Marx, Travail salarié, Bibl. marxiste
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exclusivement des forces productives du travail employé et varie, par conséquent, avec chaque modification dans la productivité du travail. »
Hauts salaires ne signifient donc pas marchandise chère, mais moindres profits. Ils ne font varier que les rapports des parts du Salariat et du Patronat.
La lutte syndicale est donc utile, nécessaire pour conserver aux salariés leur salaire moyen. Mais cette lutte ne va pas à l'encontre de la loi des salaires. Au contraire, elle ne fait que l’appliquer, grâce à la crainte que les Syndicats inspirent au Patronat. Leur efficacité est évidente : il suffit de comparer les salaires des professions où les Syndicats sont puissants et de celles où ils sont inexistants.
Mais la revendication syndicale du « juste salaire » est tout à fait insuffisante (de même que les « Bons Salaires » de Sismondi sont utopiques), car le capitaliste cessera de faire marcher « Ses >» moyens de production s’il n’y trouve pas un profit convenable, — et c’est précisément ce profit injuste qui est cause de la misérable condition ouvrière et du déséquilibre économique croissant. Ce n’est pas tant Île « salaire inférieur » qui amène la dégradation de la classe ouvrière, « cette dégradation (continue, progressive) consiste dans le fait que la classe ouvrière, au lieu de recevoir le produit intégral de son travail, doit se contenter d’une partie, de la partie que l’on appelle le salaire. Le capitaliste empoche le produit tout entier parce qu’il possède les instruments de travail, et il s’en sert pour payer les salaires du travail. »
Tout ce que le salarié peut espérer, dans la société présente c’est que les profits du capital soient plus grands, pour que les miettes du festin qu’il ramasse soient plus abondantes.
Le déséquilibre ira croissant avec le progrès technique jusqu'au jour où les masses exploitées dépossèderont les capitalistes et où les moyens de production étant devenus propriété collective les travailleurs recevront le produit
intégral de leur travail, directement, ou indirectement par augmentation de la richesse collective. Ce jour-là, il n’y aura plus qu’une classe dans la société, et la surproduction qui caractérise la société capitaliste aura disparu parce que, plus la production sera grande, plus la consommation le sera aussi ; il n’y aura plus de « propriétaires » qui limitent la production dès qu’elle n’augmente plus leurs profits même si les masses laborieuses meurent de faim. La production pourra être aussi grande que les possibilités de la consommation naturelle et non seulement de la consommation solvable. A l’économie de restriction de disette du capitalisme, les travailleurs substitueront l’économie expansionniste, l’économie d’abondance du socialisme.
D’autres théoriciens que K. Marx ont reconnu l’importance de la capacité de consommation des masses laborieuses, mais ils ont cherché à résoudre le problème des crises de surproduction sans sortir du capitalisme. De nombreuses tentatives doctrinales ont été faites en vue de concilier le système économique basé sur le profit de la concurrence et l'attribution aux ouvriers d’une part suffisante de richesses. De là sont nées les théories des hauts salaïres, du crédit à la consommation ouvrière, du complément social des salaires.
Avant que fussent nées les différentes théories des « hauts salaires », bien des auteurs, et des plus « classiques », avaient noté que des salaires misérables ne permettent pas toujours les plus grands profits, et avaient incité les employeurs à ne pas mesurer à l’excès la rétribution de la main-d'œuvre.
« La récompense libérale du travail, dit Adam Smith, augmente aussi l’industrie du simple peuple. Le salaire du travail excite l’industrie, qui, comme toute autre qualité humaine, se perfectionne en proportion de l’encouragement qu’elle reçoit. Une subsistance abondante augmente la force corporelle de l’ouvrier, et le doux espoir d'améliorer sa