LES PAPES SOLS LA DOMIXATION ALTERNATIVE
rinage vers la cité éternelle. Il déploya, pour maintenir son pouvoir dans les domaines du Saint-Siège, une vigueur qui annonçait déjà Grégoire VII. Par ses soins, un concile réuni à Rome jugea et condamna les usurpateurs des biens apostoliques, et il rentra dans l'exercice de sa juridiction. L'an 1000, dont le monde effrayé redoutait l'approche, fut, grâce à Sylvestre II, une année de triomphe pour l'Église, puisqu'il vit la conversion des Hongrois, l'établissement de la hiérarchie épiscopale clans cette nation belliqueuse, et le couronnement du duc Etienne, dont le pape fit un roi, l'histoire un héros, et l'Église un saint. Tant de grandes choses semblent appartenir à un long règne, et ce règne ne fut que de deux ans (999-1002).
L'impulsion était donnée, mais le génie seul pouvait la suivre. Jean XVIII n'en eut que le désir : car la mort l'emporta après un pontificat de trois mois. Celui de Jean XIX, qui dura cinq ans, se termina dans la vie religieuse. Sergius, qui succéda à Jean XIX, a laissé dans un pontificat plus court encore un monument de son pouvoir temporel : c'est l'inféodation à titre perpétuel du château de Scurium à Védianus et à toute sa postérité, moyennant un cens annuel. Le pontife ne faisait que renouveler une concession de Sylvestre II (1). L'acte est du 30 mars 1010. Après la mort de Sergius, de nouveaux troubles, fruit de la dépendance et des guerres civiles, éclataient dans l'Église romaine. Le comte de Tusculum était à la tête d'une faction. Il fit élire son fils sous le nom de Benoît VIII, tandis qu'une faction opposée couronnait un antipape sous le nom de Grégoire. Le pape légitime quitta Rome et alla chercher un asile auprès de l'empereur Henri II. Ce prince était trop occupé alors à arrêter les ravages des Slaves pour venger Benoît; mais quand ses armes victorieuses n'eurent plus d'ennemi à redouter en Allemagne , il se mit en route pour l'Italie, ramena le pape au milieu de ses sujets,
(l) Theiner, Codex dipl., t. I, n° vi, p. G.