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condition et peut-être de finir ses jours dans laisance l'amène à tirer tout le parti possible de sa vigueur. Aussi voyons-nous que, dans les endroits où le salaire est haut, les ouvriers sont plus actifs, plus diligents, plus expéditifs que dans ceux où il est bas. » ?? « Que les hommes en général travaillent mieux quand ils sont mal nourris que quand ils le sont bien, quand ils sont abattus que quand ils ont le cœur léger, quand ils sont souvent malades que quand ils se portent bien, c’est ce qui n’est pas fort probable » ??.
Et cette remarque de bon sens d'Adam Smith n’a pas été faite seulement par des économistes : Tocqueville, dans sa Démocratie Américaine, nous apprend que l’industrie, florissante dans les Etats du Nord de l’Union, où la maind'œuvre était libre, rare et chère, était languissante dans les Etats du Sud, où elle était esclave, maltraitée et non payée. Ainsi, dit-il, la main-d'œuvre bien rétribuée est loin d’être la plus chère, et si les propriétaires d’esclaves ne craignaient point pour leurs droits politiques, ils se seraient aisément et rapidement déterminés à affranchir leurs nègres.
Ainsi, le premier argument en faveur des hauts salaires fut celui du meïlleur rendement pour un meilleur traitement. Et cet argument reste actuel, car il joue un rôle important parmi l’ensemble de raisons que les ouvriers peuvent se faire que grâce à l’augmentation continue du journée de travail moins épuisante, en faveur de la « semaine de 40 heures ».
Mais l’argument capital en faveur des hauts salaires est celui de la nécessité d’augmenter le pouvoir de consommation des masses. Et ces masses sont constituées principalement par les ouvriers. Ils n'ont pour revenus que leur salaire, et ils sont par millions « acheteurs d’articles à bas prix » alors que ceux dont les revenus consistent en bénéfices et en dividendes ne sont que des milliers, et sont ache-
22. A. Smith, Richesse des nations, liv. I, chap. VIII, p. 84 (1788) et 89.