SOUVERAINETÉ DES PAPES SOUS CONSTANTIN
papes s'enracina et s'étendit. Les successeurs de S. Pierre devinrent aisément les rois de Rome, parce qu'ils en furent les pères et les sauveurs. Nous allons voir comment leur royauté, formée au milieu des révolutions du monde, eut la nécessité pour principe, la conscience pour loi, les bénédictions des peuples pour cortège et le témoignage de l'histoire pour justification (1).
(1) Citons encore ici le remarquable témoignage de M. Guizot : " L'union du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel dans la papauté n'a pas été un fait systématiquement poursuivi, et atteint au nom d'un principe rationnel ou d'une prétention ambitieuse. Le raisonnement et l'ambition y ont eu leur part; mais c'est la nécessité, une nécessité intime et continue qui a vraiment produit et maintenu ce fait à travers toutes sortes d'obstacles. En remplissant et pour remplir sa mission religieuse, en exerçant et pour exercer son pouvoir spirituel, la papauté a eu besoin, absolument besoin d'indépendance et d'une certaine mesure d'autorité matérielle. Elle les a acquises d'abord dans Rome, puis autour de Rome, puis dans d'autres parties de l'Italie, successivement et à des titres divers : d'abord comme magistrature municipale , puis comme propriétaire territorial et en vertu du pouvoir politique inhérent alors à la propriété; puis à titre de souveraineté pleine et directe. Les possessions et le gouvernement sont venus à la papauté comme un appendice naturel et un appui nécessaire de sa grande situation religieuse, et à mesure que cette situation se développait. Les donations de Pépin et de Charlemagne n'ont été que l'un des principaux incidents de ce développement à la fois spirituel et temporel, commencé de très-bonne heure et secondé par les instincts des peuples comme par les faveurs des rois. C'est en devenant chef de l'Église et pour l'être réellement, que le pape est devenu souverain d'un État. » [L'Eglise et l§a Sociétés chrétiennes en 18G1. p. 144.