‹ Le pouvoir d'achat des classes ouvrièresChapitre 39 sur 41 · JOIE. RAR PRE RER EST URE · texte numérisé non relu

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L'on peut constater que c’est à partir de juillet 1933, époque où la législation des codes commence à faire sentir ses premiers effets que l'indice est pour la première fois supérieur à celui de l’année précédente. L'amélioration a continué à se développer ainsi qu’il ressort du rapprochement entre les chiffres de 1932 et ceux de 1933, considérés mois par mois (afin d'éliminer les influences saisonnières, très fortes.)

Nous avons vu que dans cette période l’augmentation (surtout l’augmentation nominale) du volume total de salaires a été considérable. I1 y a tout lieu de penser que cette augmentation a été immédiatement versée à la consommation, et que l’augmentation du chiffre d’affaires des Department stores est due principalement à la restauration du pouvoir d'achat ouvrier.

En temps normal les ouvriers consacrent, nous l’avons dit, la quasi-totalité de leurs ressources à la consommation immédiate. Ainsi qu’il ressort de l'étude du budget ouvrier de San Francisco que nous avons faite au chapitre de la Réalité ouvrière, une famille ouvrière gagnant, en 1931, $ 1631 (et même une famille d'employés gagnant » 2.179), ce qui est plus que la moyenne, ne consacrait pas un cent à l'épargne. Tout au plus peut-on assimiler en quelque sorte à l’épargne, l’assurance sur la vie contractée par la famille ouvrière pour $ 65 et par la famille d’employé pour $ 130 (de même que l’on pourrait compter, en France ou en Angleterre, les cotisations des assurances sociales pour de l’épargne). Mais ces sommes sont infimes ($ 65, sur $ 1.631).

Après avoir subi une longue crise, des réductions de salaires catastrophiques, le chômage, pendant plusieurs années, il est moins que probable que les salariés se soient trouvés ou se trouvent encore en état de divertir la plus petite somme des dépenses de première nécessité.

C’est pourquoi nous pensons que les 36 milliards d'augmentation des bordereaux de salaires entre juin 1933 et juin 1934, sans compter les autres sommes reçues indirectement par les chômeurs, assistés, etc., ont été retirés à la thésaurisation et rendus à la consommation, en passant des mains capitalistes à celles des salariés. Et ces sommes considérables ont ranimé l’économie américaine quasi paralysée. Mais l’amélioration apportée aux Etats-Unis par la politique d'augmentation du pouvoir d’achat des salariés et des paysans, n’a pas été décisive. Elle a rencontré

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certains obstacles importants : ainsi, dans létablissement des salaires minima des erreurs ont été commises. Le sénateur Wagner dans le United States News, déclare que « quelques-uns des minima établis dans les codes sont plus petits que ceux qui prévalent actuellement dans l’industrie. » :

D’autre part, la chute‘du dollar, la politique de certains employeurs entraînèrent une hausse des prix de détail qui vint contrecarrer la « reflation des salaires ». Enfin, une des causes de la persistance du chômage réside dans la situation affaissée de l’économie mondiale.

Quelles que soient les facilités et les difficultés qui agirent sur l’expérience Roosevelt, et dans la mesure où l’on peut dresser un court bilan d’une opération aussi complexe et non terminée, nous dirons :

En 1933 la situation économique générale américaine s’est beaucoup améliorée. Le chômage de son côté est tombé de 15 à 10 millions 1/2. Tel est l'actif.

Mais le passif réside dans la stagnation presque complète de l’expérience en 1934 : Les Etats-Unis n’ont pas moins de chômeurs qu’il y a un an, au contraire, peut-être même. La situation générale n’est pas meilleure.

Nous sommes donc amenés à conclure : la hausse des salaires a favorisé la reprise ; elle a été insuffisante à terminer la crise.

Etait-il possible de hausser plus le taux de rémunération, de réduire plus la durée du travail ?

Actuellement, les syndicats entament la campagne des « 30 heures » — et ils rencontrent une vive opposition patronale. Les employeurs estiment en effet qu’une hausse trop rapide de la rémunération élève les prix de revient d’une façon insupportable. Et comme ils ne peuvent la supporter, ou bien ils la rejettent sur le consommateur — ce qui annule l’opération — ou bien ils s’efforcent de remplacer, et en fait ils ont souvent remplacé, la main-d'œuvre humaïne par des machines nouvelles dont le prix de

revient est moindre. Ce qui fait naître à nouveau le chômage .

La question semble inextricable : si les réductions de travail ne sont opérées que lentement, elles sont un remède toujours insuffisant : ceci est clair dans certains cas comme celui de la campagne pour les « 40 heures » menée par la Fédération syndicale internationale, et particulièrement par la Confédération Générale du Travail en France : cette campagne dure depuis plusieurs années et durera encore sans doute longtemps. Lorsqu’elle a commencé, il est probable que les 40 heures auraient apporté un soulagement sensible à l’économie française. Si elle intervient aujourd’hui, n’est-il pas à peu près certain qu’elle sera complètement insuffisante et donc inefficace ? Les conditions de la production auront changé entre temps.

Nous avons vu que pour ce qui est des Etats-Unis, le général Johnson, directeur de la N. R. A, en janvier 1934 jugeait déjà que même si l’économie américaine revenait à la normale il subsisterait plus de 4 millions de sanstravail. Et depuis 1934, la situation a changé de telle manière que ce chiffre paraît optimiste. Dans ce cas, peuton parler de « retour à la normale » ?

Et si l’on revient à la « production normale », la reprise accentuant les progrès techniques que la crise n’a pas fait disparaître, la rechute ne serait-elle pas rapide ? La même cause (insuffisance de la part du salariat), encore accusée, ne produirait-elle pas les mêmes effets, accusés ?

L'expérience des « Hauts Salaires » est concluante à la fois par l’amélioration qu’elle a permise — et par l’insuffisance même de cette amélioration.

L’EXEMPLE BRITANNIQUE DE L’ATTENUATION DE LA CRISE PAR LE SOUTIEN DU POUVOIR D’ACHAT DES SALAIRES

LA RÉSISTANCE DES SALAIRES A LA BAISSE ET LA STABILITÉ DU POUVOIR D'ACHAT OUVRIER ATTÉNUENT-ELLES LA CRISE ?

Certains pays où les salaires ont été à plusieurs reprises et notablement réduits ont souffert ou souffrent d’une crise aggravée. D’autres ont recherché dans la hausse des salaires, et ont réussi à assurer, une amélioration de leur situation économique.

Entre ces deux extrêmes, la Grande-Bretagne offre un exemple intéressant de stabilité du pouvoir d’achat des salaires atténuant les effets de la crise.

La Grande-Bretagne est, comme les Etats-Unis et l’Allemagne un pays fortement industrialisé. D’autre part, son économie dépend, comme celle des Etats-Unis et celle de l'Allemagne, plus encore même que celles-ci, des débouchés extérieurs. Or, les débouchés extérieurs ont souffert dans une proportion bien plus grande que les marchés nationaux, que l’on s’est efforcé de ménager.

La Grande-Bretagne a traversé une crise grave, et maintenant encore, comme le reste du monde, elle souffre de la dépression qui continue. Cependant, alors que les Etats- Unis ont côtoyé la catastrophe, et que l’Allemagne, après avoir subi des bouleversements politiques et sociaux considérables se trouve encore dans une situation angois-

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sante, la Grande-Bretagne, elle, a évité le pire, et depuis 1931 a vu l’état de ses affaires s’améliorer.

Comparant les statistiques de la Production et des Salaires dans certains grands pays, le rapport du Directeur du Bureau International du Travail constate au début de l’année 1934 : « … alors qu’en Allemagne et aux Etats-Unis les bordereaux des salaires accusaient une diminution d'environ 40 à 50 % et que le mouvement était accompagné d’une réduction de 40 à 60 % de la production, le fléchissement de 15 à 20 °, des bordereaux de salaires en Grande-Bretagne ne fut accompagné que d’une baisse de la production inférieure à 30 %. »

En 1930 (par rapport à la moyenne de 1929 : 100), le revenu des ouvriers, employés et fonctionnaires allemands tombait à 93 puis à 87, en 1931 à 77 puis à 69, en 1927, à 57 et 58, en 1933 il toucha son plus bas point pendant le premier trimestre, à 54; depuis lors il remonta légèrement et reste fixé depuis l’été de 1933 à 61 (chiffres du Wockhenbericht des Instituts fur Konjonktur forschung, 11 avril 1934).

En 1930 (sur la même base : 100 en 1929) les feuildes de paie des salariés et employés aux Etats-Unis tombaïent à 82, puis à 70, en 1931 à 58 puis 47, en 1932 à 49 puis 39, et au début de 1933 elles atteignaient leur plus bas point de chute 36; depuis lors, elles remontèrent très sensiblement sous es efforts de l’administration Roosevelt (chiffres du National Industrial Conference Board Bulletin, 20 février 1934).

En 1930 (sur la même base encore) les traitements et salaires inférieurs à 250 livres sterling dans le Royaume- Uni descendaient à 98 et 94, en 1931 à 91, en 1932 à 89, et touchaient leur point minimum au début de 1933 à 88 (chiffres de Clark « National Income », Economic Journal, 1933 juin).

Ces chiffres sont généraux et suivant les cas et les progressions ils ont pu être dépassés en un sens ou l’autre,

mais dans leur ensemble ils confirment et renforcent l’affirmation du directeur du B. I. T. |

La stabilité du pouvoir d’achat des masses populaires a été mieux assurée dans le Royaume-Uni qu’en Allemagne et aux Etats-Unis. Surtout si l’on considère que dans ces deux derniers pays, existent des populations paysannes fort nombreuses et dont les revenus furent autant et plus affectés par la crise que ceux des salariés, à la ville.

Cette stabilité des salaires évita à la Grande-Bretagne de connaître l’angoisse qu’à la suite de leur politique de compression des salaires poussée au maximum, les Etats- Unis et l'Allemagne connurent. Elle eut 2 millions 1/2 de chômeurs, alors que l'Allemagne en avait 6 millions. Ses industries et son commerce, vivement touchés, ne tombèrent pas comme celui des Etats-Unis ou de l'Allemagne. La Cité résista mieux que Wall Street. La Grande-Bretagne ne vit pas son système de crédits s’effondrer et subir une reconstruction complète, nécessaire, avec l’appui, et selon les directives de l'Etat, comme ce fut le cas aux Etats- Unis et en Allemagne. Bref, le Royaume-Uni subit une crise violente, mais qui ne prit pas l’allure catastrophique qu’elle eut dans les deux autres grands pays.

Mais si les Britanniques surent éviter les excès de la déflation, ce ne fut pas, à vrai dire par suite d’une attitude délibérée et consciente du Gouvernement ou des employeurs. Si les taux de salaires ne fléchirent que faiblement c’est probablement, en partie au moins, parce que les Trade Unions s’y opposèrent énergiquement et que les syndicats anglais représentent une force considérable par ses masses et ses traditions.

D’autre part, et c’est un point sur lequel se rencontrent des partisans très fermes de la compression des salaires, et des partisans non moins fermes de leur relèvement, la résistance des Trade Unions, la stabilité des salaires et du pouvoir de consommation de la classe ouvrière en

général furent soutenues par le fonctionnement de l’Assurance-Chômage.

Les prestations de l’assurance-chômage en Grande-Bretagne sont accordées beaucoup plus libéralement que dans la plupart des autres pays, et leurs taux sont assez élevés. Le chômeur anglais en 1933 touchait 17 shillings par semaine, et en outre recevait 9 shillings par chaque adulte à sa charge et 2 shillings pour chaque enfant.

I y a lieu de croire, en conséquence et ainsi que le notait il y a quelques années M. Rueff, que l’assurancechômage constitue une base de résistance pour les ouvriers anglais contre les attaques que subissent leurs niveaux d'existence. Mais, au contraire de M. Rueff, il faut en conclure que l’assurance sociale est un élément de stahilité économique, puisqu'elle maintient le marché intérieur, puisqu'elle assure le pouvoir de consommation ouvrière contre une baisse néfaste.

L’action du « Dole », de la prestation de chômage, doit d’ailleurs être reconnue, non seulement à l’égard de la partie de la classe ouvrière qui travaille encore, maïs également à celui de la partie de cette classe qui est tombée en chômage. Le « dole » lui assure un minimum de pouvoir d’achat, il tranfère, par le système des finances publiques, du pouvoir d’achat de ceux qui en ont encore à ceux qui sans cela n’en auraient plus du tout.

Même si l’on adopte les vues inhumaïnes d’une Economie de laisser-faire pur et simple, d’une Economie malthusienne, il faut reconnaître que la dénonciation de la « Loi des Pauvres » n’avait de raison d’être que dans une Economie de Disette; on pouvait soutenir alors qu’il était urgent de diminuer le nombre de bouches à nourrir, qu’il fallait absolument réduire au niveau de la jeune production industrielle, une main-d'œuvre cxubérante, inutile et inutilisable.

Mais la question est tout autre dans notre Economie qui ne demande qu’à être une Economie d’abondance.

Le problème n’est pas de réduire le nombre de « bouches inutiles », il n’est pas de ramener le chiffre de la population salariée au « niveau des subsistances ». Il est au contraire d'augmenter le nombre des consommateurs nécessaires à l’expansion extraordinaire de la production. Il est d'élever le niveau d’existence d’une multitude toujours plus grande d'hommes, de façon à permettre au progrès technique de se poursuivre.

Les imprécations de Malthus contre les « Secours de la Paroisse » pouvaient avoir une apparence de fondement. Celles d’économistes contemporains contre les « Assurances sociales » n’en ont plus. Elles témoignent seulement du rayonnement qu'ont encore les « grands classiques » à une époque où le monde sur lequel nous raisonnons est totalement différent de celui qui existait il y a un siècle et un siècle et demi.

Nous avons voulu montrer que c’est en maintenant son marché intérieur, en protégeant le pouvoir de consommation de ses masses populaires, que le Royaume-Uni s’est assuré une résistance relative à la crise économique, Maïs, nous dira-t-on, ne faut-il pas rechercher plutôt dans une autre direction la raison de la stabilité relative de l’économie britannique : n’est-ce pas par son opération de dévaluation monétaire, entraînant une renaissance de son exportation, que celle-ci a pu résister et même remonter le courant ?

Naturellement, nous ne prétendons pas que seul le facteur du maintien des salaires et des prestations d’assurances a agi. Mais nous prétendons qu’il a été, qu’il est le facteur décisif.

Tout d’abord, la crise a éclaté en 1929 et 1930 (selon les industries) et la dévaluation monétaire n’a été faite qu’après la chute du cabinet travailliste à la fin de 1931. Entre temps, le pire s’accomplissait en Allemagne et aux Etats- Unis. Leur indice de production était près de toucher son point le plus bas, et leur indice de chômage son point le

plus haut. Or la production anglaise n’avait pas baissé de 20 % en tout. La stabilité relative britannique est un phénomène qui a précédé la chute de la monnaie.

D'autre part, depuis que l'expérience monétaire est en cours, peut-on affirmer que le maintien du pouvoir d’achat de l’ouvrier anglais soit devenu un facteur secondaire dans amélioration de l’économie ?

Il semble au contraire qu'avant, pendant et après l’expérience monétaire, la capacité de consommation populaire ait joué le rôle principal et c’est ce qu’à notre avis indique l’évolution des industries britanniques depuis quelques années. De plus en plus elles travaillent pour l’intérieur, et cherchent à élargir leur marché national, tandis qu’elles perdent pied, peu à peu, sur les marchés mondiaux, et cette évolution a continué après la dévaluation de la livre.

De létude que vient de publier M. R. Marjolin sur « les industries anglaises à travers la Crise », l’on peut conclure que les industries travaillant pour le marché intérieur sont moins affectées que les industries d'exportation, et que depuis de début de la crise elles n’ont pas cessé de se relever plus rapidement.

Avant la crise, il est important de noter (car la « dépression » en Grande-Bretagne était latente et le nombre des chômeurs permanents élevé depuis déjà de nombreuses années) que les industries d'exportation britannique n’ont cessé de décliner. Le volume de leurs transactions a fléchi de 21 % entre 1913 et 1927. Le chômage y est important. La proportion des chômeurs des aciéries est de 22 %, et leurs exportations ont fléchi de 15 %. Les mines voient leurs exportations tomber de 31 % de 1913 à 1928 (alors que leur production ne tombe que de 17 %) et 22 % des mineurs sont sans travail.

Au contraire, dans les industries travaillant en vue de la consommation intérieure, la situation est relativement bonne : dans le commerce, le pourcentage des chômeurs

est de 5,6 %, de 7,4 dans l’alimentation, et de 7,6 % dans l'industrie automobile.

Pendant la crise de 1928 à 1933, les industries d’exportation sont plus touchées que les autres. De 1928 à 1931, l'indice de l'emploi dans l’industrie lainière tombe à 70,4, dans les constructions mécaniques à 69 (janvier 1933), dans l’industrie cotonière à 60,9 (décembre 1930), dans le fer et acier à 58,5 (mai 1932).

Dans les industries « intérieures » au contraire, la chute est beaucoup moindre. De 100 en 1928, l’indice de l'emploi ne baisse qu’à 78,3 dans le bâtiment (janvier 1933) à 88 dans l’industrie automobile (août 1931) et 96,6 dans l'alimentation (janvier 1932). La main-d'œuvre continue d'augmenter, dans le commerce, en pleine crise.

Fait remarquable, dans les industries travaillant pour le marché intérieur et le marché extérieur, c’est de beaucoup cette deuxième partie de leur activité qui est la plus touchée.

M. Marjolin note que « bien que l’indice de l'emploi soit descendu moins bas dans les industries travaillant pour le marché intérieur que dans les industries d’exportation, il remonte davantage, à partir du fond de la crise, dans les premières que dans les secondes : de 18,8 points dans le bâtiment, de 22,7 dans l’industrie automobile, de 102,2 dans celle de la soie artificielle — mais seulement de 16 dans les constructions mécaniques, de 15 dans l’industrie du coton, de 11,5 dans celle de la laine, de 11,4 dans les constructions navales » ; de plus « l'emploi ne cesse de monter dans le commerce, dans l'alimentation reste stable, alors que l’industrie du charbon continue de perdre ». Enfin, dans les industries mixtes travaillant pour le marché intérieur et les marchés mondiaux, c’est la première partie de leur activité qui, de même qu’elle avait moins souffert que la deuxième, reprendra le plus. Le cas type est celui de l’industrie sidérurgique, laquelle se relève grâce à ses ventes à l’intérieur du pays. « L'indice de

l'emploi passe de 58,5 en mai 1932 à 90 en mai 1934, soit une hausse sur le fonds de la crise de 31,5 points. Mais l’indice des exportations ne monte que de 41,2 pour le premier trimestre de 1933 à 58,9 pour le quatrième trimestre de 1934, soit une hausse sur le fond de la crise de 17,7 points. C’est surtout le bâtiment qui entraîne la sidérurgie, comme on peut le voir aisément en superposant les courbes de l'emploi dans ces deux industries ». De même encore « au cours du quatrième trimestre de 1934 l’on retrouve, dans le charbon, l’emploi à 82,7 les exportations à 80,1; dans l’industrie du coton l’emploi à 75,3 et les exportations à 53,4; dans les constructions mécaniques, l'emploi à 85,6, les exportations de machines à 67,9 ».

Ainsi, même au cours de la reprise qui se manifeste depuis 1932 en Grande-Bretagne le maintien et l’élargissement du marché intérieur a joué un rôle primordial.

Cette stabilité et cet agrandissement du marché national qui a épargné au pays la détresse américaine de 1932, les ruines allemandes et leurs catastrophes politiques, c’est la résistance à l’avilissement des salaires et la large ouverture du droit à la prestation du chômage qui l'ont permis.

Le pouvoir d’achat des masses ouvrières est un élément nécessaire au fonctionnement « normal » de toute léconomie d’un pays.

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