Marx, Travail salarié, Bibl. marxiste, p
UOTE
d'emplois diminuent pour la classe ouvrière dans une proportion plus grande — et pourtant si le capital ne s’accroissait pas rapidement, la situation des salariés serait encore pire.
La concurrence entre ouvriers augmente avec une CroIssante division du travail (machinisme, rationalisation, organisation technique meilleure du travail), chaque ouvrier peut faire le travail que faisaient dix ouvriers, et le salaire diminue car (et Sismondi l’avait déjà noté) pour conserver la même masse de salaire, on travaille plus d'heures — et le travail, devenu plus simple fait naître la concurrence d'ouvriers non qualifiés, de femmes et d’enfants. Et à chaque crise capitaliste des couches supérieures de la société un grand nombre d'hommes seront précipités dans le salariat : « il s'y précipite une masse de petits industriels et de petits rentiers qui n’ont rien de plus pressé que de lever les bras à côté de ceux des ouvriers. C’est ainsi que la forêt de bras qui se lèvent pour demander du travail se fait de plus en plus épaisse, et ces bras eux-mêmes de plus en plus maigres. »
L'évolution du capitalisme fait naître une armée industrielle de réserve, une troupe toujours accrue de chômeurs qui feront baisser les salaires, par leur seule présence.
Est-ce à dire que Marx accepte la théorie de Mailthus, qu’il considère que les salariés n’ont qu’à subir un sort misérable que leur impose une loi naturelle économique, que leurs associations sont inutiles.
En aucune manière : les lois de la sunproduction, comme d’ailleurs celle qui devait plus tard être systématisée sous le nom de théorie du « fonds des salaires », lui apparaïissent comme essentiellement relatives, comme inhérentes au seul système capitaliste.
La classe ouvrière doit profiter de chaque instant favorable pour arracher au capitalisme une partie de sa plusvalue et pour résister à tout abaissement de son niveau de vie. Les taux des salaires, sous l'effet des circonstances