LES PAPES SOUS LA DOMIXATIOX ALTERNATIVE
vue les affaires de l'Occident par une commune entente et moururent dans la même année (1024).
Le successeur de l'empereur fut Conrad II, duc de Franconie ; celui du pape fut son frère, second fils de Grégoire, comte de ïusculum, qui prit le nom de Jean XX. On a reproché à ce nouveau pontife l'influence prépondérante que son père s'était arrogée dans les élections. Le soupçon seul d'un tel fait suffirait pour faire regretter l'indépendance complète des papes. L'an 1027, Conrad vint à Rome et y fut proclamé empereur; mais les fêtes de ce couronnement furent troublées dans la ville même par une bataille sanglante entre les Romains et les Allemands. Quel spectacle que celui de la papauté au milieu de ces vicissitudes ! Loin de l'empereur, les papes devenaient la proie des factions; près de l'empereur, ils étaient presque aussitôt l'objet de la défiance de leurs peuples. La protection qu'ils achetaient des princes allemands était toujours douteuse ; la dépendance qu'ils subissaient de la part des factions r toujours avilissante. C'étaient les deux maux de ce siècle désastreux. Le pontificat de Benoît IX va les mettre au comble.
Albéric, comte de Tusculum, avait un fils âgé de dix ans, qui se trouvait le neveu de Jean XX. L'ambition lui fit souhaiter la papauté pour cet enfant. Il l'obtint à prix d'or, et le scandale recommença sur le siège de S. Pierre. L'enfance du pape était ridicule; sa jeunesse fut coupable. Yicieux autant que simoniaque, il désola l'Église par tous les désordres. Les Romains le chassèrent malgré le crédit et l'autorité de son père (1038); Conrad II le rétablit, malgré l'indignation publique. Banni pour la seconde fois, il remonta de nouveau sur le trône qu'il déshonorait, se retira enfin et céda en 1045 le Saint-Siège à Jean Gratien, qui prit le nom de Grégoire VI (1045).
On fera suffisamment l'éloge de ce sage pontife, en citant la lettre que lui écrit Pierre Damien, le prêtre le plus sévère et le plus éloquent de son siècle : « J'avais soif d'apprendre que quelque bien pût nous venir du Siège apostolique. Enfin,