‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 172 sur 178 · Arch. min. jusl. Raudin à d'Aiguillon, 20 et 21 mai · texte numérisé non relu

Arch. min. jusl. Raudin à d'Aiguillon, 20 et 21 mai

2. Correspondance Le Prestre, 22 mai 1765. — Arch. Nat., H. 436. Le Prestre à Laverdy, l"' mai 1765.

Le Prestre n'avait pas pardonné à Garadeuc de lui avoir enlevé la place de procureur général qu'il ambitionnait et il demandait une intendance « pour trouver une sortie digne et honnête de sa situation. » (Arch. Nat., H. 435. Le Prestre à Laverdy, 31 mars 1765.)

530 LE DLTC d'aîGUÏLI>ON" ET LA CHALOTAIS

M. de Car ado uc était [n-oeiireiir général en titre, mais il est certain qu'en ces graves circonstiuicrs il suivit les conseils et la diroction de | srui père. Or il su montra dés le Jéljut nettement opposé au projet de démission; il informa le ministre des intentions du Parlement : « Je vais lâcher de mettrez en avant la communauté de ville, Tordre des avocats, pour qu'ils fassent des représentations au Parlement sur le bruit notoire des démissions. Je fais toutes ces démarches d'accord avec M. le premier président;^ je retarde Tenvoi de Tai'rét à mon substitut à^ Nantes, afin de gagner quelques jours ^ mais j'rspere peu de ces démarches... Je ju^ends la liberté de vous demander le secret sur ce que j'ai Thonneur de vous mander, car si le Parlement en avait connaissance, je serais perdu ici. nfl

Et après révénement : <f Quelque chose qu'on" ait pu dire, le Parlement se croit déshonoré s'il ne donne pas ses démissions et il consomme aujourdlmi ce triste ouvrage qui le détruit, ruine les affaires du roi et de la province... Les démissions ont été consommées hier... Dans cette funeste circonstance j'attendrai les ordres de Sa Majesté et les vôtres. Pour comble de malheur, les avocats ont arrêté de cesser toute procédure et les procureurs ont arrêté de cesser d€ travailler'-. »

(Vuant à La Chalotais, il a affirme à plusieurs^

t. C'étûil rarr*'t du 14 mai qiit charj^oait le procureur général d'informer Bur raftic-boge de l'nrrét du Consdl dti 3 mai. dernier arrêt n'avail pan été Allîrhé h Rennes,

2. Arch, Nal,, Il\43û. Curudeui? u Lùverdy» 15, 22 uiqî 1765 H. 440, 24 mai 1765.

reprises qu'il n'approuva et n'encouragea jamais le parti des démissions et fît tous ses efforts pour les retarder. On peut s'étonner de cette attitude, car il semblait avoir plus de raisons que personne de favoriser l'opposition, mais on ne peut en douter. Nous en avons la preuve. « Depuis un mois nous les prêchons contre les démissions, écrit-il à Laverdy, et je crois que nous x*éussirons à les empêcher*. »

Il engagea le maire de la ville, le bâtonnier clés avocats et le syndic des procureurs à faire des représentations au Parlement pour qu'il n'in- "terrompît pas le cours do la justice. 11 retarda "tant qu'il put l'apport de l'affiche de l'arrêt du 3 mai que le Parlement lui avait ordonné de rechercher. Le bruit s'étant répandu que les droits additionnels réclamés par le roi monteraient à nu chiffre énorme, il rédigea aussitôt et fit distribuer un mémoire démontrant qu'ils n'atteindraient pas 100,000 livres. Un jour, il tenta même d'entrer à la Cour pendant qu'on discutait, « afin d'exposer les raisons qui lui paraissaient déterminantes contre cette résolution. » 11 lui fut répondu qu'on délibérait et qu'une délibération ne s'interrompait point.

Enfin, il eut l'idée de donner assignation au procureur syndic des Etats pour venir plaider sur l'opposition qu'il avait formée contre l'arrêt du 5 juin 1764 et la perception des deux sols pour livre, (( et pour s'en voir débouter. » Suprême ressource qui eût au moins prolongé le débat et

1. Archives du min. de la justice. La Ghalolais à Laverdy, 5mai 1765.

532 LE DUC D\\IGriLLO>^ ET LA CHALOTAIS

pi'ut-otre fucîliti'' uni* solution pncififjuc ^ Il es vrai que le ministre n'approuva pas ce proje estimant le résultat trop incertain et redoutaiiU de provcH{nor de nouveaux orag*es, mais Lu Cha — lotâis n'en a pas moins le mérite '-,

Ce sont là tles faits incontestables et qui n'on pas été sérieusement contestés. Au reste, le bille que Iversalaûn adressa à l^a Clialutais le tende main du jour où la démission fut déeidée, bille

eoufideutiel qui fut plus tard saisi dans ses pa

pi ers et dont ou essaya d'abuser contre lui, prouvc^^ manifestement, quand on le lit de bonne foi efc-dans son contexte, que ni Fnn ni Tautre n'étoi*:^ favorable à cette mesure radicab* : « Par lou*=^ ce que j'entendis bier dans bi journée, dit Kersa— ^ laun, je vois peu d'apparenciî d'éviter la démis sion. Eu elFet, il faut s'y résoudre ou à la j^nerre civile. Ti'arrèi du Conseil en impose la nécessité ou ccile de soulfrir, contre tout droit et raison, 1» li*v«''e des deux sols pour bvri^ Je voudrais biei». qu'il fût possible de dillVu'er seulement dit quelques jours, mais la f<u rnentation est si grander (pie je n'ose Tespérer. tl serait cependant bien singulier qu'on voulût mettre de Ttunneur dansune alFuire aussi sérieuse. J'en suis pénétré de douleur ^. » Est-ce la le ton d'un bomme qu'on représcuîte comme le chef « d'une poignée de factieux*. »

\, Ejtftoèé Jmîlpcaiif, p. ^#8; Sixième Déi*eh*piiemcn(^ p. 42; Prnvi'S ittatruit, îl, p, M. [nlrrro^utoirp.

2. Si jr lime fJi't't/o/tpefncfft, p, ^^12; i'rnci's inutniit, I, p. 27îl, Laverdy « La Chalulnb, t'O cl 22 mui I7H5.

3. l'roii» insfritif, J, p. 285. K^rsalatln à Ln Chûlotais, 21 mai 1765^ aopl heures du «lulin.

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