ADMINISTRATIVE, JUDICIAIRE ET FINANCIERE DES ETATS DE L'ÉGLISE
Le gouvernement des États pontificaux se présente, dés le xiie siècle, avec tous les caractères des gouvernements les plus éclairés et les plus complets que l'on puisse imaginer pour cette époque. La critique, qui s'exerce si facilement sur l'administration ancienne ou moderne des papes, serait bien vite désarmée, si elle consentait à approfondir un sujet dont on parle tant et qu'on a étudié si peu. L'Angleterre, la France, l'Allemagne n'avaient encore que des institutions fort imparfaites, quand les États romains offraient déjà, dans les moindres détails de leur administration, les perfectionnements dont nous nous vantons le plus aujourd'hui. Leurs libertés communales étaient développées, quand les nôtres naissaient à peine. Les provinces y étaient organisées, quand nous ne les connaissions pas même de nom. Notre unité nationale n'était qu'un germe à peine éclos dans la pensée de nos rois, que les domaines pontificaux se trouvaient déjà reliés entre eux par une savante organisation; et le pape, plus aimé encore qu'obéi, exerçait d'un bout à l'autre de ses États cette influence heureuse qui fait du prince un père autant qu'un maître, et qui laisse clans le cœur des sujets autant de place pour l'affection que pour le respect.
Cinq provinces formaient alors, avec le duché de Rome, les États du Saint-Siège : deux étaient au bord de la Méditerra-
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née, la Toscane au nord et la Maritime au sud; deux le long de l'Adriatique, la Marche d'Ancône et la Romagne, et une dans l'intérieur des terres, le duché de Spolète.
Parmi ces possessions les unes étaient directes, les autres inféodées; celles-là, qui dépendaient de la chambre pontificale, étaient administrées immédiatement par elle; celles-ci relevaient du pape comme d'un suzerain, et se gouvernaient elles-mêmes dans les limites des concessions que le souverain pontife leur avait faites. Enfin on trouvait dans les États du pape des fîefs perpétuels et de simples bénéfices , des églises jouissant des droits du seigneur et des communes où la liberté était plus ou moins ancienne et plus ou moins étendue.
Malgré une diversité si sensible dans l'état des personnes et dans la condition des terres, l'autorité suprême des papes n'en était pas moins incontestable. Ils possédaient tous les attributs de la souveraineté et en exerçaient tous les droits. De l'aveu des publicistes. ces droits consistent à lever des impôts, à rendre la justice, à battre monnaie, à faire la paix et la guerre, à décréter des lois et à en procurer l'exécution. Il est curieux d'étudier, en détail, sur tous ces points les annales du pouvoir temporel, de juger de son action et de son influence.
Nous résumerons les faits qui se rattachent à cette question sous quelques titres généraux : l'administration, la justice, les finances, la paix et la guerre, les monnaies, et nous terminerons ces considérations par quelques détails sur le gouvernement de la ville de Rome, qui se présente avec un caractère spécial.
1° nE l'organisation politique et administrative des états de l'église.
Trois sortes d'autorités entrent dans l'organisation des domaines pontificaux : celle du seigneur dans le fief, du podestat
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ou des consuls dans la commune, celle du recteur dans la province, celle du pape dans toute l'étendue de ses États.