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CHAPITRE III

LES PAPES SOUS LA DOMINATION DES EMPEREURS d'aLLEMAGXE.

C'était la coutume de la primitive Église de faire presque généralement élire les évêques par le concours du clergé et du peuple. Tout vénérable que fût ce principe, il n'en a pas moins apporté à l'Église les plus grands maux au sortir même des catacombes (1). L'ambition briguait les dons du Saint- Esprit, on cherchait à les acheter à prix d'argent; le peuple était devenu trop nombreux pour n'être pas agité par les sentiments les plus divers ou surpris par les menées et les intrigues. Quoique la principale autorité dans les élections appartint aux évêques qui présidaient les réunions, la présence et les suffrages du peuple étaient alors jugés utiles, afin de constater les mérites de l'élu et de lui concilier plus aisément l'obéissance. Mais le tumulte des assemblées obligea bientôt d'y renoncer. On recueillit seulement le suffrage des chefs de la communauté chrétienne, et on se contenta de l'aveu tacite de la foule. Enfin, l'agrément ou la présentation du prince fut réputée l'expression suffisante des sentiments du peuple.

L'intervention des empereurs dans l'élection des papes est un reste de ces mœurs primitives. Le besoin de protéger l'ordre et de faire respecter les règles canoniques, appelait naturelle-

(1) V. le P. Theiner, Letiere storico- criliche intorno aile cinque piaghe délia sauta chiesa del chiarmo sacerdote D. Antonio de Rosmini-Serbati. Napoli, 1849. Version française de M. l'abbé de Geslin , Avignon 1851.

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