CHAPITRE IV
ce <)irE Là UBERTÉ liGAU OB L^iCLUI DOIT ÊTRE DANS tZS SOCléTÉS
Cet aperçu historique sur les conditions du pouvoir spirituel dans les temps modernes, nous conduit à établir une proposition générale, qui établit, comme on le verra dans peu, le point décisif de la question que nous avons entrepris de traiter.
Tout le progrès de la civilisation moderne tend vers un état de choses où la liberté de la pensée garantit toutes les autres libertés. Mais cet état de choses est incompatible avec les maximes qui voient dans la profession publique et libre de la fcû religieuse un privilège réservé aux disciples de telle ou telle croyance déterminée par les coutumes ou par la loi, et qui en défendent l'exercice aux dissidents. Les privilèges du Clergé, consacrés comme ceux de Torthodoxie par le droit canon du moyen âge, ne peuvent cesser qu'avec ceux de Torthodoxie; maintenus tant qu*ils furent regardés comme une protection accordée à la foi religieuse dont le Clergé était le maître, ils n'ont plus de raison d*étre quand on croit qu*une religion vraie doit sufTire à sa propre protection, et que l'exercice du culte et les droits du pouvoir spirituel sont suffisamment garantis par ces libertés constitutionnelles que la loi assure à tous : catholiques ou dissidents , prêtres ou laïques. De tous les privilèges qui
aient jamais été concédés à la hiérarchie ecclésiastique, le plus considérable, c'est celui par lequel son chef est le maître absolu d'un État qui ne change jamais et qui devrait être imposé par force après la disparition de tous les autres qui se trouvent dans les mômes conditions. Le parti catholique admet volontiers les principes de la liberté religieuse quand ils font dbparattre les obstacles qui s'opposent à la profession publique du catholicisme, à l'exercice de son culte, aux actes de son pouvoir spirituel. Mais un principe ne peut être en partie admis et en partie rejeté; on ne peut déduire quelques-unes de ses conséquences quand on repousse les autres. Quiconque admet pour maxime fondamentale la liberté religieuse, doit l'appliquer à la profession d'une religion qu'il tient pour fausse, autant qu'à celle qu'il tient pour vraie. Dès lors, il ne peut prétendre que l'on conserve aucun privilège semblable à ceux qui furent sanctionnés par le droit canon en faveur des catholiques, des prêtres, des évêques ou des papes.
Les conditions légales de la hiérarchie ecclésiastique n'ont pas une origine sacrée. Elles doivent se soumettre à cet ensemble de circonstances qui conduit le progrès des usages et des lois vers un type de perfection auquel la génération humaine aspire toujours, sans l'atteindre jamais. Si nous considérons l'histoire de chacun des peuples anciens, nous observerons un progrès législatif qui leur fut tout à fait propre et qui n*eut rien a faire avec ce qui arrivait ailleurs. Ainsi, par exemple, le progrès du droit romain n'eut rien de commun avec ce qui surgit en Germanie ou en Gaule, ou même dans la Grèce qui transmit sa civilisation au peuple qui fut le maître et le législateur du monde ancien. Pour les peuples modernes, il n'en est plus de même. Le progrès politique et juridique de tous les peuples chrétiens parcourt une même période. Sans exclure les différences qui ont leur raison d'être dans les conditions spéciales à chacun d'eux, il y a dans leur organisation un progrès qui est commun à toute la chrétienté. D'abord les coutumes germaniques, puis les lois barbares, la féodalité, les communes, Taccroissement du pouvoir monarchique, enfin la naissance et le triomphe graduel de cet esprit libéral, qui depuis trois siècles, étend son influence sur tout le monde chrétien, tels sont les jalons qui marquent les
étapes de ce progrès. Quand nous en étudions les conditions, nous ne pouvons ni séparer les peuples catholiques des protestants, ni, acceptant sous bénéfice d'inventaire les améliorations qui constituent la civilisation moderne, récuser tout ce qui s'y est introduit pour protéger les intérêts et les droits des protestants. Ce serait, en yérité, une théorie bien étrange de la civilisation moderne, que celle qui ne mettrait au nombre des faits qui ont le plus contribué à son développement, ni la révolution des Provinces-Unies des Pays-Bas, qui affirma les droits des peuples à s'émanciper des dominations oppressives, ni la révolution d'Angleterre de 1668 qui consacra les vrais principes de la monarchie constitutionnelle, ni la paix de Westphalie qui commença à sanctionner les bases du droit international. Bien loin d*avoir une origine sacrée, les principes les plus anciens qui réglèrent les droits du pouvoir ecclésiastique, dérivent d'une tradition payenne. En s'ingérant dans les questions de religion, Constantin se portait Théritier des empereurs payens. Lorsque le droit canon appliqua à l'Église les privilèges, les immunités et les juridictions spéciales conformes aux usages de l'époque, il ne faisait rien de plus qu'appliquer à la hiérarchie ecclésiastique les anciennes traditions du droit germanique modifiées par les nouvelles conditions dans lesquelles se trouvaient ces peuples depuis qu'ils eurent envahi le territoire de l'Empire. Les peuples de notre époque qui appliquent largement les maximes de la liberté religieuse, ne font que réduire en règle générale cette tolérance qui, après avoir été invoquée par chacune des doctrines nouvelles nées depuis la réforme du seizième siècle, est invoquée souvent aujourd'hui par les catholiques. Quelle est, en effet, la religion, quel est le parti politique, quelle est l'institution qui, de nos jours, n'ait eu besoin d'invoquer la liberté contre une oppression ou présente ou redoutée? Seulement cette liberté a des racines bien plus profondes que celles que l'on pourrait trouver dans les doctrines qui furent répandues par la réforme. Elle remonte aux traditions les plus antiques et les plus respectables du Christianisme. La liberté religieuse, à la bien considérer, n'est qu'une application plus large de cette division du pouvoir terrestre d'avec le pouvoir spirituel, qui rend le premier complètement incompétent en fait de croyance, et qui oblige
celti^ei à repousser tout argument qui n'est pas fondé sur la persuasion. Saint Hilaire, déplorant les conditions de son temps, disait :
« Aujourd'hui les avantages terrestres sont employés pour « recommander la foi divine, et comme on commence à recomw mander le nom de Jésus-Christ, on porte à croire que par « lui-même il est faible. L'Église condamne à des exils et à des « emprisonnements, et veut faire croire par force, elle qui s'est « fortifiée dans Texil et dans les prisons. Elle se glorifie d^être « favorisée du monde, elle qui ne le peut être de Jésus-Christ « sans encourir 1» haines du monde.
« Qu'est-elle devenue en comparaison de celle qui nous a été « confiée et que maintenant nous laissons perdre [1) I » 11 est trai que, sans écouter ces paroles du saint évèque, ni beaucoup d'autres semblables qui se trouvaient de temps en temps prononcées par les écrivains les plus orthodoxes, la hiérarchie ecclésiastique invoquait trop souvent la protection des pouvoirs terrestres, et qu'elle élevait de grandes plaintes quand ceux-ci iul faisaient défaut. Mais put-elle s'en féliciter? Cette protection date de Constantin, alors précisément que TÉglise commençait à déchoir de la sainteté qui avait été sa véritable grandeur, et qu'elle s'affaiblissait dans cette liberté sur laquelle elle aurait dû fonder tous ses droits. Nous avons vu comment, dans les temps modernes, toutes ses grandes calamités se sont trouvées liées aut privit^es ecclésiastiques. Des faits historiques que nous avons retracés, il résulte que ce furent ces privilèges qui OCcSisionnèrenl d'abord la réforme, et plus tard l'incrédulité du siècle passé, et que ce sont encore eux qui, conservés ou regrettés par la hiérarchie catholique, empêchent aujourd'hui l'Église de recouvrer son autorité morale. Rien ne peut être plus favorable aux intérêts religieux de l'Église, que la consécration d'un droit commun à tous les chrétiens qui abandonnerait toutes ces coutumes surannées, pour se conformer aux traditions les plus saintes et bannir toute contrainte en fait de religion. L'unité dans les croyances dogmatiques, qui est le caractère essentiel du catholicisme, serait bien plus facile à établir entre les chrétiens
0)Fieunf.-Eccl.,Iiv. X[V.
si elle était mise hors de toute atteinte dans Tapplication des principes juridiques qui règlent la liberté religieuse. Dans les conditions présentes de la civilisation, la liberté de religion ne peut plus subsister comme un privilège dont les seuls catholiques devraient jouir à l'exclusion des dissidents.
Voici en quels termes le prince Albert de Broglie, réfutant ceux de ses concitoyens qui auraient voulu que la liberté de religion fût un privilège des catholiques, démontrait que la liberté religieuse établie dans beaucoup de pays protestants en faveur des catholiques, devait être aussi admise chez ceux-ci comme une maxime de droit commun :
c( Si la liberté religieuse est incompatible en France avec la « foi catholique, elle l'est aussi par tout le monde. Elle Test <( donc en Angleterre, elle Test en Hollande, elleTest en Prusse, « elle l'est dans tous les pays où la foi catholique, trésor pré- « deux conservé par un petit nombre, lutte chaque jour pénict blement pour son existence et ses droits, tout aussi bien que « dans ceux où elle dispose de la majorité des cœurs. ï)ès lors, « voici la conséquence : il est du devoir des catholiques d'An- « gleterre et de Hollande, il est de leur foi et de leur bonne foi a de bien prévenir les gouvernements protestants de leur pays « que s'ils demandent la liberté, c'est afin de prendre des forces « tout à leur aise pour arriver, par la suite des temps, à une « domination exclusive et intolérante. Leurs pétitions pour la « liberté devront toutes être rédigées ou entendues de cette « sorte : « Donnez-nous la liberté, afin que quand nous serons «t devenus les plus forts ou les plus nombreux, nous puissions a vous la refuser. » Voilà désormais le commentaire de toutes « les pétitions que les catholiques, en tout pays, adresseront au ce nom de la liberté. S'ils ne le donnent pas eux-mêmes, on ne « 58 fera pas faute de le donner pour eux (1). »
La vérité de la religion se manifeste par des arguments surnaturels et par des arguments naturels. Ceux-ci résultent de la discussion. La discussion commença dans les premiers siècles du Christianisme, et elle ne cessera jamais d'être nécessaire tant
fl) Albert de Broglie. — Questions de religion et d*hiitoire^ vol. II. t>ei wractéres de ta polémique religieuse actuelle»
que Terreur se montrera à côté de la vérité, ce qui doit durer aussi longtemps que les hommes seront sur la terre. Il n'y a de discussion loyale et utile à la vérité que celle où la liberté est égale des deux côtés. On aura beau dire que l'Église ne fuit pas la discussion ; tant que la profession des opinions contraires aux siennes ne sera pas libre, la discussion ne sera jamais une bataille soutenue en défense de la vérité ; elle ne sera qu'une fiction j un vain spectacle, où déjà avant que commence ce semblant de lutte, le parti qui vaincra et celui qui sera vaincu sont déjà désignés. Cette liberté ne diminuera en rien pour la hiérarchie catholique le pouvoir spirituel qu'aucune force humaine ne saurait lui arracher. En vertu de ce pouvoir, elle déclare la fausseté de toute opinion contraire à la religion dont elle est l'interprète ; tout homme sûr de la vérité d'une proposition dont il reconnaît l'évidence en fait autant pour les opinions qui la nient. La hiérarchie catholique inflige un blâme à la profession des opinions contraires à sa foi, parce que c'est dans la religion que se trouve le fondement de la morale à laquelle on ne peut porter atteinte sans crime. Le bien et le mal, qui se cachent dans les replis de la conscience de chaque homme, est un mys« tère impénétrable à tout autre regard qu'à celui de Dieu ; pas plus qu'à personne il n'est permis aux ministres de l'Église^ quel que soit le rang qu'ils tiennent dans la hiérarchie, de condamner leurs semblables ; mais c'est leur droit et leur devoir de déclarer la loi de Dieu qui condamne les mauvaises actions, et, ce qui y conduit, les mauvaises doctrines. Elle condamne ces doctrines avant d'avoir écouté le pour et le contre : partir de la foi pour arriver à l'examen, à la démonstration et à la discussion, est le caractère essentiel de toute religion.
Tels sont les droits de la hiérarchie catholique, ils ne violent en rien ceux de la conscience, de la raison, de la société humaine, tels que notre siècle les entend à ses heures de bon sens. Le sachant ou non, le voulant ou non, la hiérarchie catholique viole ces droits lorsque, contre la libre discussion, elle invoque la contrainte ; lorsqu'elle demande qu'on interdise la profession d'une religion même fausse, elle éloigne les hommes de la vérité. Car celui qui professe une religion fausse en est plus proche que celui qui n'en professe aucune. La liberté ac-
cordée à toutes les religions comme un droit commun, ne met pas la vérité sur le même rang que Terreur. On avance une proposition qui ne répond pas à la réalité lorsqu'on dit que le l^islateur protège telle ou telle religion en assurant à ses fidèles la liberté delà professer. Ce qu*il protège n'est pas la religion, chose abstraite, mais bien les personnes qui la professent. Le législateur remplit ainsi Tobligation qui lui est imposée d'assurer égale protection à tous ceux qui vivent sous son autorité, et il commettrait une suprême injustice s'il accordait à certaines personnes qui professent une croyance qu'il tient pour vraie, une protection qu'il refuserait à d'autres parce qu'elles professent une opinion qu'il croit fausse.
La révolte n'est pas la même chose que la liberté, il s'en faut : il n'y a pas deux choses qui soient plus complètement différentes. La liberté présuppose une autorité protectrice du droit commua reconnu par le consentement universel ; la liberté laisse toujours la voie ouverte à une discussion dans laquelle chacun a pleine faculté d'alléguer et d'examiner le pour et le contre ; la révolte tranche toute discussion par la force. A ce point de vue, la révolte n'est pas de la liberté, mais de la tyrannie ; car l'une et l'autre décident par la violence ce qui doit dépendre du libre arbitre. La révolte tient de près aux opinions qui détruisent le culte de la religion. La société humaine vit en paix quand tous ceux qui la composent s'accordent à accepter certaines vérités morales dont s'inspire la pratique de la vie civile. C'est la religion qui nous montre ces vérités. Aussi toute doctrine qui altère les croyances religieuses contient un germe de sédition. On pourrait donc admettre jusqu'à un certain point que la réforme religieuse du seizième siècle renfermait le principe de toutes les agitations qui ont troublé et qui troublent encore la chrétienté. Partant de cet ordre de considérations, les plus chauds défenseurs du pouvoir temporel du Pape conseillent à la hiérarchie catholique de se tenir étroitement unie avec les monarchies absolues, et d'obtenir de celles-ci ce que seules elles peuvent donner, c'est-à-dire les châtiments qui menaceraient toute opinion contraire à la religion. En réalité, les choses vont au rebours des idées de ces grands docteurs. Les monarchies absolues corrompent les mœurs et les pensées, loin de les modérer
et de les corriger* Le^ mesares qui prétendent défendre la reli* gion la désignent à la haine et non au respect des hommes. A côté du culte de la vertu, maintenu en honneur par la religion, il y a le culte du vice maintenu par les mauvaises inclinations de rame humaine. Le culte du vice prise Toisiveté audessus du travail, Torgueil au-dessus de l'humilité ; il range Fadultère et la séduction parmi les habitudes de la vie élégante, la vengeance parmi les devoirs. Ces idées ne viennent pas du peuple qui travaille, qui souffre^.qui prie, ni de ceux qui s'ap* pliquent plus particulièrement à perfectionner les facultés de leur esprit par la méditation et par Tétude ; elles sont écloses parmi les splendeurs de la vie élégante et aristocratique, et principalement là où ces splendeurs se concentraient dans les temps passés, dans les Cours des monarques, maîtres absolus des États. Là ces opinions formèrent comme une religion dont Tautorité prévalait dans la pratique sur celle qui avait sa source dans renseignement chrétien, et d'où était sortie toute la civilisation moderne. Quoi d'étonnant si des Ames déjà révoltées en fait contre l'autorité de la religion, prêtaient l'oreille aux opinions qui la reniaient absolument en principe? Le déchaînement des opinions qui se dressaient audacieusement contre ce qu'il 7 a de plus sacré dans les traditions de la religion, eurent leur origine dans la licence des Cours. En Angleterre, la corruption d'Henri VIII fut l'occasion du schisme qui sépara de l'unité catholique les royaumes de la Grande-Bretagne. Après la restauration de la monarchie, aux temps de Charles II, la licence des mœurs de la Cour prépara la licence des opinions de Hobbes, de CoUins, de Tyndall, de Bolingbroke, contrastant avec l'esprit de cette nation grande et libre, qui, par les dispositions naturelles de son caractère, est la plus judicieuse de toute la chrétienté (1). La témérité des opinions qui, réduites sous forme de théorie au dix-huitième siècle, troublèrent toute l'Europe, commença parmi les hypocrisies de la Cour de Louis XIV, et elle éclata au milieu du cynisme de celle de son successeur. Qu'on n'oublie pas qu'à la Cour de Léon X per^
(!) Rémasat. — Vffiêtoin d*Ànyletern au dix^huidème siècii^ t. I. — fiolmgbroke,XIIV.
sonne ne passait pour honnête homme ni bon courtisan à moins d*avoir quelque opinion erronée et hérétique sur les dogmes de l'Église (1).
On espère vainement que, sinon la vertu, du moins l'intérêt et le pouvoir des monarques absolus protégeront la religion et la morale en opposant la coercition aux débordements de la pensée ; son pouvoir échappe à la compression encore plus que Télectricité, et la sévérité des gouvernants met sous la protection des sentiments généreux les opinions qu'ils voudraient repousser, et contribue ainsi à les répandre.
(( La religion est comme un centre commun où se réunissent, « en dehors des vicissitudes des temps et des influences d'une « nature corrompue, toutes les idées de justice, d'amour, de li- « berté, de piété.
« D'où vient-il que la religion a été le point de mire d'atta- « ques fréquentes et acharnées, et que ses adversaires se sont « trouvés presque toujours parmi les hommes les plus éclairés,
« les plus indépendants, les plus instruits? Ceci vient
a de ce que la religion fut transformée en puissance
« hostile et persécutrice.
« De là cette résistance à la religion qui s'est produite dans « tous les siècles où les hommes ont revendiqué leur indépena dance morale, et qui, paraissant dirigée contre le plus géné- « reux de tous les senlimenls, s'attaquait à la plus dure de toutes « les tyrannies. En mettant la violence du côté de la foi, l'into- « lérance mettait le courage du côté de l'incrédulité; les coteries « des fidèles avaient excité l'orgueil des incrédules, et donné « l'occasion do trouver le mérite de la générosité, dans un sys- « tème qui devait être regardé comme une calamité. La per- « sécution suscita les résistances; l'autorité qui menace une « opinion quelconque excite tous les esprits généreux à se ma- « nifester en sa faveur.
« Il y a dans l'homme un principe qui le pousse à se révolter « contre toute barrière qu'on voudrait mettre à sa pensée. Ce « principe peut être la source de nombreux désordres; mais il (c appartient pourtant à tout ce qu'il y a de généreux dans l'âme
(1) Vie manuscrite de Paul IV, de Caracciolo, cilée par Ranke*