‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 29 sur 178 · Archives dlL-et-Vil., C. 1755, C. 2680, G. 2825, C · texte numérisé non relu

Archives dlL-et-Vil., C. 1755, C. 2680, G. 2825, C

Les Archives départementales d'Ille-et-Vilaine possèdent quatre séries de documents relatifs à chaque tenue d'Etats :

1* Procès-verbal officiel, un vol. man. in-fol., relié aux armes de Bretagne.

2» Précis des délibérations des Etats, analyse par ordre alphabétique avec une table. Cinq vol. man. in-fol.

3* Minutes f^es délibérations, procès-verbal authentique signé des

20 LE DUC d'aiguillon et la chalotais

Le duc d'Aiguillon, peu habitué aux orages parlementaires, fut fort offusqué de cette résistance et de ce tumulte. « Il est bien dur de traiter avec, des gens aussi déraisonnables que ceux avec lesquels j'ai affaire... Il est impossible de pousser plus loin l'ingratitude, l'inconséquence, la violence, l'opiniâtreté et l'extravagance... Je parle de la noblesse ; l'église s'est conduite noblement et décemment et le tiers fort sagement. »

Le duc est abasourdi : « Il n'y eut pas moyen de faire changer une résolution aussi absurde et aussi indécente. Je leur ai déclaré qu'ils me trouveraient aussi ferme que j'ai été doux et patient; que les égards, la confiance, l'empressement qu'ils me témoignaient ne me flattaient en aucune façon, puisqu'ils n'influaient point sur leur conduite en ce qui regarde le service du roi ' . »

Evidemment, ces emportements étaient regrettables. Il eut mieux valu que les membres des Etats, se tenant avec sagesse à leurs bancs, exprimassent avec sang-froid leurs réclamations et leurs idées. Mais ce calme ne règne pas toujours dans les assemblées parlementaires. Sans

présidents dos trois ordres, choque pnjjfe miiiiérotée et paraphée par la Coininission de chiffrature. — Pièces à l'appui, notes .du grefBer, etc.

'i° Lettres (luolidiennes de. l'intendant aux ministres (en minute) et réponses de ceux-ci.

Le théâtre était la salle, munie d'estrades, où délibérait l'assemblée. La noblesse y tenait ses réunions particulières à cause du g-rand nombre de ses membres.

1. Arch. Nat., H. 331. DAiguillon à Séchelles, 20, 22, 23 nov.

LES DÉBUTS DU DUC d'aIGUILLON 21

doute, on n'y voit plus, à notre époque, de ces discussions animées dans lesquelles les adversaires s'apostrophent et s'injurient; tout s'y passe avec une dignité parfaite, une urbanité irréprochable, nos représentants suivent avec une sérénité imperturbable les débats les plus passionnés !

Mais alors... En somme, ce que le duc d'Aiguillon ne comprend pas, c'est que des sujets discutent les volontés du roi. L'évêque de Rennes est tout étonné que ces Bretons entêtés et récalcitrants osent se dire royalistes. « Il ne s'agit, pour rendre les Etats tranquilles, que de leur faire entendre ce qu'il devraient comprendre d'eux-mêmes : que le roi doit être obéi en Bretagne comme dans te reste de son royaume. Gela ^ devrait être d'autant plus facile que les Etats se croient bien éloignés de désobéir au roi ' . »

Les Bretons étaient des sujets fidèles; ils avaient donné des preuves de leur loyalisme et ils devaient montrer par la suite, au prix de leur sang, qu'aucune province n'était plus attachée à la monarchie. Mais ils prétendaient avoir le droit de discuter les taxes qu'on cherchait à leur imposer. Voilà ce qu'on ne voulait pas comprendre à Versailles.

On n'admettait ni la discussion, ni surtout la résistance. Alors à quoi bon les Etats? 11 fallait les supprimer et abroger le contrat d'union de la Bretagne à la France. Ma'fs on ne l'aurait pas osé.

Ah! si les Etats avaient accepté les yeux

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