PIUS P. P. IX
« J'ai écrit également à Sa Majesté l'Empereur des Français. »
Le roi de Prusse répondit :
Berlin, le 3o juillet 1870.
« Très auguste Pontife,
« Je n'ai pas été surpris, mais profondément touché en lisant les émouvantes paroles tracées par votre main pour faire entendre la voix du Dieu de paix. Comment mon cœur pourrait-il rester insensible à un si puissant appel? Dieu m'est témoin que ni moi ni mon peuple n'avons désiré ni provoqué cette guerre. Obéissant aux devoirs sacrés que Dieu impose aux souverains et aux nations, nous avons tiré l'épée pour défendre l'indépendance et l'honneur de la patrie, et nous sommes prêts à la déposer, dès que ces biens ne risqueront plus de nous être ravis. Si Votre Sainteté pouvait m'offrir de la part de celui qui a si inopinément déclaré la guerre, l'assurance de dispositions sérieusement pacifiques et de garanties contre le renouvellement de semblable violation de la paix et
de la tranquillité européenne, ce n'est certes pas moi qui refuserais de les recevoir des mains vénérables de Votre Sainteté, uni comme je le suis à Elle par les liens de la charité chrétienne et d'une sincère amitié.