CHAPITRE IV
DK L'UMiré ITALIEmn. — EOMB GAPRAU DB L'ITAUZ.
mARfAXSB MM ITAIH. — IMPOSSUniTi DB 8A PBOUMKATIOB.
u momuit bst VBau d^abolir u pouvoir tbkpobsl du papb.
Aux temps où la puissance temporelle du Pape prit son origine, ceux qui se rassemblaient sous son autorité étaient dans une condition différente de celle des antres peuples de la Péninsule, en tant que protégés par une autorité italienne qui manquait à ceux-ci. Ils eurent depuis le sort des autres Italiens, Il faut avouer que les prérogatives temporelles du Pape empirèrent leur condition. Borne, constituée en commune comme les autres cités italiennes, fut la plus mal gouvernée de toutes. Au seizième siècle, les Papes Tirent prévaloir, comme les autres souverains italiens, leur pouvoir sur celui de leurs vicaires et des communes. Mais si les monarchies italiennes furent infé* rieures aux étrangères parce qu'elles ne surent, ne voulurent et ne purent rendre Tltalie indépendante, celle du Pape fut inférieure aux autres cours séculières de Tltalie, parce que au lieu de faire prévaloir, comme la plupart d*entre elles, le droit commun sur les privilèges, elle eut pour but constant de maintenir les immunités cléricales; immunités plus ruineuses pour le peuple que les privilèges aristocratiques, parce que l'aristocratie fait partie de 1 État, tandis que le clergé vient de partout, à Rome surtout, où, cosmopolite, il pourvoit aux besoins de toute la chrétienté. L'Italie aujourd'hui veut et doit être une : Rome
De peut se soustraire aux influences qui l*ont fait participer^ depub le temps de Charlemagne, au sort du reste de l'Italie. Le jour où elle fera partie du royaume qui réunit aujourd'hui Yingt-deux millions d'Italiens, le pouvoir temporel tombera. G^est la destinée qui attend Rome, parce qu'entre les différentes proTinces d'Italie, il existe aujourd'hui une solidarité que rien ne saurait détruire; parce que, dans l'Italie une, Rome doit avoir la glorieuse prérogative d'être la capitale du monde ; parce que, restant seule en dehors de cette unité, elle serait vis-à-vis du reste de l'Italie dans une infériorité humiliante ; parce que, de nos jours, le prestige qui protégeait les États de l'Église du temps de Machiavel a disparu depuis longtemps; parce qu'enfin elle a la conscience de l'abaissement auquel le gouvernement pontifical la condamne, et qu'elle ne veut plus le tolérer. Qu'on accepte pour base de discussion que l'Italie veut et doit être une, il sera difficile de ne pas admettre que Rome doit entrer dans cette grande unité : cette vérité est si bien reconnue par les partisans du pouvoir temporel, que, pour le maintenir, ils s'acbar* nent de toute façon contre Tunité italienne.