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LA PAPAUTÉ TEMPORELLE ET LE BRI6AIDAGB

M. le chevalier Bon-Compagni a prononcé à la séance du 13 juin 1863 un discours qui a eu l'approbation de la majorité, et dans lequel la déplorable connivence de la cour de Rome avec les brigands qui infestent les provinces méridionales limitrophes de l'État- Romain a été mise en pleine lumière.

Nous ne reproduisons pas ce discours, que Ton peut trouver tn exUnso dans la brochure: Le Gouvernement italien^ Rome et la, Pologne, Nous nous bornerons à quelques réflexions sommaires.

Le gouvernement pontifical, par sa conduite, n'a cessé de montrer tant

(rinimitié à Pllalie, que souvent des Italiens ont supposé qu'il se cachait daos la présence prolongée des Français à Rome una arrière-pensée hostile à la consolidation delà nouvelle organisation politique que le pays s'est donnée et que la France a reconnue. Et, en effet, si l'on s'explique jusqu'à certain point que le cabinet des Tuileries continue à protéger la cour de Rome, on ne s'explique pas que cette protection aille jusqu'à faciliter à cette cour les plus injustifiables violations de tout droit international. Voici les faits que le ministère italien et la nation regardent comme assez graves pour, selon l'expression dune dépêche de M. le chevalier Nigra, constituer un castM beUi : le premier de ces faits, c^esl la prêtent tion de faire baisser pavillon à tout navire du royaume d'Italie qui aborda dans un des ports du Saint-Siège. Une telle exclusion pouvait légitimer des représailles, mais a elles étaient rendues impossibles, » comme le remarque l'ambassadeur d'Italie à Paris, à la date du 23 avril 1863, a par Toccupation française et par Tintentiou du gouvernement du roi de ne pas faire peser sur les innocentes populations romaines les conséquences de la conduite de leur gouvernement, m

M. Drouyn de Lhuys essaya de justifier ces procédés, en laissant entendre que des sentiments d'animosité mal déguisés constituaient les seuls rapports possibles entre Rome et Turin, tant que le Saint-Siège n'avait pas admis la réunion d'une grande partie de l'ancien État pontifical au royaume d'Italie. Mais rien de fondé n'est venu démentir, que nous sachions, un autre fait, constaté par le consul de la marine à Naples, « à savoir que les prétendus agents consulaires du gouvernement bourbonnien déchu, à Civlia-Veccbia et à Porto-d'Ânzio, déchirent les rôles d'équipage dont sont munis lesdits bâtiments, et les remplacent par d'autres de l'ex-royaume des Deux-Siciles, ce qui fait que beaucoup de rôles manquent, et si quelqu'un des capitaines et patrons élude l'annulation de son rôle légitime^ en feignant de ne le point avoir, il en résulte que le document reste sans le visa qui doit prouver le débarquement auxdits ports et justifier la navigation exécutée. » ^Dépêche du chevalier Yisconti-Venosta, ministre des affaires étrangères, en date du 18 avril 1863.)

Eh bien I il existe contre la cour de Rome d'autres chefs d'accusation plus importants que les deux transgressions au droit international, dont il vient d'être parlé. C'est d'abord l'asile accordé à François II, ce roi, de connivence avec les brigands pour reconquérir 1^ trône que la désaffection de ses sujets lui a fait perdre. Ce sont de plus les encouragements prodigués à la lie des scélérats de tous pays par un gouvernement qui tire sa raison d'être de la religion. L'Italie ne peut point ne pas voir, dans les moyens employés contre elle par la cour de Rome, une insulte à la morale publique, sans exemple, grâce à Dieu, dans l'histoire de ce siècle.

Aucun doute n'est permis quant à la complicité de François II avec le brigandage. Nous commencerons par invoquer un témoignage que nos adversaires seraient embarrassés de récuser, celui du malheureux Borges. Cet Espagnol, trompé parles mensonges des Bourbons et muni d'instructions du général Ciary et du prince de Scilla, débarqua en Calabre. Il tint

un journal de son expédition. Il y dit, à la date du 2 octobre 1861 : « Malgré tous mes agents, je n'ai pu découvrir une seule bande de royalistes en caropagDe. i>Traqué par les troupes italiennes et les gardes nationales, ne trouvant qu'indifférence ou trahison chez les paysans, Borges écrivait le 12 octobre : ce Je commence à désespérer d'arriver à Rome; mes forces diminuent et mon malaise augmente. Cependant je marcherai tant que je le pourrai; mais si Dieu veut que je succombe, je remettrai ces brouillons à Capdevitie pour qu'il les fasse parvenir au général Glary ou à Scilla.... Je tiens à ce que cet écrit parvienne à Sa Majesté, afin qu'Elle sache que je meurs sans regretter la vie que je pourrais avoir Thonneur de perdre en servant la légitimité. » Il appelle les cbef^ de bandes qui Tappuient et leurs satellites « les premiers voleurs que j'aie jamais connus, » et leur reproche leurs crimes et leur lâcheté. £n(in, au moment d'ôtre fusillé, il dit au lieutenant Sladerini : ce J'allais dire au roi François H qu'il n'y a que des misérables et des scélérats pour le défendre; que Grocco est un sacripant, et Langlois une brute. »

La Chambre des députés du royaume d'Italie a ouvert une enquête sur le brigandage, dont le résultat est accablant pour François H et la cour de Uome. Le rapporteur, M. Massari, est un homme dont le caractère et les opmions modérées sont connus, et les neuf députés distingués qui Tont choibi comme leur organe, ajoutent à ses affirmations l'autorité de leurs noms. Par malheur, il n'est possible à personne d'ouvrir une enquête à Rome, et le gouvernement français naturellement ne saurait se porter ac- \

cusateur de ceux qu'il protège. Le centre des intrigues du brigandage |

bourbonnien se trouve ainsi hors de toute atteinte. *

M. Bon-Compagni, dans le discours du 13 juin 1863, dont nous avons parlé plus haut, a lu à la Chambre une note qui lui avait été envoyée de Rome par une personne en qui il a une entière confiance, et dont voici le contenu :

(( La connivence du gouvernement pontifical avec le brigandage a été a observée dès 1 époque de la chute des Bourbons de Naples.Quaod, après « la chute de Gaëte, survint la réaction dans les Âbruzzes, et plus tard a le massacre do BanccOi le délégué actuel de FrOdinone, Mgr Scapitta ce (de Gènes), par ordre de Mgr de Mérode, avait remis à Luera, Giorgi, |

c( l'abbè Riccio, de Lorenzo, etc., cent cinquante fusils et les muniiious « correspondantes.

a Sur la tin d'avril 1862, après que les Français eurent pris à Ceprano a les montures et les munitions destinées à la bande de Tristany, ii fut (( nécessaire de renouveler la provibion; pendant anq jours, pour empéa cher qu'ils ne tombassent aux mains des Français, les gendarmes ponce lUicaux, depuis rOûleria Bianca, au-dessous d'Ana^^ni jusqu'à Ceucauo, a rdCcompa;;iièier.l en suivant des sentiers détournés. Ces faiis sont non toires comme d autres du même genre qu il sérail trop long d'énumerer

« Le fait de Paloinbara est plus récent.

tt Le 18 avril de cette année se trouvait à Monterotondo, dans la Sa* a bine, un, parti de brigands commandé par le chef de bande Stramenga,

« et les gendarmes pontificanx, gênés par le Yoisinage des Français, sé- « questrèrent leurs armes; mais le 21 avril, quand ils furent venus à « Monte-Flavio, qui domine Palombara, ils les leur rendirent. »

Voici d'autres détails importants que M. Bon-Compagni a reçus de la même personne. Ils sont inédits et extraits d'une lettre de Rome datée du 18 mai 4863 :

« L'abus des passe-ports est un des principaux moyens dont le Goua vernement romain se sert pour aider à la réaction. Beaucoup de citoyens a du royaume d'Italie, ouvriers pour la plupart, qui viennent des pro- « vinces napolitaines, laissent leurs passe- ports soit à la frontière, soit « à Rome. Quand ils rectrent dans leur pays, il ne leur est plus rendu; a et il est certain que la police romaine se sert de ces pièces pour ea « munir les réactionnaires qu'elle veut faire entrer avec sûreté dans les a provinces méridionales. On en a eu la preuve directe dans les aveux « de plusieurs Italiens réfractaires à la levée, qui se réfugient ici, et aux- « quels les autorités pontificales offrent de s'enrôler chez les brigands. « Cela est arrivé en particulier à Civita-Vecchia où ils sont le plus souvent a casernes. Toutes ces intrigues se passent pour ainsi dire en famille ; cr. mais plusieurs de ces réfractaires se sont échappes, et d'autres ayant <s absolument refusé les propositions qui leur étaient faites^ les ont rêvéa lées.

(( Quant à François H, au duc de Trapani et à la cour de Naples, leur a complicité est encore plus évidente. Les engagements et les enrôlements a se sont faits au vu de tout le monde, sur les places, devant les église.'', a et surtout devant le palais de Farnèse, aux jardins Farnèss, quand ils « n'étaient pas encore devenus la propriété de lEmpereur des Français, « au Campo di Fiori, véritable nid de brigands, et devant l'habitation « royale. On connaissait les bureaux de paiement, et j'ai vu souvent des a files de brigands qui allaient recevoir leur solde. Ces faits ne sont pas tt seulement à la charge du roi de Naples, mais aussi à celle du Gouvera nement Pontifical qui les a sanctionnés par sa tolérance et y a pris « quelquefois une part plus directe, par exemple lorsque des prêtres enci courageaient les brigands publiquement.

« Les commandants français ne pouvaient ignorer ces faits, et leurs « troupes eussent pu les empêcher dans l'intérêt de la sûreté publique. Il « est vrai que depuis quelque temps les enrôlements ne Sd font plus avec « autant de publicité; mais en secret, ils n'en continuent pas moins.

« Il faut aussi faire mention de trente mille fusils que iei Français ont a séquestrés aux troupes napolitaines quand elles sont entrées à Terraa cine, après la dernière défaite infligée par nos soldats. Ces armes ont « été déposées à Castel Sant' Ângelo; mais elles ne s'y trouvent plus, elles a ont été données, à ce qu'on dit, au Gouvernement Pontifical, en com- « pensation des dépenses qu'il a faites pour maintenir ces troupes, mais « on croit communément qu'il en est passé une partie dans les mains dos a brigands.

a Quant à la survcillanco que les autorités françaises exercent à la

« frontière, il est vrai que de temps en temps on arrête quelques bri- « gands à gauche, tandis que d'autres passent à droite. Les premiers sont a conduits è Castel Sant' Ângelo, en plein jour; on leur fait traverser les a rues les plus fréquentées; un petit nombre seulement d'entre eux« trop a connus, ont été consignés au Gouvernement Italien qui les réclamait; « les autres, après un court emprisonnement, ont été rendus au Gouver- « nement Pontifical qui les a envoyés à leur ancien métier après les avoir tf restaurés et bénis, G*est ce qui est arrivé il y a peu de temps et ce qui c( 8*était vu déjà plusieurs fois. J*ai vu des lettres qui prouvent la compliff cité de la cour de Naples : elles sont de M. Ruis, secrétaire particulier a de François II. leu ai vu une autre du général Bosco : il y explique la « proposition qui lui avait élé faite, quand il se trouvait à Givila-Vecchia, a de retourner à Rome pour se mettre à la tète du mouvement. J'ai encore « sous les yeux deux lettres du comte Statella, écrites sur Tordre du Roi, a qui y donne l'instruction de se mettre d'accord avec Tristany, Rodric( gués et les autres. J ai un document très-significatif signé du général « Trislany, avec les armes de l'exroi de Naples et la légende: Comman-a dément général des troupes royales, »

Un autre incident, celui des cinq brigands à bord du vaisseau français l'Aunis^ est venu ensuite scandaliser la Chrétienté. Cinq bandits couverts do crimes ont été trouvés porteur^:, non-seulement de passe-ports ponlifî:jux, mais de lettres de recommandation des autorités romaines pour le c^csul pontiûcal à Gôoes.

Voici une note qui a élé insérée par le journal l'Europe^ de Francfort, dars son numéro du 19 juillet ^863 :

« LES COMPLICES DU BRIGANDiGK DANS LES PU0V1NCB8 NAPOLITAINBS*

« Sous ce titre, les informations suivantes ont été communiquées à « quelques chancelleries ; nous n'avons pas besoin d'en faire ressortir la « signification et la portée :

« Vers la fin de janvier dernier, le chef de brigands Cipriano La Gala, blessé dans une rencontre avec les troupes italiennes, passait sa convalescence à Rome, où il préparait une nouvelle invasion et enrôlait deux cents hommes.

« A la même époque, le chef de brigands Tamburini disait publiquement, dans une salle du palais de la police à Moate-Gitorio (Rome), qu'il venait d*avoir des conférences avec François II, et qu'il ne tarderait pas à recommencer la campagne avec des hommes et de l'argent.

« Dans plusieurs excursions militaires, faites dans les derniers mois de 1862, du côté d'Ariano, ^par le général Franzini, accompagné da préfet d'Avellino, un certain nombre de brigands furent interrogés; toas, sans exception, donnèrent des détails précis sur leur enrôlement fait à Rome dans les places publiques et sur les ordres qu'ils avaient reçus de diverses personnes, dont ils indiquaient les habitations, de ne rien épargner, pas

môme TinceDdie sur une grande échelle, pour entretenir l'igtlation dans le Sud. Beaucoup assurèrent avoir reçu des bénédictions spéciales avant de quitter Rome. Ils montraient des médailles et des emblèmes guerriers au chiffre pontifical.

« L'argent destiné au ravitaillement des bandes fut porté deux fois, vers le commencement de février dernier, par le général bourbonnien Bosco, escorté par des boromei de Tarmée pontificale ; ils passèrent par Palestine, Paliano, Fontana di Anagni et Collebardo^ puis rejoignirent Tristany qiû les attendait.

« Une grande expédition devait avoir lieu en avril dernier ; au dire des membres des comités de réaction à Rome, ce devait être le dernier coup porté au royaume d'Italie. De petites carabines de précision avaient été données aux recrues, à qui on assurait qu'elles faisaient partie d'une armée tout aussi régulière que celle du Pape elle-môme. Tout y était, jusqu'aux uniformes de l'ancienne armée napolitaine. Les officiers montraient leur or et leurs brevets. Les simples bandits reçurent plusieurs signes de reconnaissance en attendant le départ en corps. Ceci se passait dès février dernier.

a Le 15 février, des personnes honorables, arrivées de Pipemo, disent que tous les jours, dans cette localité^ il se fait, au su et vu de tout le monde, un va-et-vient de brigands qui viennent se reposer ou se ravitailler, puis repartent tranquillement pour les montagnes. Un comité bourbonnien, établi à Pipemo, les aidait quand il était besoin. Les mêmes personnes ajoutent qu'en août 1802, oUes virent un jour une cinquantaine de brigands, bien armés, stationner en bon ordre et militairement sur la place publique de Piperno.

a A la fin de février, Tamburini était à Rome avec une bande assez nombreuse, et embarrassait, à ce qu'il parait, les comités bourbonntens ; car il ne voulait partir que si on lui donnait 30O ducats qu'il prétendait lui être dus. On transigea.

« Le 2 mars, le chef De Angelis part de Rome avec une autre bande.

« Le 25 ou le 26 février, des gendarmes pontificaux arrêtent par erreur, près de Ceprano, un des capitaines de Tristany, Giovanni Sergio, croyant avoir affaire à un simpto voleur. Ayant reconnu leur faute, ils se hâtèrent de le remettre en liberté.

« Le 20 mars, on signale sur le territoire romain, vers Sonnino, une bande de près de trois cents individus, presque tous étrangers. Ils attendent des provisions ou des ordres de Rome. Des émissaires vont et viennent de leur campement à Rome. Cela dure plusieurs jours.

a Un Suisse et un Espagnol, pris les armes à la main près de Caserte, le 24 mars, déclarent être venus de Rome en cinq Jours et avoir été nommés lieutenants par le tnaréekat-dê-eamp Tristany.

(c Le 23 mars, cent passent la frontière et pénètrent sur le territoire italien à Pietra-Secca (près Avezzano).

« Le i«' avril on signale de Rieti qu'une bande, qu'on fait monter à près de cinq cents hommes, doit partir le second jour de Pâques ; ce qui est

constaté, en tout cas, c'est qae des armes el de vieux uniformes français sont réunis à la Farnesina, à Rome, et que de nombreux paysans, amenés par les agents de police pontificaux, y sont inspectés par des individus se qualifiant de comte Trasmondo Frangipane, de colonel Cliske, d'abbé Rochetti et d*abbé Schiccbi, ces deux derniers en costume ecclésiastique. « Le 2 avril, on saisit à Naples des titres d'un emprunt forcé et clandestin, émis par François H, lequel devait être souscrit par Tex-roi, et imposé par la force par les brigands dans les campagnes. On saisit ^ussi des correspondances importantes relatives à cette affaire.

€( Le 20 avril, une bande de deux cents brigands part de Rome, se dirigeant sur la frontière de la terre de Labour. D'autres bandes sont signalées de divers côtés, sur le territoire romain, près des limites. Elles peuvent compter en tout, sur toute la ligne de Monte Rotonde à Sonnino, de mille à douze cents hommes. L'effroi des populations fait que les récits qui se répandent exagèrent beaucoup ce chiffre.

(( Le 25 avril, à huit heures du malin, cinquante brigands vêtus d'uniformes, et venns en droite ligne du territoire romain, entrent à Petrella et repartent pour le mont Rascino. A Petrella, on les prit pour des troupes régulières.

« Le 18 avril, une partie de la bande de Stramenga étant à Monte Rotondo, les gendarmes pontificaux, intimidés par le voisinage d'une troupe française, desarmèrent les brigands. Ces armes furent rendues à la même bande le 21, à Monte Flavio, loin des cantonnements français.

« Vers la fin d'avril, le nommé Raffaele de Masi, de Gatanzero, appartenant à la bai.dc Tamburini, et arrêté près de Fiumignano (Âquila), déclare avoir passé en inspeciion devani François il, à Rome, et avoir été ensuite expédié avec d'autres individus dans la direction du Teramano par Collaiio. Les brigands Domenico de Bias et Nicola Gentile, arrêtés le 26 avril près de Gimpo di Giove (Âquila), font des déclarations analo^ gués. Ils ont entendu lecture à Rome d'une proclamation qu'on venait d'imprimer, et destinée à être affichée dans les provinces envahies.

ce Un certain nombre de brigands sont trouvés en possession de laisstr paiser délivrés par les autorités pontiScalos, el des brevets et commissions de dates récentes, signés par des ex-officiers bourbonuiens.

« Le 8 mai, la garde nationale de Gamoli (Teramo) arrête le brigand Francesco Rossi di Résina, réfractaire réfugié à Rome, lequel déclare qu^ayant été conduit à Monle-Citorio, au palais de la police, il fut appelé, ainsi que plusieurs autres réfractatres qu'il nomme, devant un Monsiffriare en costume, lequel dit qu'il était le {gouverneur, et leur enjoignit de 8*entendre avec Stramenga, sous peine d'être renvoyés et consignés au gouvernement italien.

a Plusieurs brigands de la bande de Stramenga déclarent être venns de Civita-Vecchia par mer, et de là à Roma, puis aux frontières.

« La nuit du 21 au 22 mai, le général Bosco e^t à Aprano, où il donne

les dernières dispositions pour le départ d'une bande armée par ses soins.

« Andréa de Le.), de Uionero .Basilicatc], do la bande de Siramcnga,

arrélé près deTeramo Tun des derniers jours de mai, donne des détails sar les enrôlements qui se font à Rome. Il déélare que les Capi-mana faisaient signer les recrues dans des registres, et qu'ensuite celles-ci recevaient quatre ou cinq baïoques par jour jusqu^au départ. Les enrôleurs craignaient la gendarmerie française; mais la gendarmerie pontificale et la police les aidaient, et souvent leur amenaient du monde.

a II arrive parfois qae des brigands établis dnns des villages romains près des frontières taxent les propriétaires sur notre territoire» avec des menaces d'incendie. Les propriétaires payent.

« Un certain nombre de brigands, conduits par des soldats français au fart Saint-Ange à travers les rues de Rome, ont été vus et reconnus ensuite en liberté, grâce à la police pontificale.

« En janvier dernier, Tamburini est arrêté par les gendarmes pontificaux, porteur d'une forte somme qu'il est soupçonné d'avoir volée. Il déclare que c'est de l'argent de François II pour les corps d' expédition, el est mis en liberté. — Il est de notoriété publique, à Rome, que des intrigants qui entourent François II lui extorquent beaucoup d'argent pour de prétendues expéditions qui ne se font pas toujours.

« Au commencement de mars, trois cents hommes environ sont cantonnés et exercés au maniement des armes par des ex-oïTiciers bourbonniens près de Porto-d'Anzio. Quelques-uns sont cependant arrêtés à la suite de Tassassinat de la femme d'un fermier auquel s'intéressait le prince Torlonia. Les autres se retirent dans les bois voisins.

« Vers la fin d'avril, les prix d'enrôlement pour le brigandage, déterminés par des courtiers connus, haussent sensiblement, par suite de quelques mesures prises par l'autorité française. Depuis lors, les prix ont toujours été croissant, jusqu'à ces derniers temps où les enrôlements ont été interrompus, les bras manquant même pour les moissons de la campagne de Rome.

<K II résulte d'interrogatoires d'individus ayant appartenu à la bande Stramenga, que la bande ne commença à se cacher que lorsqu'elle eut dépassé le territoire romain. Tant qu'elle fut sur le sol pontifîcal,elle bivouaqua en plein jour dans le voisinage des villages, comme elle fil à Licenza, et marcha également do jour. Réunie vers la fin d'avril à l'Osteria-Nuova^ près de Palombara, au nombre de cent dix à cent quinze hommes, elle but à François II avec un d<étachement de gendarmes pontificaux. Les brigands traînaient un petit canon pourvu de ses roues et de ses affûts. Ils se partagèrent, dans l'hôtellerie même, des armes et des munitions qui y avaient été déposées.

« Le bandit Gipriano La Gala, muni de passe-ports signés par le secrétaire d'État Antonelli et de lettres de recommandation pour le consul pontifical à Gênes, n'est accusé de rien moins que de dix-sept crimes ^ En 4854 déjà il fut condamné à vingt ans do travaux forcés pour vol et pillage. Échappé, il forma une bande armée. En avril 1861, il commit de nouveaux vols et séquestra le nommé Yincenzo d'Anna. Les assassinats, les vols, les pillages, les crimes de toute espèce qu'il a commis sont innom-

brableSi et ies autorités i talion nés peuvent se glor.ûer d avoir enfin en main le bandit le plus féroce que ce pays, riche en individus pareils,

Nous n*ajooterons plus qu'un mot : c*6St que le gouvernement Français, après avoir pris connaissance des pièces qui établissent que les dits cinq individus à savoir : Cipriano La Gala, Giona La Gala, Domenico Papa, Giovanni d'Avanzo et Angelo Sarno, étaient non des hommes politiques, mais de véritables brigands, a accordé Fextradilion et les a remis aux mains des autorités italiennes (9 sept. 1863).

C'est une preuve que la France est portée à rendre de plus en plus justice à l'Italie, son alliée. Remarquons encore que la Papauté, en s'égarant sous la pernicieuse influence de la camarilla bourbonnienne jusqu'à susciter des voleurs de grand chemin et des assassins, a fourni la démonstration la p*us éloquente de la nécessité que le pouvoir temporel lui soit retiré.

{Note du traducteur.)

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