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CHAPITRE IV

LES PAPES SOUS LA DOMINATION ALTERNATIVE DES EMPEREURS D 'ALLEMAGNE ET DES COMTES DE TUSCULUM.

L'intervention de la puissance impériale dans les affaires de la papauté avait été heureuse et magnifique sous Charlemagne; elle fut sous les Othon tracassière, cruelle et envahissante. Les rois francs s'étaient contentés de la gloire d'affranchir la papauté de l'oppression des Lombards; trop magnanimes pour n'être pas désintéressés, ils n'essayèrent pas de changer le rôle de protecteurs contre celui d'oppresseurs. Les rois germains, nous venons de le voir, s'immiscèrent dans les élections pontificales avec des prétentions toutes différentes. Un de leurs désirs était de transporter à Rome le siège de l'empire (1). Othon le Grand le rêva peut-être; Othon III en fît son projet favori. Cette situation était pleine de dangers pour les papes. Il était à craindre que les empereurs, en se rendant maîtres des élections, ne fissent des vicaires de Jésus- Christ les ministres de leur volonté; que le pouvoir des clefs ne se confondît peu à peu avec le pouvoir du sceptre, et que le Saint-Siège ne devint, dans l'ordre temporel comme dans l'ordre spirituel, une sorte de fief mouvant du caprice impérial. Ce péril était senti non-seulement par les papes, mais par leurs sujets. À peine les Allemands ont-ils mis le pied en

(I) Mascovii Comment, de rébus imperii, in-4. Lipsise 1757, p. 172. — Baldrici Chronic. Camer., apud eumd. Mascov. — Mabillon, Vetera Analecta, p. G94.

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