, » qui passa plus tard à Topinioiu contrcdre.
Les membres les plus marquants et les plusdécidés de ce parti étaient ensuite Mil. de Farc;
L Protêt itififrutt, T, '270, Luvcrdy h ha. ChfiUdaîs, 2 mni 17ft5 M couvi(Mit dVijntilor que Ln Oàrlirpje dc'ioienl çtfH ûssrrtionâ « RjfHi n'est plus cnloriinît'nx, dil-il, que cëtle suppuHtlîon de ■cabales, de complots, de déliborolions tumullueuses, de di^ctuirs HcdiUcux. de of^nh-Ginte faîte à lo plus grande partie des nicinhrcft du Parlement. Il t^uffit de jeîer les yeux sur les dates et sur les faits pour être convaiucui que, depuis le 2k avril juâqu'im 22 mai, ou a murché k pftB lents vers la consomiuûtîott de l'acte du 6 avril 17f>j... Pour Iraiicbcr en un mot et opposer lu vt^rité aux* >oIomnies, je ntû ni cabale ni eoraplolê ; rien n'est plus éloigné' de mon rflrartèrc. (Mémoire pour Charette de !a Gûvherie, p. 63.) 2. Knudin lui-méiue le reconnaît : « Ceux, qui rondui.scnt le Parlement depuis longtemps persistent dans l'nvis de ne pas.; donner les démissions... Lu Gi\chcrîi% KersalatVn et Montretiil se croient perdus et sollicitent les larmes auï yeux pour enipi^eber If's démissions. M. de la Cbiilolnin paruît pour le moinaî aussi épouvanté qu'eux. Leur» sollicitations u'ont p«s g^rnnd effeL.. » (.\rch- T<nL, IL 'iSC». Kaitdin à Loverdjr, 1'* et 17 mai 17G5.)
JB.
de Mué, de Talhouët de Bonamour, du Boisteilleul, de Lantivy, de Moëlien, tous des enquêtes.
Dans le camp opposé étaient les vieux conseillers de grand'chambre, portés pour la plupart à la soumission et hostiles surtout à tout éclat public.
Le doyen de Marnière de Guer et le sousdoyen Desnos des Fossés, tous deux âgés de plus de quatre-vingts ans, les conseillers Huart de la Bourbansais, de la Bourdonnaye de la Bretesche, Le Borgne de Coëtivy, du Parc de Kerivon, de Caradeuc de Keranroy, frère du procureur général, Conen de Saint-Luc, de la deuxième chambre des enquêtes, et le président de Langle de Coëtuhan, de service en Tournelle, étaient les plus disposés à la soumission et très décidés en tout cas à ne pas abandonner leurs charges.
Mais entre ces deux extrêmes, il y avait, comme toujours, un parti intermédiaire, composé des hésitants et des timides, de ceux qui ne veulent mécontenter personne.
La majorité se prononça nettement dès le principe, puisque cinquante-sept voix votèrent pour la démission. Cependant il y eut une minorité assez notable de vingt-sept membres.
Or, deux jours après, quand il fallut signer Tacte de démission, douze conseillers seulement refusèrent absolument de donner leurs signatures. Nous avons indiqué leurs noms. Donc, sur les vingt-sept membres qui avaient voté contre, quinze signèrent, malgré ce vote, Tacte du 22 mai. Faiblesse peut-être, mais sentiment bien humain que Le Prcstre explique fort bien : « Des vingtsept, dix-huit persistent fermement à ne pas
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vouloir signer un avis contre leur conscience et à ne paî4 coopérer à la ruine de la province, en,] adhérant à des démissions qu'il?^ n'approuvent nullejnent... « Et dr^ux jours après : « Le nombre dos non tléniettiints ci^t rc'iduit à douze ; mon frêro (le président de Chàteaugiroii), le président dû Cuillé^ A' illeblanche , Yillebouquais , Keronllas, lîrllhac et Sauvagére, ayant réfléchi qne leur refus de signer ne peut produire aucun bien et ne peut empêclier le mal fait et consommé par les fl ('^mettants, se sont d (Hermine s, au moment de la signature, à joindre leur signature à celle des autres, sans adopter les motifs de la démis-l
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Geiïroy de Viileljlancbe et Bonin de la Ville*] bouquais joueront plus tard un rfMe important! dans le procès de La Clialotais.
Dans celte fraction du juste milieu il faut ranger les présidents à mortier de Cornulier de i Boismaqueaa, de Rohien et de Montbourcher, ce dernier ami intime et conseiller très écouté du premier président d'Amilly, qu'il ne vSut pas toujours préserver des hésitations et des maladresses, le président des j-equétes Colin de la Biochaye et les conseillers do Grimaudet raîncJ frère de Grimaudet de la Marclie, Eveillard do| Livois^ de Cornulier lils et Le Loup de la Biliais. Nous avons ainsi les quinze membres qui,j après avoir voté contre, le 20, finirent par signer Tacte de démission, le 22 mai.
t. Ccn-respondiinrc LePreslre, 22 et "l'i mal 1765. — Le Prcsirtfl se Iroiiipiî pour Le Gouvi*Jla de la Souvngère qui ne siyna pQS|| ujtiis fie refus n pus de si^'-net'.
Coniac, sénéchal de Rennes, pense comme Le Prestre : « La démission étant décidée, ceux qui restent ne voulant point entrer au Palais de leur propre volonté, ils ont regardé que, quoiqu'ils signassent ou ne signassent pas Tacte de démission formé contre leur avis, ils étaient également inutiles au roi et au public dans leurs charges ^ »
C'est aussi ce que pensait le président de Montbourcher, qui devait à sa grande fortune et à Tancienneté de sa famille une juste considération. Après avoir parlé contre la démission le 20 mai, il signa le 22 : « J'eus tout le temps de la réflexion, dit-il, j'en conversai avec des magistrats en qui j'ai toute confiance, gens sages et éclairés; le résultat fut de signer, et ce, pour nous conserver pour un temps plus heureux 2. »
Et le subdélégué Raudin : « La plupart de ceux qui donneront leur démission rentreront par la suite si le roi le juge à propos. Beaucoup se trouvant trop engagés n'ont pas osé reculer, malgré l'envie qu'ils avaient d'agir autrement ^. »
Mais Raudin, qui était un des principaux agents ou espions du duc d'Aiguillon, voyait mal et était souvent mal renseigné. N'écrivait-il pas dix jours avant : « On est plus que jamais persuadé qu'on ne donnera point les démissions. On a toujours cru qu'on ne se porterait pas à donner son bien. Beaucoup de femmes, de sœurs disent qu'elles ont hypothèque sur la charge et