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moyen d'exercer sa prévoyance ; et il cessera bientôt de l'exercer. « C’est au gré des capitalistes que la population s'accroît ou diminue. Toutes les fois que le travail sera demandé et qu’un salaire suffisant sera offert, l’ouvrier naîtra pour le gagner... si la demande cesse, l’ouvrier périra. » |
La loi de la population n’est donc édictée que par les propriétaires fonciers et les industriels. Les bas salaires ne sont pas commandés par la pénurie naturelle des biens, mais par la pénurie organisée par le système du profit.
Cette réfutation des théories malthusiennes par Sismondi a été reprise ensuite par les socialistes. Elle est importante parce qu’elle ne réfute que le caractère naturel de la loi de population. Elle l’admet, au contraire, comme loi du régime économique actuel. Et c’est en quoi elle diffère de la réfutation qu’en font de nos jours les théoriciens du libéralisme.
Ceux-ci, et principalement les « optimistes » français ou américains, et les contemporains, rejettent entièrement la théorie de Malthus. Ils constatent qu’en fait ses sombres prédictions ne se sont pas réalisées, que, même dans certains pays, tels l'Angleterre où la population n’était que de huit millions d'habitants à l’époque de Malthus, la prospérité, l’accroissement de bien-être est allé de pair avec l’accroissement formidable de la population, et l’a même dépassé. Il en a été de même aux Etats-Unis et dans nombre d’autres pays industriels. Pour les libéraux donc, la loi de population est fausse, au moins pour l'instant. Ils sont d'autant plus satisfaits de cette constatation que la constatation contraire apporte de sérieux arguments aux thèses socialistes.
Mais il ne suffit pas de réfuter la théorie de Malthus en tant que loi naturelle, comme les libéraux se contentent de le faire. T1 leur faudrait aussi la réfuter en tant que loi du système capitaliste. Or, notre régime économique, fondé sur la poursuite du profit, cesse de créer, dès que le profit