Mémoire pour M. h dnv ti'Ai^uîtlon, p. 7î
3. Aî'ch. ISttl,, U. 351. D'Atgaillon à Uerliri^ 2'j, tciubrc 1762.
DÉMÊLÉS ENTRE LA CHALOTAIS ET d'aIGUILLON 267
fut pas de longue durée ; le sol pour livre restait comme la pierre d'achoppement, et la noblesse paraissait irréductible.
D'Aiguillon était embarrassé, il demandait à Paris des instructions précises, et recevait Tordre de tenir ferme et de briser l'opposition * ; il songea un moment à dissoudre les Etats. Mais cette extrémité était grosse de périls. On proposa une transaction. Elle consistait à accorder au roi, sous le nom de secours extraordinaire, la somme qu'aurait produite le sol pour livre.
<( L'auteur de cette idée connaissait les hommes, il savait que ce sont presque toujours les mots auxquels ils s'attachent et que les choses les blessent ou les flattent suivant la nature de Tenveloppe qui les déguise'-. »
Cette combinaison avait l'avantage de « métamorphoser une expression devenue odieuse en un terme nouveau et plus doux, » de ménager l'amour-propre de la noblesse, absolument décidée à ne jamais accepter le sol pour livre, de ne porter aucune atteinte, grâce à son caractère provisoire, aux droits acquis par la province.
Le duc accepta la transaction; il chicana sur la somme, qu'il trouvait insuffisante ; on finit par s'entendre sur le chiffre de 460,000 livres, payables en deux ans. Mais il y mettait deux conditions :
1. Arch. Nat., H. 351. D'Aiguillon à Berlin, 1" octobre 1762. « Les préliminaires de la paix sont signés, mais vous sentez que cela ne met pas en état de supprimer les impositions ; ainsi vous n'aurez pas été embarrassé de répondre à la députation (des Etats), qui est bien prématurée; mais je sens combien cela doit vous impatienter. » Saint-Florentin à d'Aiguillon, 8 sept. 1762. Arch. Nat., H. 633.