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Dans ces conditions, l’excès de main-d'œuvre, que ne peuvent prévenir les ouvriers n’est point seulement cruelle, elle est aussi injuste.
« Le bénéfice d’un entrepreneur n’est quelquefois autre chose qu’une spoliation de l’ouvrier qu’il emploie ; il ne gagne pas seulement parce que son entreprise produit beaucoup plus qu’elle ne coûte, mais parce qu’il n’accorde pas à l’ouvrier une compensation suffisante pour son travail. Une telle industrie est un mal social. »
Sismondi ne conçoit pas un monde économique basé sur des principes différents de ceux présentement admis. Au moins, n’en conçoit-il pas le fonctionnement ; il se borne à dénoncer la misérable condition du peuple, de la majorité des hommes, à cause du fonctionnement excessif de la règle de concurrence. Celle-ci est un instrument entre les mains des employeurs. Et il avertit ces derniers : s'ils se montrent trop avides, et usent de leur possibilité d’accaparement, s’ils réduisent la population laborieuse à la misère, une surproduction ruineuse est possible.
Il faut prendre garde, dit Sismondi, qu’une mécanisation excessive, en réduisant constamment les salariés, aboutisse à créer, dans un pays donné, une nation tout entière dénuée de pouvoir d’achat, à l’exception de ceux des entrepreneurs que la concurrence aura enrichi à l’excès, et laissés seuls sur le champ de bataille de la production.
Que cherche-t-on ? Veut-on substituer des machines aux hommes, partout, et sans se soucier de savoir si ces hommes retrouvent de l'ouvrage par ailleurs ? Les « Orthodoxes », Say ou Ricardo, affirmaient que l'introduction des machines dans une industrie lui faisait faire des profits qui, investis dans de nouvelles entreprises, créaient de nouveaux emplois, ou bien ces profits, donnant à ceux qui en bénéficiaient de nouvelles possibilités d'achats, déterminaient une extension de la première industrie et un réembauchage.
17. Siemondi, Nouveaux principes, t. I, p.92. Cf. Gide et Rist, Hisioire des Docirines.