‹ Le pouvoir d'achat des classes ouvrièresChapitre 17 sur 41 · AD · texte numérisé non relu

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n’est plus possible — et cela, même si des multitudes d'hommes souffrent d’une disette de biens. C’est en ce sens que la loi de population reste exacte. Il se peut, dans le système présent, que le nombre de travailleurs croisse plus vite que les biens qui peuvent leur être distribués. Il se peut que la main-d'œuvre soit surabondante, chôme et soit réduite à la misère parce que les propriétaires ne créent plus (ou ne vendent plus), par suite de la disparition du profit.

Sismondi admet que, sur le terrain du système économique présent, Malthus ait raison. Et, quoique la signification de dla « loi de population » soit quelque peu altérée par cette interprétation, elle n’en reste pas moins exacte en ce sens que nous pouvons voir, que nous voyons, en effet, le nombre des travailleurs être trop grand pour permettre à tous de gagner leur subsistance. Le régime capitaliste n’a pas de quoi nourrir tous les hommes, puiqu’il ne distribue de biens qu’aux consommateurs solvables. Il y a donc des hommes pour qui la loi de Malthus reste exacte.

Les bas salaires ne sont pas seulement commandés par une doi de nature ; ils sont, de plus, contraires à l’humanité, dit Sismondi, puisque les souffrances apportées aux salariés par un développement moins grand de la production que de la population ne sont pas leur fait, elles sont indépendantes de leur volonté.

L’excès de concurrence des salariés entre eux les réduit cependant à la misère, puisque, sans propriété, ils doivent se contenter du premier salaire venu, contre leur intérêt et celui des autres salariés.

Cette concurrence, due à leur erreur involontaire, les entrepreneurs en tirent avantage pour l’économiser sur les hommes, et non pas seulement sur les choses. Au lieu de rechercher la supériorité sur ses concurrents par une supériorité technique, l’entrepreneur la trouve, aisément, en rognant les salaires et en employant les femmes et les enfants à de pénibles travaux et en les faisant travailler de longues journées.

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