‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 54 sur 178 · Mémoires secrets deJ.-M. Augeard, p · texte numérisé non relu

Mémoires secrets deJ.-M. Augeard, p

140 LE DUC D AlOriLLON ET LA CHALOTAIS

Topinion publique était fatiguée et désiriiit 1 paix. Chois^^iil conclut le célèbre Pacte de famille (15 août 1761; et aussitôt FAngleterro, rpn» cette alliance inquiétait, en jirit prêt» xto poui* attaquer TEBiMigne et h Franee.

Clioiseul sentit la néceissité d'un grand eiFoil, il prit le ministrrr de h\ niiirlnr l't adressa au j pays, à tons les grands corps de l'Etat, uni solennel <q cliî^leureux nppcl ; il provo(]ua une souscription natinnnle dont les résultats considérables témoignèrent des ressources et du patriotisme de la nation K

Peiulanl qu'au deln>rs la rortiaie de la Franco seuiblait compromise dans cette guerre interminable, un événement passionnait et absorbait Topirnon puldique : la coutlam nation et Fexpulsion des Jésuites. M

L'un des buts poursuivis par Choiseul, dans ■ la camjjagne entreprise contre la Compt^gnie de Jésus, semble avoir été justement de détourner raltenliou des désastreux résultats de la guerre.

Il paraît en avoir eu au moins deux autres. 11 espérait disposer favorablement la nmgistrature à Tadûption des unisures financières (pie nécessitait la pénurie du trésor. Il voulait porter un coup mortel au [jarti du dauplîin, nu [»arti dr' la cour qui lui faisait de ru|)j»osition-

Dans cettn campagne contre les Jésuites, un homme devait conquérir tout d*un coup une célë-

î. Comte de Luitiv, Lt^i Stfcrctaires d Etut»

brité retentissante, c'est le procureur général de la Chalotais.

La Chalotais! ce nom éveille aussitôt dans l'esprit le souvenir du proscripteur des Jésuites, de l'auteur des fameux Comptes rendus. Ce grand procès ne fut pourtant qu'un épisode dans la carrière agitée du procureur général, et parmi ses titres à la gloire il n'est pas un des plus justifiés.

Mais les. passions religieuses se sont emparées de sa mémoire, elles ont fait de son nom une arme de parti, et pour la masse populaire- La Chalotais n'est plus que l'adversaire des Jésuites. 11 est temps que l'histoire nous apprenne enfin \ comment les événements se sont passés; sans préjugés et sans parti pris, avec justice et avec impartialité, elle doit, comme les témoins judiciaires, dire, devant le grand tribunal de l'opinion publique, toute la vérité et rien que la vérité. <( Prlmam esse historide legem : ne qaid falsi dicere audeat, deinde ne qaid veri non audeatK »

Aussi bien, La Chalotais est Tune des plus puissantes figures parlementaires du xviii*' siècle et sa personnalité est aussi intéressante à étudier que l'époque troublée dont il fut Tun des héros et l'une des victimes.

M. de la Chalotais avait soixante ans quand s'engagea l'affaire des Jésuites; il n'avait donc plus les emportements ni la fougue de la jeunesse.

Il n'en avait jamais eu la légèreté. Né à

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