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d'autant plus raisonnable, disent les « déflationnistes », qu’il s’agit, non pas vraiment de les baisser, mais simjplement de les ramener à la « normale » de l’avant-guerre, où les hommes étaient plus raisonnables et le monde mieux réglé.
Les salaires ont été terriblement gonflés depuis la fin de la guerre ; sans doute, en partie, parce que la production des biens de toutes sortes a été multipliée et qu’il semblait aisé, en période de « prospérité » de mesurer moins strictement leur « part » aux salariés. Cette hausse a été générale * :
En France, les statistiques officielles indiquent que les salaires moyens des ouvriers qualifiés sont passés à Paris de 8 fr. par jour en 1914 à 30 fr. 60 en 1924 et à 53 fr. 75 en 1930. Certes, entre temps, il y a eu l’inflation: et la chute du franc, mais compte tenu de cet élément, pour le premier trimestre de 1932 le salaire réel se trouve à 128 contre 100 en 1914 ;
En Allemagne, après la période trouble où la monnaie se volatilisa, une hausse des salaïres combat avantageusement la hausse des prix, de telle sorte que, jusqu’à 1929 et malgré la croissance d’un chômage très important, le salaire réel s'élève. Il passe ainsi de 100 en 1914 à 96 en 1925, maïs à 110 en 1929, pour l’ouvrier moyen non qualifié ;
En Angleterre, même phénomène : le salaire moyen des ouvriers qualifiés des industries mécaniques qui était de 39 shillings en 1914, passe à 56,6 fin 1926, puis s’établit à 58 — où il reste fixé, à peu près, les années suivantes. Le salaire moyen des manœuvres augmente plus encore, et celui des journaliers agricoles passe de 18 shillings en 1914 à 31,8 après la guerre, prix auquel il reste fixé depuis lors pendant de nombreuses années.
Mais c’est aux Etats-Unis que l’ouvrier a le plus profité de la « prospérité » de l'augmentation de la production. Le National Industrial Conference Board indique que l’indice
1. Pour les indications qui suivent, cf. Chevalier, La question des salaires.
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du salaire réel de l’ouvrier moyen qualifié s’est élevé de 100 en 1914 à 129 en 1925 et 142 en 1929 — c’est-à-dire qu’il a augmenté de 2,1 % par an environ. Mais « bien que le National Industrial Conference Board estime que la capacité d'épargne par tête d’habitant ait augmenté de 50 ©, depuis 1914 », le plus clair de ces hauts salaires a été dépensé au jour le jour. Car, pour trouver dans l’augmentation de la consommation des débouchés, pour étendre encore la production, on poussa, par la publicité et les ventes à crédit, à dépenser tout ce qu'on avait gagné, et même plus, sans délai.
De la constatation que les salaires avaient beaucoup augmenté en période de prospérité (encore que, comme nous le verrons, ils aient en faït beaucoup moins augmenté que les chiffres ci-dessus le laissent croire, à cause principalement du chômage et de l’augmentation de la productivité ouvrière) l’on tira argument en faveur de la baisse des salaïres :
1° Parce que les hauts salaires, malgré ce que prétendaient les « expansionnistes » n’ont pas empêché la crise, et que donc Je facteur pouvoir d'achat ouvrier n’a pas l’importance qu’ils lui donnent ;
2° Ensuite, parce que les hauts salaires démoralisent les salariés qui, au lieu d’épargner pour les jours meilleurs, ne font que gaspiller l'argent qu’ils gagnent trop abondamment et dont ils ne savent tirer un parti raisonnable ;
3° Enfin, parce que les salariés qui ont été associés à la fortune heureuse des employeurs, doivent subir avec eux la mauvaise fortune et la pénitence.
Nous examinerons ce que valent ces arguments, après avoir décrit les expériences déflationnistes et leurs résultats.
La politique de déflation des salaires a été appliquée dans presque tous les pays du monde dès le début de la crise. Ainsi, quoique de nombreuses nations l’aient répudiée de-
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puis quelques années ou récemment, et que même elles aient instauré chez elles des expériences diamétralement opposées, l'ampleur de l'expérience confère aux conclusions que l’on peut tirer de ses résultats une autorité incontestable.
Parmi les nations « déflationnistes », les unes méconnaissaient ou méconnaissent totalement la nécessité d'élever la consommation et le pouvoir d'achat des salariés; les autres, au contraire, prétendent arriver à un tel résultat, malgré une baisse réelle, opérée au début sur les salaires, par suite de l’abaissement général du prix de la vie qu’entraînera principalement cette réduction des salaires. C’est l'argument classique de J.-B. Say d’après lequel les salariés retrouvent largement la perte de salaïre qu’ils peuvent éprouver alors, en tant que consommateurs profitant de la « vie meilleur marché ».
Malheureusement, même si l’argument était exact, les salariés ont bien assisté à une baisse de leurs salaires, baisse certaine, mais celle qu’ils ont pu constater dans le coût de la vie a été beaucoup plus problématique. Il en est d’ailleurs toujours ainsi en période de crise. Mais, ïl est vrai, le phénomène de « viscosité » des prix de détail a été bien plus sensible dans la crise actuelle que dans les précédentes.
Aïnsi, la baisse des salaires fut opérée sur grande échelle dès 1929, et la résistance ouvrière fut d’autant moins efficace que le chômage augmentait à un rythme accéléré.
Elle fut particulièrement sensible aux Etats-Unis où la hausse avait été la plus forte. Le salaire moyen hebdomadaire de l’ouvrier qualifié américain tomba de $ 33 dans l'été 1929 à $ 24 à la fin de la même année. Quant à celui de l’ouvrier non qualifié, il passa dans le même temps, de 5 25,88 à $ 18. Même, Ford, le théoricien des hauts salaires, celui qui préconisait la hausse continue et lente des salaires, qui déclarait que la baisse des salaires était une mesure catastrophique, fut entraîné dans le mouvement général : les usines de Détroit ne payaient que $ 6 par jour au lieu de & 7.
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Dans tous les autres pays, une baisse considérable se fit également sentir, quoique avec un certain retard, particulièrement en France.
Mais certains pays ne se contentèrent pas des mesures prises par les employeurs : les gouvernements firent de la déflation des salaires un article important de leur politique. En Allemagne, par le décret-loi du 8 décembre 1931, les salaires furent réduits, en bloc, et d’un coup, à leur niveau du 10 janvier 1927, ce qui réduisit ainsi à néant toutes les améliorations obtenues par les ouvriers pendant la réadaptation et l’essort qui avaient suivi la stabilisation. Le gouvernement allemand estimait, en effet, insuffisante la baisse de 6 %, qui s’était produite dans le deuxième semestre de 1931. II estimait qu’il lui fallait intervenir parce que la loi de l'offre et de la demande était aussi faussée dans un sens favorable aux salariés par d’autres interventions précédentes de la puissance publique dans les relations patronsouvriers. La plus importante des interventions visée était l'assurance contre le chômage à laquelle on attribuaït généralement la stabilité trop grande des salaires.
En 1930, le gouvernement fasciste d’Italie procéda à une réduction générale des traitements et indemnités et organisa une baisse des salaires privés, de 10 %.
En 1931, la Cour d’arbitrage de Nouvelle-Zélande réduisit les salaires de 20 °/, et, la même année, celle du commonwealth d'Australie décida une baïsse de 10 % des salaires réels cette fois.
Dans tous les pays où le gouvernement ne décréta pas, directement, une réduction des salaires ouvriers, il procéda à une réduction des salaires publics et des dépenses sociales. Il faut remarquer que c’est principalement ainsi que fut comprise la compression des budgets publics depuis la crise, auxquels, il est vrai, la chute des prix des fournitures apporta un allégement notable. Mais, par la déflation des salaires publics, outre qu’il touchait directement une partie de la classe salariée considérée « fonctionnaire », il déci-
dait, pratiquement, da réduction des salaires des employés des concessionnaires publics : eau, gaz, électricité, transports et entreprises connexes ; ce qui signifie réduction pour plusieurs centaines de mille salariés. Il entreprenait aussi, directement, la baisse des salaires privés, en réduisant leurs compléments sociaux d’assistance principalement. Enfin, il est clair que l'exemple donné par l'Etat et portant sur un nombre considérable de salariés, dont l’activité ressemble souvent à celle des salariés privés, devait être le signal immédiat, nécessaire de la baisse générale de tous les salaires.
Cette politique de « compression » des dépenses publiques, c’est-à-dire principalement des salaires publics, fut très généralement adoptée dès le début de la crise, et elle continue d’être appliquée dans de nombreux pays, surtout en France et dans les pays du « bloc-or ». La déflation porta sur les salaires réels, car le coût de la vie varia peu : les gouvernements même déclarant qu’ils voulaient « la vie moins chère » ne prirent pas, d'ordinaire, les mesures appropriées, ou même pratiquèrent une telle politique douanière, ou un tel soutien des cours de certains produits agricoles qu'ils la rendirent impossible.
Un des exemples d'expérience déflationniste le plus frappant, parce que le plus poussé et parce que terminé, est lexemple de l'expérience poursuivie sous le président Hoover entre 1929 et 1933.
Prenons les chiffres cités par le directeur du Bureau international du travail dans la récente publication de cette organisation sur « La reconstruction économique et sociale aux Etats-Unis ».
Le revenu réel global des Etats-Unis a fait une chute de 25 %, «entre 1929 et 1932. Mais la chute particulière aux salaires et traitements qui sont pour 65 % dans ce revenu total, à été infiniment plus brutale. Si au travail salarié l’on ajoutait le travail non salarié agricole dont la situation écononiique et sociale est similaire, le tableau serait plus frap-
pant encore. Mais si l’on veut s’en tenir aux seuls ouvriers, l’on constate que depuis le début de la crise à fin 1932, pendant que l'administration républicaine était au pouvoir et poursuivait la lutte dans le sens de la « grande pénitence » des salariés, alors que le revenu des biens mobiliers et immobiliers baissait de 30 %, la chute , pour les traitements était de 41 % et pour l’ensemble des salaires de 60 %. Selon d’autres chiffres donnés par le D' W.-M. Leiseron, d’Antioch College, la masse des salaires est tombée de 8 55 milliards en 1929, à $ 30 milliards fin 1931.
D'ailleurs, si les salariés ont tous souffert, l'inégalité de la compression s’exerçant sur eux, selon les différentes branches d'entreprises, est frappante. Les employés de banque et de bourse ont subi une réduction d'environ 15 °{ durant les trois années. Les mineurs de toutes catégories ont perdu de 60 à 70 %. Les employés de commerce ont eu un' sort intermédiaire à ceux-ci. Enfin, les bordereaux de salaires des ouvriers de fabrique tombaïent de 45 %.
La chute des revenus des salariés tient à deux causes : la diminution des salariés au travail, chômeurs totaux ou chômeurs partiels, et cette cause a joué dès le début (et même avant le début proprement dit) de la crise et le rythme de la réduction générale des heures de travail effectuées s’accélérait dès le début de 1930. D'autre part, le taux même des salaires était atteint dès 1930, mais ce n’est qu’en 1931 et 1932 que le mouvement de baisse se fit vraiment sentir d’une façon de plus en plus considérable.
Pour ne considérer que le groupe le plus important, celui des ouvriers de fabriques, les gains horaires fléchirent de plus de 20 , jusqu’à fin 1932. Et même, si l’on ne tient pas compte du chômage, — parce que ce que l’on cherche à savoir c’est de combien les prix de revient ont pu être diminués, grâce à la baisse des salaires, — il faut se souvenir qu’en période de crise, la « rationalisation » du travail est toujours poussée au maximum, afin de tirer des salariés le maximum de rendement. Cette rationalisation, si elle est un
progrès technique, assez souvent, n’équivaut pas moins à une réelle diminution de salaire — puisque le but atteint est de faire produire plus pour un même salaire.
L'expérience de déflation des salaires, sans égard pour le pouvoir d’achat des salariés, qui allait s’amenuisant, se poursuivait dans toute son ampleur avec l’encouragement et l’aide du gouvernement.
Le Président Hoover adressait aux Chambres du Congrès, au début de leur session de 1931, le 8 décembre 1951, un message que n’eût pas désavoué Malthus
« Je suis hostile, y disait-il, à toute indemnité de chômage versée directement ou indirectement par le gouvernement. L’effondrement économique et l’aggravation du chômage que l’on constate en Europe sont attribuables en partie à des pratiques de ce genre. Notre pays lutte contre la misère provoquée par le chômage selon la véritable tradition américaine, en répondant magnifiquement aux appels faits à la générosité du public... C’est à l’individu que doit incomber la plus grande part des charges sociales. S$’il abdique l'initiative qui lui revient et esquive ses responsabilités, il sacrifie par là-même sa liberté. »
Pourquoi est-on hostile, en principe, à toute indemnité de chômage versée par l'Etat ou l’employeur, ou les deux ensemble ? Pourquoi répugne-t-on à soutenir, par l’assistance publique, les travailleurs, les chômeurs malheureux ? Pourquoi ne veut-on pas admettre la nécessité d’abaïsser la durée de la journée de travail ?
C’est, en premier lieu, parce que, pense-t-on, toutes ces mesures soutiennent les salaires, viennent affenmir les salariés qui se refusent à laisser avilir leur rétribution. Et l’action la plus efficace à mener contre la crise, disent les « déflationnistes » est celle qui fait baïsser les prix de revient en abaïissant leur principal élément, le salaire. .
Voilà pourquoi de nombreux économistes qui appartiennent à l'école classique, tel M. Rueff, dénoncent en Europe les méfaits du « dole ». L’assurance-chômage accorde de tel-
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les primes, disent-ils, que le chômeur vivant convenablement grâce à elle, ne sera pas pressé de retrouver du travail, recherchera un emploi avec plus de nonchanlance que s’il était acculé à la nécessité d’obtenir un emploi ou de mourir de faim. Aussi, ne prendra-t-il un nouveau travail que si le salaire lui paraît suffisamment important, et surtout suffisamment plus élevé que la prestation de l’assurance. Sans quoi, il préfèrera continuer de ne rien faire : il est assuré d’avoir un honnête « minimum d'existence » de toute façon.
Or, si ce raisonnement est probablement exact en ce sens qu'effectivement l’assurance-chômage soutient les taux des salaires «et transfert une part des revenus nationaux par limpôt ou un procédé approchant, aux ouvriers en chômage, il n’en est pas moins vicieux à un double point de vue.
Premièrement, au point de vue politique, il est inapplicable dès que le nombre des chômeurs devient important dans un pays donné. En admettant que la générosité privée de quelques particuliers aurait pu secourir, aux Etats-Unis, plusieurs centaines de mille chômeurs dénués de ressources, il est bien clair qu’elle n’aurait matériellement pas pu venir en aide à plusieurs millions d'hommes et à leurs familles.
Deuxièmement, au point de vue économique même, nous verrons par la comparaison de l’expérience américaine Hoover et l’expérience anglaise du « dole » et des salaires stables, si l'action de la prestation d’assurance-chômage est néfaste ou non pour l’ensemble du pays. Remarquons cependant, dès à présent, que le Président Hoover attribuait l’aggravation de la situation économique en Europe à l’aide gouvernementale, justément au moment où les Etats- Unis, qui n’avaient aucune action de ce genre à se reprocher, allaient à la catastrophe beaucoup plus vite et sûrement qu'aucun pays du monde, et cela malgré leur récente et immense prospérité.
Pendant trois années, la déflation des salaïres a joue à plein aux Etats-Unis, et pendant cette période, la crise, loin
de s’atténuer, s’est considérablement aggravée. L'indice de la production industrielle n’a pas cessé de baisser, passant de 100 en 1929, avant la crise à 50 en 1932, tomoant même, pour certaines industries, conime ceile de l'automobile, à 70 ©, et descendant pour celle des cuirs et chaussures, malgré son caractère de prerrière nécessité, à 75 4. Avec le rétrécissement de la production, le chômage s'aggrava de telle sorte que les 2 millions et demi de chômeurs passaient à 15 au début de 1933. L’endettement non seulement des sociétés, mais des particuliers et surtout des agriculteurs, atteignait à la même époque 134 milliards de dollars, dette d'autant plus insupportable que la disparition de bénéfices, la chute des prix des matières agricoles surtout, le tarissement de plus en plus grand des sources de revenus de l « Américain moyen » en rendaient le remboursement plus difficile sinon impossible. La solution du problème des finances publiques devenait de plus en plus difficile, avec la disparition de nombreuses recettes d'impôts et avec l’aide qu’il fallait apporter à certaines grandes entreprises privées en difficultés. Le système bancaire et l’anmature du crédit s’affaïblissait progressivement, soit à la suite de l’effondrement général de l’économie, soit à cause de la chute du marché des valeurs mobilières qui réduisait les liquidités. Puis des grandes banques et des sociétés de gérance et de dépôt ayant été obligées de solliciter le secours de l'Office financier de reconstruction, ainsi qu’il ressortit de la publication d’un rapport de février 1933, la crise se précipita. La panique gagna la plupart des établissement, les faillites se multiplièrent, et lorsque le président Hoover quitta le pouvoir, la paralysie ayant gagné de proche en proche les sociétés de crédit dans la plupart des Etats, le premier acte auquel le président Roosevelt fut contraint, le 6 mars 1933, fut la fermeture générale des banques, la suspension de la vie économique pendant plusieurs jours.
Tel fut le résultat auquel aboutit en trois années la grande expérience de déflation américaine : non seulement l’abaïis-
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sement des salaires n’ameéna point le redressement, mais il aggrava très certainement le mal.
L'on conçoït de combien de malheurs et de souffrances elle avait cependant été accompagnée, en vain — quand on pense au nombre des chômeurs, des commerçants en faillite, des épargnants ruinés et des agriculteurs accablés sous le poids des dettes.
Malgré toutes ses déclarations, le gouvernement républicain fut obligé d'intervenir pour secourir les millions de chômeurs et de miséreux ; une pression formidable s’exerçait de toutes parts sur lui ; 31 villes étaient obligées, étant aux abois, de solliciter un secours des autorités fédérales, les manifestations publiques se multipliaient, de telle sorte que, contre ses principes, le président Hoover mit sur pied un programme de secours non seulement par l'exécution de travaux publics, mais aussi par l'assistance financière directe. Les dépenses publiques, fédérales, à ce titre s’élevaient à $ 2 milliards le 21 juillet 1932. Le chiffre total des secours en 1932 ne dépassait pas d’ailleurs 2 %, du revenu total du travaïl la même année.
Finalement, lorsque le président Roosevelt entra en fonction, il trouva le pays au bord du précipice et fut obligé d'assister d’une manière ou de l’autre, un tiers des familles des Etats-Unis.
L'exemple de l'impuissance de « la déflation des salai-res » à résoudre la crise aux Etats-Unis est particulièrement probant à cause de l'ampleur de l'expérience qui n’était point gênée par une législation ouvrière quelconque.
Mais l’échec de la « déflation » s’est fait sentir dans tous Jes autres pays où elle a été employée, ou est encore actuellement employée.
En Italie également, la « politique du prix de revient », de l'abaissement du prix de revient par l’avilissement des salaïres l’emporta sur la politique du « pouvoir d’achat » des travailleurs accru par les hauts salaires.
Cette politique fut même instaurée de très bonne heure,
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avant la crise actuelle, dès la stabilisation monétaire effectuée, en 1927. Voici ce que le député fasciste Clavenzani, l’un des chefs des « syndicats » fascistes disait des réductions de salaires entre 1927 et 1932, dans le Lavoro fas- CSC
« Si nos informations sont exactes, ce dont nous pouvons être convaincus puisqu'elles sont de première main, l’industrie chimique a eu trois réductions de salaires d’un total de 20 à 25 %,. Dans la verrerie, les organisations syndicales ont accordé trois réductions dont le montant total oscille entre 20 et 30 ,. On fait état de quatre réductions de salaires dans l’industrie du coton d’un total de 40 %,. Dans les tissages de laine, la réduction est de 27 *, ; dans ceux de la soie, de 38 /,, dans l’industrie du jute, de 30 %. D’autres réductions ont été accordées aux industriels de la métallurgie (23 %), du bâtiment (30 %) et du bois (18 %). La dépense pour les salaires a été réduite de 22 , dans les services de l’eau, du gaz et de l'électricité. Les réductions se chiffrent à 30 % aans les mines et à 20 dans l’industrie du vêtement. Il en a été accordé de 20 à 50 % dans l’industrie alimentaire.
Et à ces chiffres, il convient d'ajouter trois remarques : les salaires publics ont été réduits à plusieurs reprises, à partir de 1930, date à laquelle le gouvernement a lancé la « campagne de réduction générale ». Les chiffres du Lavoro ne portent pas sur l’agriculture où la baisse a été particulièrement sensible et qui compte un très grand nombre d'ouvriers. Enfin, ces chiffres sont ceux des taux contractuels, les salaires effectivement payés étant encore plus réduits.
Comme en regard de ces chiffres, l'indice du coût de la vie n’a baissé que de 93,78 en 1927 à 78,05 en 1932, selon les statistiques officielles, la baisse réelle du pouvoir d'achat des ouvriers qui avaient effectivement du travail, a été considérable durant ces cinq années.
Cette baisse s’est d'ailleurs poursuivie depuis lors. Le