LES PAPES SOUS LA DOMINATION ALTERNATIVE
fini, dès qu'on peut saluer dans l'avenir le saint et indomptable vengeur des droits spirituels et temporels de la papauté.
En achevant ce résumé, nousjnous adressons aux amis de la vérité, de la justice et de la raison, pour leur dire :
Quand on s'honore de faire des recherches consciencieuses pour distinguer le vrai du faux, il faut avouer que la papauté du xe siècle a été méconnue. On a imputé à tous les papes les vices de deux ou trois d'entre eux, et on a confondu dans une sorte d'anathème commun les noms et les exemples les plus contraires. Sous prétexte qu'il s'agissait d'un temps d'ignorance et de ténèbres, on s'est cru autorisé sur quelques plaintes que la foi répète avec douleur, ou sur quelques assertions calomnieuses dont l'écho impie se multiplie en se prolongeant, à juger sommairement et sans examen la vie, le caractère et les œuvres de trente-neuf papes qui ont occupé pendant cent cinquante ans le siège de S. Pierre. La vérité est qu'on doit reprocher à Etienne YI le jugement qu'il a rendu contre le pape Formose, son prédécesseur ; à Christophe son ambition, à Jean XII la dépravation et les excès de sa jeunesse ; à Benoit IX les scandales de son pontificat tout entier. Sergius III, Jean X et Jean XI n'ont contre eux que le témoignage de Luitprancl; ils ont pour eux le témoignage de tous les autres monuments contemporains. Le trône de S. Pierre a été occupé par trois ou quatre pontifes indignes dans un siècle et demi de honte et de scandales. Quel est le trône qui n'ait vu plus de vices dans un siècle de lumière et de vertus %
Quand on aime la justice, on ne rend point le siège de Pierre responsable des fautes du pape; on ne passe pas sous silence tant de pontifes dont la vie offre des modèles d'humilité, de douceur, de charité, de patriotisme, aussi glorieux pour l'Église qu'utiles à l'Italie ; on n'oublie pas que l'ambition d'un moment a été souvent expiée par les longs ennuis de l'exil ou rachetée par les rudes travaux du zèle ; que la simonie n'a jamais été qu'un soupçon, et qu'une abdication volontaire en a effacé jusqu'à l'apparence. Les papes sont des