Journal de Barbier, avril 1762. T. VIII, p
2. L'arrêt de Rennes fut l'occasion d'une recrudescence de brochures et de libelles sur la question des Jésuites. Signalons-en quelques-unes. La plupart, du reste, s'inspirent du Compte rendu et en reprennent les arguments.
La Lettre de l'abbé Platel à un éuéque de France est un résumé très hostile des accusations dirigées contre le P. Malagrida, en Portugal.
L'Analyse des réponses à toutes les apologies des Jésuites ne fait guère que développer et souvent afifaiblir les arguments et les griefs indiques par La Chalotais.
La Lettre d'un curé de campagne aux Jésuites de Bordeaux analyse les moyens invoqués par les Jésuites dans leurs brochures pour les réfuter ensuite.
Les Réflexions sur la manière d'enseigner des Jésuites sou-
l'expulsion 207
Le Parlement de Rennes poursuivit son œuvre. Abusant de la sévérité, il crut devoir condamner à être lacérée et brûlée la réponse du P. Griffe t : Remarques sur le Compte rendu.
L'avocat général du Parc .Porée la dénonça 3omme injurieuse à la magistrature et contraire à 'ordre public... « L'auteur croit-il donc impunénent insulter à des décisions qui doivent être 'objet du respect, et par l'équité qui les a dictées 3t par l'autorité dont elles émanent ? La nation a ugé le Compte rendu; en vain l'auteur, par les raits envenimés de la calomnie la plus noire,
iennent qu'ils ont enseigné dans tous les temps sur le dogme et ur la morale une doctrine contraire à celle de l'Eglise.
La grande majorité des évêques défendait les Jésuites. Cepenlant l'évoque de Boissons, François de Fitz-James, à peu près eul de son avis, lança une Ordonnance pastorale pour condamler les Assertions extraites par le Parlement des livres des Jésuites.
Au contraire, Mgr de Fumel, cvêque de Lodève, adressa au hancelier, et l'évèque d'Uzès au procureur général du Parlettent de Toulouse, des lettres énergiques pour protester contre 'Extrait des assertions soutenues et enseignées par les soi-disant é suites.
Enfin il faut citer les Maximes de la morale des Jésuites, qui ont le résumé des Extraits des assertions.
Ce recueil a pour but de démontrer, par des citations tirées les auteurs de la Compagnie, qiie les Jésuites sont coupables de ous les crimes, de toutes les erreurs, de toutes les hérésies. Il i été prouvé qu'il ne contient pas moins de sept cent cinquanteluit falsifications.
Les femmes mêmes s'en mêlèrent; on vit paraître : Tout le londe a tort ou jugement impartial d'une dame philosophe sur a/faire présente des Jésuites. Cette « dame philosophe, » s'autoisant de ce qu'on portait des « manchons à la Girard et des obes à la Jésuite, » croit pouvoir donner son opinion sur le onflit.
2US LE DIG d'aiguillon ET LA CUALOTAIS
làclji? ih Ortrir la réputiitioR la plus brillank 1;» iiiû^ux méritoc de M. 1<J Procureur gi^nénilL
et
jrs maj^istrals eussi^iii fait preuve de larfjfeiir ircsprit et di' tact en laissant passer cette Ihoelîure. Ils ne pnuvaiëiil pas demander à la Société de ne pas cherclii/r à se dcfrutlre.
Le même jour, le Pnrlemeut mettait sous séquestre k's biens, meubles et immeubles, dts Jésuites du ressort. Le 10 mai, il drniantlc mi procureur général s'il a j'eeu des mi-'uioircs sur IVu'ganisation de Finstructiou ijuldique. Cehii-ri réj>ond qu'il en rendra compte en même temps (pn* th' Tappel connue d'abus,
La Conr renvoi»^ au 21 mai. Ce jourdîJ, Lu (]baluluis prononra son secimd récpiisitoire ou Compte l'cnihu
Il porte visiblement la trace des passions Jii moment. 11 est ]dus agressif et plus vinlcnt. 11 traite les broclmrcs du P. Grilîet » d'écrits dignes de la censure et de Ta nimad version ] publique. )i II reprocbe aux Jésuites de ne s'éti'e pas défendus jui'itrnpiemenl, mais seulement au moyeu « d'espèces d'ajiologit^s sans signature et sans aveu, alors que toutes les voies de justîiîeatioii leur ont été ouvertes-... »
En conséquence, il demamb; au Parlenient de lui donner acte du défaut des intimés sur Fappel comme d'abus, de prononcer la dissolution de la Société (en accordant ioutL'fnis une pension viagère à ses membres), leur expulsion du col-