A. L'ECONOMIE DE DISETTE
LES SALAIRES DOIVENT TENDRE AU MINIMUM NÉCESSAIRE A L'EXISTENCE DES SALARIÉS.
Avec les premières applications de l’énergie tirée de la houille à l’industrie et les machines à tisser le coton, une ère nouvelle, manufacturière, affranchie des réglementations corporatives s’ouvre à la fin du xvinr* et au début du xIX° en Grande-Bretagne, sur le Continent et aux Etats-Unis d'Amérique.
L’outillage artisanal ne fournissait les hommes en biens de toute sorte qu’assez insuffisamment. Les machines vont décupler les richesses. Mais cependant l’aiguillon de la nécessité se fait encore sentir. Aussi le système économique sous lequel s’établissent les machines doit-il être tout entier agencé de façon à stimuler au maximum l'esprit d'entreprise, la liberté d'action des entrepreneurs.
Devant les bouleversements considérables qu’entraîne la naissance de la nouvelle société économique, un renouvellement parallèle des doctrines se produit. Les théoriciens de l’époque tendent à constituer une véritable science économique décrivant les lois de l’économie politique, comme la physique décrit celles de la nature.
Le monument que ces théoriciens ont constitué est considérable et, quoique remanié au cours du xix° siècle et vivement attaqué dès le milieu du siècle dernier, il imprègne encore, à l'heure présente, la pensée de la majorité des économistes et influe notablement sur l’action de nom-
Dreyfus. a