AN QUES
Mais Sismondi contestait la possibilité indéfinie de création de nouvelles industries ou d’extension des anciennes grâce au seul profit, au seul pouvoir d’achat des « propriétaires ».
« La consommation d’un chef d’atelier millionnaire qui fait travailler sous ses ordres mille ouvriers réduits à l’étroit nécessaire ne vaut pas, pour la nation, celle de cent fabricants bien moins riches qui ne font travailler chacun que dix ouvriers bien moins pauvres #. » Cette affirmation est reprise aujourd’hui dans maïints discours du Président Roosevelt.
En fait, l’on remplace les ouvriers par des machines comme si l’on désirait que le « Roi demeuré tout seul dans l’île, tournant constamment une manivelle, fasse accomplir par des automates tout l’ouvrage de l’Angleterre #* » et l’on ne s'aperçoit pas que le peuple entier tombe dans le dénuement.
Qu'on ne vienne pas dire que ce que la classe ouvrière perd en salaires, elle le retrouve grâce au bon marché des produits créés par les machines. Car la perte de revenu des salariés est double : elle se produit chez les chômeurs, d’une part — et de l’autre, chez ceux qui travaillent encore et sur les gains desquels pèse de plus en plus la concurrence de la machine. Et lorsque ces derniers essaient de compenser la perte qu'ils font sur la rétribution horaire en travaillant plus longuement chaque jour, ils n’arrivent, en faisant d'épuisantes journées, qu’à augmenter encore la concurrence entre salariés et à faire baisser encore leurs salaires.
Aussi, « par suite de la séparation de la propriété et du travail, les revenus des possédants sont seuls à s’accroître ; ceux des ouvriers restent toujours au minimum » ; « par la concentration des fortunes (qui en découle) entre un petit nombre de propriétaires, le marché intérieur se res-