‹ Le pouvoir temporel des papesChapitre 33 sur 93 · DES EMPEREURS D'ALLEMAGNE ET DES COMTES DE TUSCULUM · texte numérisé non relu

DES EMPEREURS D'ALLEMAGNE ET DES COMTES DE TUSCULUM

«et demanda à Benoît VIII la couronne impériale. Avant de l'in- Iroduire dans la basilique, le pontife voulut savoir s'il acceptait d'être le protecteur du Saint-Siège. Henri le jura et fut sacré. Le nouvel empereur confirma à l'Église romaine tousles droits concédés par Charlemagne et par les Othon. Il déclara en même temps que l'élection du pontife serait faite librement, •et ne réclama pour les députés impériaux que le droit de présence pendant l'acte de consécration (1). Toutes les fois qu'on renouvelait ces grandes chartes, les bornes et les droits des deux puissances étaient reconnus et respectés ; toutes les fois qu'on les oubliait, l'anarchie relevait la tête, et la dignité de l'Église était toujours compromise avec la liberté des papes.

Il ne fut point inutile à Rome d'avoir, dans Benoit VIII, un prince autant qu'un pontife. Les Sarrasins fondirent par mer sur la Toscane et s'emparèrent de tout le littoral. Le pape déploya une activité inouïe, réunit à la hâte tout ce que la Péninsule pouvait fournir de soldats, et envoya par mer une multitude innombrable de barques pour couper aux Sarrasins le chemin du retour. L'émir qui les commandait, prit la fuite; leur déroute fut complète, et ils périrent presque tous, victimes de la lâcheté de leur chef.

L'empire grec de Gonstantinople possédait encore dans la Basse-Italie quelques villes qu'il faisait administrer par un gouverneur. Celui-ci élevait des prétentions sur les domaines du Saint-Siège, dévastait les principautés de la Pouille et annonçait l'intention de reconquérir toute la Péninsule au profit de la cour de Byzance. Benoît VIII, averti de ce dessein, voulut le prévenir. Il alla trouver Henri à Bamberg et concerta avec lui des mesures capables de sauver le pays. L'empereur ne tarda pas, en effet, à descendre en Italie. Bénéventfut soumis, ainsi que toutes les places qui restaient aux Grecs, et l'Italie recouvra la tranquillité. Le pape et l'empereur se revirent encore une fois au Mont-Cassin; ils réglèrent dans leur entre-

(l) Theiner, Colexdipl., t. I, n° vu, p 7.

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