‹ Le pouvoir temporel du papeChapitre 16 sur 37 · I. — Les Réformes · texte numérisé non relu

I. — Les Réformes

Là diplomatie européenne les a proposées au Pape éiî 1831, hier encore la France les demandait, elle continue peùt'•6t^e encore à les conseiller, quoiqu'une longue etpériencè démontre que toutes ces tentatives sont vaines. Quand elle crojràit avoir obteUu quelque concession, la diplomatie en exagérait Tirtiportance pour ramener Tôpiriion au gouvernement pontifical : mais l'expérience venait toujours prouver qu'on n'avait rieri obtenu d'efficace et que la condition des Sujets n'était pas améliorée, et les tentatives incessamment répétées étaient continuellement rendues inutiles. Il en fut ainsi des réformes, je ne sais trop ce qu'elles étaient, qu'on arracha à Grégoire XVI, quand l'interterition étrangère eut comprimé les premiers mouvetnents des Romagnes : il en fut de même du fameux nwiuproptio de Portici, avec lequel on prétendait consoler les Romains de la Iib(jrl6 qu'on leur ayait retirée.

Quand on réussit à arracher au Pape quelques {)romesses de réforme^ ce qui n'arrive pas souvent, cette promesse a toujours le résultât de ces hatli-scherifff obtenus du sultan par la diplomatie européenUe, qui (différents en cela des fnoiu propria du Pape) semblent devoir commencer Une ère Nouvelle, quoique en réalité ils ne soient et ne puissent être qu'une promesse

vaine. Je ne trouve rien qui exprime mieux ma pensée, et je regretterais que cette comparaison eût I*air d^une épigramme. Toutes les réformes demandées au Pape comme celles qu'on demande au Sultan, tendent à faire pénétrer dans son gouvernement les principes de la civilisation moderne. Mais à Gonstantinople, quelles que soient les réformes accordées, le gouvernement s*inspire toujours du Coran, comme à Borne il s'inspire du vieux droit canon. La Cour romaine, obstinément attachée à de tels principes, ne peut admettre ni la liberté de discussion, ni la liberté de conscience, ni la liberté civile et politique, ni Tégalité des citoyens devant la loi, ni la mobilisation du sol, c'est-à-dire les points les pins importants du droit moderne. Si elle les admettait en paroles elle ne les admettrait pas en fait, et quelque restriction mentale l'empêchera toujours d'en accepter les conséquences les plus fécondes. Naples eut longtemps les lois les plus parfaites, et le pire gouvernement de Tllalie. Auprès des pouvoirs consacrés parla loi, apparaissaient d'autres pouvoirs fondés sur l'arbitraire, et maintenus par le soupçon, qui annulaient les sanctions les plus salutaires. Il en serait de même dans les États- Romains : quelles que pussent être les réformes introduites, les prélats se feraient un cas de conscience de s'interposer toutes les fois qu'il s'agirait des intérêts de la religion, et les intérêts de la religion leur sembleraient compromis toutes les fois qu'on vou* drait faire une sincère application des principes libéraux.

Si le Pape consentait à faire la plus grande des réformes, celle qui résume tout le progrès politique de la civilisation moderne, c*est-à-dire s'il accordait une constitution libérale, l'esprit de son gouvernement resterait toujours celui des gouvernements absolus, et cette concession même deviendrait stérile. Les constitutions libres des États monarchiques ne sont appliquées suivant leur esprit véritable, que chez des nations qui se gouvernent elles-mêmes, sous l'aujorité suprême d'un chef irresponsable, dont la majesté représente le pouvoir suprême de la loi. Ce n'est pas ainsi que le Pape peut comprendre son pouvoir monarchique, puisque son territoire et ses sujets ne sont pour lui que le j^a/rtinoine de l'Église. Si la tentative constitutionnelle de 1848 avait pu durer, elle n'aurait abouti qu'à une collision semblable à celle qui amena la chute de Charles X. Il en arriverait de même chaque

fois qu'on voudrait renouveler rexpérieiice. Le chef de l*État, persuadé qu^il a le droit et le devoir de commander, persuadé qu'il lui appartient de donner à la politique une direction conforme aux lois de TÉglise catholique, c'est-à-dire au droit canon du moyen âge, ne pourrait s'accorder avec le Parlement et surtout avec la Chambre des députés qui voudrait et qui devrait forcer les ministres à suivre un système politique conforme aux vœux de la nation. Cette opposition dans la manière d'entendre la royauté constitutionnelle est inévitable quand le prince tient au droit divin^ à ce système qui fait de la puissance suprême un privilège institué par Dieu en faveur de ceux qui l'exercent, plutôt qu'une magistrature suprême établie pour protéger tous les droits, et que la nation a acceptée par son consentement tacite.

Ce principe a séparé les Stuarts de l'Angleterre, et la branche 'atnée des Bourbons de la France. Personne plus que le Pape, ne tient au droit divin dont il se croit investi. En 1848, cette persuasion a séparé Pie IX de son peuple, elle aurait le même résultat, s'il était possible que la Cour de Rome revînt aux institutions constitutionnelles. Mais, à moins de supposer à Rome, ce qui serait aujourd'hui un miracle, un Pape franchement libéral, et, ce qui serait un miracle encore plus grand, que le peuple romain eût en lui la même confiance que le reste de Tltalie a dans Victor-Emmanuel, que le peuple romain acceptât volontiers son autorité comme les autres Italiens acceptent celle du Roi d'Italie, le gouvernement papal n'aura d'appui que chez l'étranger. La confiance réciproque des gouvernants et des gouvernés est la première condition pour qu*un État soit assis sur ses bases naturelles. Or je demande à ceux qui connaissent les États-Romains, s'il y a une confiance possible entre la Cour romaine et ses sujets. Quand les esprits sont ainsi disposés envers toutes les concessions du gouvernement, on lui oppose cette réponse, toujours terrible en temps de révolution : Il est trop tard !

IL — Le Pontife, souveraiD de rÉUt-Romain et chef de Tltalie.

Pour le Pape et pour l'Italie, l'indépendance est une nécessité

suprême : Tun et Tautre doivent donc, a-t-on dit» s'unir pouf maintenir contre toute intervention ou domination étrangère cette indépendance qui est le plus grand des biens politiques. Dans une alliance semblable, .le premier rang appartient aii Pape. Unie à lui, Tllalie qui est le siège principal de la religion chrétienne, aurait la prééminence sur les autres nations de la chrétienté. Ce projet, qui rappelle tout cequ*il j adeglorieui dans Torigine du pouvoir temporel de TÉglise, fut mis en avaut^ en 1842, par Gioberti, et fut en partie adopté par César Balbo; il inspira les mouvements italiens de 1847, tant que Pie IX n'eut pas perdu la faveur populaire; de là vint l'enthousiasme qui applaudit avec tant de chaleur aux réformes par lesquelles il ouvrit son pontificat Considérées en elles-mêmes, ces réformes étaient peu de chose et ne sanctionnaient aucune des innovations qui donnent un élan vigoureux au progrès civil des peuples. Acceptées comme indice de l'intention qu'on supposait au Pon- * tife, d'arracher sa patrie à la domination étrangère, elles remplissaient l'Italie d'enthousiasme. Monseigneur Frausoni nous (lisait dans une de ses homélies : Vous aimez Pie IX comme t^oria voudriez quHl fûly et nov3 Vaim^nSy nous, comme il est.

Amère ironie qui exprimait une prophétie qui n'a été que trop accomplie pour l'Italie et pour la Papauté. Les souvenirs de ce temps nous semblent aujourd'hui une mythologie qui a précédé les temps historiques. Il en ressort pourtant un des plus grands et plus salutaires enseignements de l'histoire contempo-^ raine. Un Pontife pieux et bienveillant donnait le baiser de paix aux proscrits des règnes précédents; il reconnaissait devoir changer le système du gouvernement, il bénissait l'Italie, rappelait à l'empereur d'Autriche que Dieu a assigné à chaque nation ses limites naturelles.

L'Italie faisant éclater un enthousiasme qui remuait tous les peuples et acceptant le Pape comme chef de la grande entreprise de son indépendance, le monde civilisé tout entier faisant éeho aux Italiens, prouvèrent combien sou long divorce d'avec la religion pesait à la civilisation moderne, et combien ce divorce était dû au système politique qu'avaient suivi les chefs de l'Église.

Nous repoussons l'explication des réactionnaires qui ne voient qu'un acte d'hypocrisie dans cet enthousiasme.

L'hypocrisie est un hommage qud le vice rend à la yertu^ et nul hypocrite n'aurait joint ses applaudissements à ceux des admirateurs de Pie IX^ si Topinion générale n'avait été entraînée du côté de la Papauté dès qu'elle avait pu croire à la possibilité de la reconcilier avec la civilisation libérale de notre époque.

Mais Pie IX, Pape et souverain de TÉtat-Romain, pouvait-il se mettre à la tète des Italiens? Laissons parler uti écrivain qui certes n'est pas suspect, M. G. Bal bo : « Les Papes ne peuvent c pas se mettre à la téie de l'indépendance italienne ; ils Tabani donneraient, parce que leurs devoirs de Pape sont au-dessus < de leurs devoirs de princes italiens, et en l'abandonnant, ils t la feraient échouer. »

Pour surmonter les difficultés qu'opposaient à t^ie IX lestra«ditionsde sa Cour, il aurait été nécessaire qu'aux douces inspirations de son cœur^ il unit, non-seulement la haute intelligence de Bosmini et de Gioberti, mais encore l'habileté politique et l'énergie d'un Richelieu. 11 n'est pas donné à la nature humaine de rassembler toutes ces qualités, et si elles eussent été réunies dans la même personne, elles n'auraient probablement servi qu'à faire voir qu'aucune puissance humaine ne peut surmonter les obstacles qui dérivent de la nature des choses.

m. — Les provinces do ^État-Romain libres de se gouverner ellps-mêmes, sous la souvcraînelé du Pape.

Ce système serait le plus conforme à ce qu'il y a eu de bon dans les antiques traditions du gouvernement pontifical. Des hommes d'une grande autorité l'ont proposé pour les Bomagnes : le comte Aldini l'appuya en 1815, quand il s'agissait de rendre ces provinces au Pape : en 1831, Pellegrino Bossi démontrait à M. Guizot qu'on ne pourrait compter sur aucune promesse de réformes qu'on arracherait à la Cour de Bome, et il aurait voulu pour les Bomagnes un gouvernement analogue à celui de la Belgique, sous la suzeraineté du Souverain-Pontife. Enl8d6, M. deCavour proposa au Congrès de Paris l'autonomie administrative delà Romagnç sous le gouvernement d'un vicaire délégué du Pape. Dans une séance de la Chambre des députés, il déclara que ce

projet lui avait été suggéré par M. Minghettî. Nous trouvons donc en faveur de ce système une^adition datant de 1814 et que les meilleurs esprits de cette province ont probablement trouvée dans le souvenir des privilèges qui avaient rendu le gouvernement intérieur de Bologne indépendant du Pape, et qui avaient donné à son territoire une prospérité inconnue dans le reste des États de l'Église. Ce système aurait pu concilier l'autorité du Pape avec les droits de ses sujets, s*il avait été établi non comme un privilège des Romagnes, ce qui eût été contraire aux idées de notre époque et odieux aux autres provinces, mais comme le commencement d'une réforme générale.

Ceux qui aspiraient à de plus grandes destinées, se seraient inclinés devant Topinion générale favorable à la souveraineté papale.

L'organisation nouvelle aurait pu jeter des racines et éviter des modifications trop brusques. Tout cela pouvait très-bien se faire, si les princes et les peuples s'étaient franchement accordés |*our assurer l'indépendance de l'Italie. Mais ce serait aujourd'hui un rêve que de vouloir revenir à ce système. Les provinces qui se sont unies au royaume d'Italie ne s'en sépareront pas pour retourner sous une domination qui leur a laissé de si tristes souvenir?. Si, à Dieu ne plaise, ce royaume devait disparaître et ces provinces retourner h leur ancien gouvernement, elles devraient s'attendre à tout autre chose qu'aux privilèges d'autonomie.

IV. — Rome, ville indépendante et neutre, plus ou moins libre sons la souveraineté du Pape.

Les plus grandes questions qui ont agité le monde ont fini par des transactions, et certains paraissent croire que celle que nous venons d'énoncer donnerait satisfaction à tous les intérêts. Souverain de la ville de Rome ou des Étals-Romains, le Pape aurait l'indépendance et l'autorité des souverains sans avoir la puissance de ceux qui sont maîtres d'un vaste territoire. Cette souveraineté sera plus juste quand elle se bornera à la ville de Rome qui est la métropole du catholicisme» en même temps

qu*elle est une ville italienne. Dans les temps chrétiens, toute sa grandeur dériva de la religion, puisque depuis la chute de TEmpire romain Thistoire de Rome, séparée de celle des Papes, est plus pauvre que celle de toute autre ville de la Péninsule. Qu*on assure donc à Rome ce qui fait sa grandeur et son importance; qu'elle soit comme la ville fédérale de la catholicité, et que les catholiques concourent à sa grandeur pour maintenir la splendeur de la Papauté; qu'on loi assure les libertés municipales et les droits de chaque citoyen. Satisfaite de la grandeur, des bienfaits et du calme que lui assurera son rôle de métropole de la catholicité, elle consentira volontiers à rester en dehors des grandeurs du royaume dltalie et aussi à échapper aux périls qui menacent toujours les États nouveaux.

Tous ces projets sont admirables en théorie; ils ont seulement rinconvénient de ne pouvoir être acceptés par personne. Le Pape se croit, en conscience, obligé de maintenir sa souveraineté sur la moindre parcelle de ses États, et il ne se résignera pas plus facilement à la restreindre à Rome, qu'à renoncer au pouvoir temporel. Les Romains ont demandé d'être unis à l'Italie par tous les moyens auxquels l'occupation française n*a pu les empêcher de recourir.

Nous avons déjà vu que, dans les conditions de notre époque, la souveraineté du Pape sur les États-Romains est incompatible avec les libertés civiles et politiques auxquelles notre siècle aspire. La difficulté ne serait pas moindre si le pouvoir temporel était réduit à la ville de Rome. La souveraineté absolue n'y serait ni plus tolérable ni mieux acceptée. La souveraineté constitutionnelle y donnerait lieu aux mêmes difficultés, à de plus grandes peut-être. Réduite à un simple nom, cette souve* raineté verrait bientôt paraître la république avec tous les souvenirs et toutes les passions que ce nom réveille en Europe. A Rome, ce serait une répétition du gouvernement de Mazzini en 1849, ce qui ne conviendrait ni au Pape, ni aux Romains, ni à l'Italie.

Séparée de l'Italie, Rome ne peut plus être qu'une république factieuse, ou un couvent où l'on a rassemblé le musée du monde le plus merveilleux et un délicieux rendez-vous d'étrangers dont le souvenir lui conserve des amis dans toute l'Europe.

Mais les s^jets de ce oouvent ne veulent plqs de son gouver* nemen(; abandonnés du royaume italien, livrés h eqx-ipâiqcs, ils se constitueraient bientôt en république démagogique. Si Ton pouvait prouver que Tintérét des Romains exige qu^ils restent réparés du reste de Tltalie, cela nesuiTirait pas WQore^ L'intérêt seul ne détermine pas les peuples ; ils ont tepfs ap^bitions ; ils ont leurs opinions sur ce qui est juste et injuste. Nous devons rendre grâce à Dieu qu'il en soit ainsi ; si la société huiQfiipe n'avait que l'intérêt pour mobile, ce serait une Uop vile chos^

Le peuple romain ne peut oublier « ces splendides souvenirs ^ de sa grandeur passée, qui vivent dans toute âme italienne, « et qui le^ encouragent tantôt à de folles tentatives, tantôt k a des exploits glorieux (1). >i

3es opinions sont celles de toute la nation italienne, qui croit ses droits offensés tant qu'une partie de son territoire ne peut concourir ^ assurer l'indépendance et la liberté de la patrie commune.

je crois avoir examiné tous les systèmes qu'on a imaginés pour réformer l'État de Rome. Je ne m*arr6terai pas à celui du Pape souverain de la cité Léonine, et conservant par là l'indépen-dance et la dignité du.monarque. Ce serait toujours la destruction de son pouvoir temporel. Dans un quartier d'une ville où r^ne un autre prince, il n'y a plus place pour une vraie souveraineté, mais pour une immunité qui rappellerait le moyen âge et qui ferait exception aux principes du droit moderne. Je n'entends pas repousser ce système que j'adopterais volontiers s'il pouvait seulement garantir l'indépendance de la Papauté. Au milieu de la civilisation moderne, la condition qu'on fera au Pape sera toujours une exception, comme les privilèges des maisons régnantes sont une exception à régalito des droits qui est le fondement des États modernes. Mais cette immunité du ^^ape ne peut lui procurer de sécurité, ni à l'État, tant que la liberté reconnue comme droit commun de Tllalie ne sera pas loyalement assurée au Pontife par la société laïque, et acceptée par lui avec une égale loyauté.

Les Papes ne régneront plus à Rome, et s'ils y régnaient

(1) C. B.ilbo. — l^islodr^ (VUalic. Più^mbule.

encore \\s n*y seraient plus entourés de la vénération qui est due au chef de TÉglise. Il y aura peut-être dans Rome des hommes qui n'aspirent qu'à voir le siège du Pape et des cardinaux toujours établi dans la ville éternelle; mais ces caractères inertes et timides, ne seront jamais assez forts pour résister à ceux qui aspirent à la vie des peuples libres. Qu'on ne dise pas qu'avec ses splendeurs de civilisation, d^intelligence et de beaux-arts, Rome tient dans le monde chrétien une place trop grande pour que ses citoyens puissent désirer autre chose. La splendeur des souvenirs et des monuments antiques, des arts thrétiens, les pompes religieuses, qui excitent la curiosité plus que la piété des hommes, sont des avantages grands ou petits qui ne dépendent pas de la souveraineté du Pape mais de sa résidence. Ce sont là des reliques du passé, non les indices d'une prospérité présente. De nos jours, la civilisation, Tinstruclion, les arts ne peuvent fleurir sans liberté ; ils ne fleuriront donc jamais sous le gouvernement du Pape, parce que sa souveraineté s'oppose à (a réconciliation du catholicisme et de la liberté, réconciliation qui sera un fait bien plus grand et plus salutaire que n*a été la réforme protestante du seizième siècle, puisqu'elle inodifiera ce vieil esprit de la Cour de Rome, qui perpétue Talliance oponstrueuse de la religion et de l'absolutisme.

Je ne m'arrêterai pas au vicariat du roi, que la France a proposé pour la Romagne.

Si le Pape a pu régner en souverain absolu sur un peuple qui ne s'inquiétait pas de ses destins et se laissait tranquillement gouverner, ces. temps sont passés. Ceux qui jouissaient des splendeurs et des plaisirs de Rome peuvent pleurer cette époque, mais non la ramener. Remercions Dieu de ce que le moyen ftge ne peut plus renaître, malgré les louanges enthousiastes que lui donnent quelques ultra-catboliques. Les droits de l'Italie, les intérêts de la civilisation, le décorum de la religion seraient également offensés, s'il passait en coutume que le Pape ne pût rester à Rome qu'entouré, non de Tamour de ses peuples, mais de baiooiiicttes étrangères. La majesté du Poulitical suprême aura un siège digne de li^i, quand Rome, métropole du catholicisme et ca])itale du royaume d'Italie, verra le Pape recevoir Tbom^

mage raisonnable, libre et spontané de vingt-cinq millions d'Italiens.

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