Arrêt de la Cour du 19 juillet 1762. Imp. in-4« de 2 p
2. Histoire de Rennes, par L. Ducrest de Villeneuve et D. Maillet, p. 369.
3. Le collège des Jésuites de Rennes est devenu le Lycée. Les autres maisons de la province furent évacuées à la même époque. Les procès-verbaux de signification et d'évacuation sont aux Archives d'Ille-et-Vilaine, B. 65 et 13. 66.
« Quand j'ai signé l'arrêt, écrivait d'Amilly, j'ai cru rêver, je ne pouvais me persuader qu'une Société aussi puissante et même
214 LE DUC d'aiguillon et la chalotais
La violence est toujours mauvaise, et la persécution est une arme à deux tranchants qui se retourne souvent contre ceux qui remploient. L'ancien régime et les Parlements devaient en faire la cruelle expérience.
Faut-il rappeler ici ces prédictions vengeresses que les Jésuites chassés auraient lancées, en passant le seuil de leur collège, contre leurs prescripteurs ? Cette légende se répandit dans la province et elle s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Ils auraient menacé La Ghalotais de la colère divine et lui auraient prédit que sa descendance ne passerait pas la troisième génération.
L'histoire devrait peut-être négliger cette tradition ; comment ne pas constater pourtant qu'elle s'est étrangement vérifiée ? Le nom de La Ghalotais est éteint : son fils aîné, procureur général après lui et guillotiné en 1794, n'a eu qu'un fils, qui lui-même eut un fils et une fille ; ce fils, d'une complexion délicate, était pourtant l'espoir du nom. Il mourut tristement à Rennes, à l'âge de dix ans/, et l'on rappela alors dans le public la punition promise et la malédiction des Jésuites.
Il est à remarquer du reste que le procureur général lui-même eut à subir des peines analogues
si redoutable eut pu être détruite lég-alcment, après bien des délais, enfin anéantie comme une confrérie d'artisans. » (Arch. Min. Just., d'Amilly à d'Aijj^uiilon, 30 mai 17o2.)