Réponse au grand Mémoire, p
3. Procédures faites en Bretagne et devant la Cour des Pairs en 1110, p. 303, 367, 74» témoin.
4. Documents sur la bataille de Saint-Cast. Journal de Rioust des Villes- Audrains, p. 122-123. Gela n'a pas empêché la légende de persister. Les dictionnaires historiques, qui se copient religieusement les uns les autres, se la transmettent fidèlement. Voir Dezobry, Feller, Larousse, Bouillet, au mot « Aiguillon. »
LE DL G D AfGVILLO>* ET L.V CH VLOT.VIS
liaeli. Louis XV adressa aux vicaires généraux Je Paris uno lettre publiant' pour ^n ft'^licilcr dv eeite victoire et prescrire un Te Deiim solennel d'actions de grâces à Xotre-Daino.
M'"'' do Pompadour écrivait de son ciMé à Flicareiix vainqueur : « J^avais prédit vos succès, et eu eifet comment était-il possible qii*avec autant de zélé, d'intelliy^ence, uue tête aussi froide et des troupes cjui brillaient, ainsi que leur chef, de venger le roi, vous ne fussiez pas vainqueur? * » Là mode s'en méliL : on inventa Féventail à la Saint-Cîist, la contredanse à la Saint-Cast.
Mais c'est surtout en Bretagne que Tallégresse pul)lique (H-lala; les vîll*'s liront au commandant des recomptions brillantes; Saint-Malo, Nantes et Rennes se mont rer*"nt particulièrement empressées à témoigner au due, u dT^ja en possession du cœur des Bn*tons par sa bienfaisance et par Tusage respectable cl utile à la patrie qu'il a toujours fait de son autorité, la joie d*un si heureux événement dont on est redevable a Tactivité, à la prudence consommée et a la bravoure de M'^''^ le duc d'Aiguillon*. »
A Saint-Malo, le peuple entier, sans distiïictiiin d'âge et de condition, manifesta nnv joie qti'ori aurait peine à exprimer. Les enfants, qui tavaient fait provision de branches dt^ laurier, en couvrirent le duc dWiguilluii a son enirée' dans la Ai*'ille cité^.
1. Ctimpardon, Madame de Pom/ittdour et la Cour de Louts X\\ p. 227.
2. An-h. inuuiripnies de Hcnn»^!*, DolihopdtioTii du 1'^ nov, 1758,
3. Mémoire de dom Jamin. béiKHlirtin de Stunl-Mulo, publM jjtii* M. de 1« UardiTÎe, i?f »'Vi; de Brtia^nft \Wi^ I, II, p. 83,
La poésie célébra sous toutes les formes les héros de Saint-Cast. Odes, épîtres, chansons populaires traduisirent Tallégresse générale ^ Rappelons seulement ces deux strophes du beau chant recueilli dans le Barzaz-Breiz, de M. de la Villemarqué :
Er bloavez-ma mil-ha-seiz-kant Hag eiz ouspenn hag hanter-kant, D'ann eil lun a viz gvvengolo, Oa trecliet ar Zaozon er vro.
Er bloavez-ma, evel agent, Ema int bet laket enn ho hent.
Evel eur bar grizil er mor, Ar Zaozon, bepred, enn Arvor.
a En cette année mil sept cent cinquante-huit, le second lundi du mois de la paille blanche, les Anglais ont été vaincus dans ce pays.
« En cette année, comme devant, ils ont été mis au pas. Toujours, comme grêle dans la mer, fondent les Anglais en Bretagne ^. »
1. Tout rang, tout sexe, tout âge Pousse en chœur sur ton passage Ce cri chéri c'u Breton : .-r/^ Vive le duc d'Aiguillon ! «^
Chansons populaires en 1758. Retnie de Bretagne, 1883, p. 05.
2. Rarzaz-Breiz, Chants populaires de la Bretagne, par H. de la Villemarqué, 7" éd., p. 335. M. de la Villemarqué répète lui aussi le mot attribué à La Ghalolais sur le duc d'Aiguillon.
L'enthoiisiasitic cause par la journée Aq Suint- Cast n'était pas encore éteint quand les Etats sV»uvrlrent à Saint-Rrieuc le 18 dt^ecmbre 1758
Ce furent, dit le due, « les plus paisibles d tous ceux qu'il a tenus pendant sou administra tiou, quoiqu'ils n'aient pas été alisnlunu-nt exempts de troubles. »
Le souvenir de la victoire récente remplissait encore les esprits et les disposait à la bienveil*™ lauce. Une des preuiières préoccupations del| rAsscnildéc fut justement de perpétuer pour les générations futures la mémoire de ce gloricua^ événement. ^
On décida de faire frapper uue médaille, « mms en bronze seulement, sans qu'il y an ait aucune en or ui argent, attendu les misères di la province et !e peu de fonds qu'elle a ' On créa huit pensions de 200 livres pour récom-i penser les volontaires bretons; six furent attribuées à M^r. de la Planche, ScoH de Mariiuville, du Roclier*.\oday, de la Vigne, de la Cornillière-^ Xarbonne et de Caud, et deux aux nmires d^Ê Saiut-Rrieuc et du Croisic, qui avaient montré beaucoup de dévouement pour les troupes-.
1. Arcli. d'IL-ct-Vil., C. 2C88. Procès-veibal. Les Mvmnirea ai la Société orcljoolog-iquc de* Gôtea-du-Nord duiuient le rac^tmill dt! cette joUe médaiUe.
2. Arch. dJI*-et-Vih, G, 2G88. Le proces-verhid des EUitfl dutitie une lisle di>^ âouaiUo-huît nom^ de vuloiitidros. brelonj cl cite, <?n outre» comme s'éUiul imrtifiilit'romeiit distingué* MM. Aubrv de Vildé, muirc de Diniwi» de Preniion, muiro dà
Miais ce n'était pas suffisant. 11 fallait réparer les ravages commis par les Anglais. Le roi accorda des décharges d'impôts pour cinq ans, plus une somme de 100,000 livres aux habitants de la campagne. Les Etats votèrent 60,000 livres pour soulager les malheureux et notamment pour acheter des blés de semence, tous consommés par les troupes. Les représentants de la Bretagne témoignèrent ainsi une juste reconnaissance à ceux qui avaient contribué à chasser Tennemi du sol de la province ^
Par ailleurs, les affaires ordinaires furent discutées avec calme sous la direction des trois présidents : M^^ Thepault du Breignou, évéque de Saint-Brieuc, le duc de Rohan, le sénéchal de Rennes, Pelage de Coniac.
Le don gratuit de trois millions fut accordé à l'unanimité et les deux vingtièmes (2,400,000 livres par an) sans trop de difficultés.
11 y en eut davantage pour la capitation. Le ministère demandait 1,700,000 livres. Le duc lui-même estimait cette somme exagérée; il l'écrivit à Paris en sollicitant une réduction. Après de longues et vives discussions, les Etats finirent par voter l'abonnement sur le pied de 1,600,000 livres, accepté par le roi'~.
Un incident d'une rare violence marqua même
Nantes, du Bodan, maire de Vannes, de Kcrlivio, maire de Quimper, de la VlUemain-Souvestre, maire de Saint-Brieuc, et Pont- Neuf, maire du Croisic.
1. On sait qu'un monument a été élevé sur la grève de Saint- Cast pour perpétuer le souvenir de la bataille ; il fut inauguré le jour du centenaire, 11 septembre 1858. C'est une colonne de granit portant des inscriptions commémoratives.