‹ Le pouvoir absolu et l'esprit provincialChapitre 92 sur 178 · Arch. dll.-el-Vii:, G. 2690 et G · texte numérisé non relu

Arch. dll.-el-Vii:, G. 2690 et G

3. M. Marion dit que ces documents sont les seuls qui soient dig-nes de foi (La Bretagne, p. 195). C'est dire que les lettres de d'Aiguillon et de ses partisans sont les seuls documents dignes de foi, et que ceux émanant de ses adversaires ne comptent pas. Jestimc au contraire que ces lettres doivent être contrôlées avec soin, car elles sont presque toujours partiales et passionnées : partiales en faveur du duc d'Aiguillon, et passionnées contre la noblesse bretonne.

258 LE DUC d\\TGU1LL01>ï et la CirALOT.VIS

It'ur parurent pas Hre h langag^e d'uu indifférent dans la cause K «

Cj'\ invuloui ImÎssh dritis les esprits des irares jM'gfondes, des rancunes soup(;onneuses qui dv vinrent ]*liis tard des liostilités bruyantoï^; il serAit de hase tf au système qui établit anc eorrespnndanee intime f»ntn? quelques religieux proscrits et le duc d'Aiguillon. » On le représenta tf comme fomentant la discorde et la guerre civile, coin rue porhuit les gealilshonimes à â*égorjirer récij>roquenicnt et regrettant de n'avoir pu olîrlr leur sang en expiation à cotte Société dont on rétidjlit le nstaiirateur^, »

Le duc n'eut pas de peine à se défendre contre CCS exagérations trop habituelles aux jKirtis. Des npp;u\mces les avaient provoquées, mais elles m reposaient sur aucun foy dénient sérieux*

ir

Les litats de 17G2 marquent le point culniinaat de révolution qui se produisit dans les sentiments de la BriHagno a l'égard du duc d'AiguillotK I^a pHpulat*ité première avait dis[mru, Topposition d<»j;i vive des Etals de ildO allait se transformer en une liostilité décidée, vivace, personnelle ctudre le conunandant. La niîssiou d ait il l'Iait chargé était particnliereuieiit difUcile et péiuliliN II devait encore exiger de nouveaux subsiilesî Aussi aucun des barons de la province

t, fit'ponsf de» Ktnt» de Itrelagne au Mémoire du duc d'Ji- 3, Mémoire /»0Mr U dur d'Aiguiffon, p, î)^î.

DÉMÊLÉS ENTRE LA CHALOTAIS ET d'aIGUILLON 259

ne s'était soucié de venir présider la noblesse, au grand déplaisir du duc d'Aiguillon. Dans ce cas, en effet, celle-ci devait élire son président et, comme le disait le duc, « la cabale de MM. de Coëtanscours et de Kerguézec décidera du choix. »

C'était justement ce que redoutait le commandant, car l'influence du président était considérable, il importait de l'avoir avec soi.

L'opinion que se faisait le duc de ces Bretons, avec lesquels il allait avoir à traiter, est curieuse à connaître, elle est sévère et elle est injuste. « Le génie, le caractère des habitants de cette province ne ressemblent point, dit-il, à ceux des autres et il est impossible de s'en faire une idée juste lorsqu'on ne les a point vus rassemblés sur leurs foyers. Ils connaissent rarement leurs véritables intérêts, en sont peu occupés, ignorent totalement leurs droits; mais ils sont élevés dans des préjugés dont il n'est pas possible de les guérir et qui déterminent toutes leurs démarches. Les raisons les plus fortes et les plus claires ne leur font aucune impression, mais ils s'ennuient aisément, et avec de la patience et de l'adresse on peut les mener, sans qu'ils s'en doutent, où on veut les conduire... * »

Citons encore cette appréciation caractéristique : (( On ne peut en imposer à une assemblée aussi nombreuse et aussi tumultueuse que la noblesse que quand on est fort au-dessus par la naissance et par les talents.

<( Tous les gentilshommes se croient égaux,

Page 1