Tbidem, p. 358, t. I
18% 1bidemt.TIL/p 312:
DnAGESS
serre toujours plus et l’industrie est toujours plus réduite à chercher ses débouchés dans les marchés étrangers * » dont l'extension n’est d’ailleurs pas indéfinie.
La inauvaise répartition des revenus est donc la cause des crises, qui sont principalement donc des crises de sousconsommation. :
Voici donc le côté « pouvoir d’achat » du salaire ouvrier mis en pleine lumière. L'importance de bons salaires pour la stabilité économique vient renforcer les protestations, faites au nom de l'humanité et de la justice, contre la misère où l’on prétend réduire la classe laborieuse au nom de prétendues lois naturelles, et de la crainte excessive de la disette.
Mais quels remèdes Sismondi propose-t-il ? Il veut que l’on donne un salaire « suffisant » aux ouvriers. Ce terme est vague — d’ailleurs, tant que la concurrence talonnera les entrepreneurs, ils devront s’efforcer de toujours réduire leurs prix de revient, sur tous les chapitres de dépense. Aussi, le salaire suffisant semble utopique dans l'Economie basée sur le profit et la concurrence, que Sismondi ne propose point de remplacer par une autre.
La critique de Sismondi a cependant fait faire un pas en avant à l'Economie politique : elle permet de concevoir une économie où les revenus seraient suffisamment également partagés pour accroître considérablement le marché national. L’accroissement ainsi obtenu permettrait une production sans cesse grandie, sans crainte de défaut de débouchés. Au système de restriction de Malthus, Sismondi oppose un système d’expansion ; à la conception du salaire — élément du prix de revient — celle du salaire — élément du pouvoir de consommation.
Au fur et à mesure que grandissaient l’industrie et les richesses qu'elle créait, les explications de Sismondi sur l'origine des crises devaient apparaître plus plausibles.