‹ Le pouvoir temporelChapitre 18 sur 27 · V. L'Univers, mai · texte numérisé non relu

V. L'Univers, mai

(Page du texte j5).

M. de Corcelles, qui a occupé si longtemps à Rome de grandes situations officielles, a publié, en 1869, une remarquable étude dont les extraits suivants serviront à montrer comment les finances pontificales étaient administrées :

Tous les gouvernements, dit-il, ont dans leur budget le miroir de leur bonne ou mauvaise conduite.

Les comptes du Saint-Siège ont une autre signification : ils montrent le mal qu'il n'a pas fait, le désastre infligé par des entreprises contre son indépendance et la paix du monde catholique.

Les dettes qui l'accablent ne lui sont pas imputables; ce sont des mémoires de fils de famille.

Gardons-nous de croire que le Père commun en ait la responsabilité parce qu'il les acquitte, ni qu'il puisse les acquitter indéfiniment...

De 1849 à 1859, le gouvernement pontifical avait soldé les frais de la révolution de 1848, retiré 42 millions d'assignats et réalisé l'entière circulation en espèces.

Son revenu, de 66.000.000 fr. en i85o, était, en i858, de 89.190.000 fr. par l'accroissement du produit des contributions indirectes.

Ses déficits avaient peu à peu disparu; i858 finissait même avec un faible excédent de recettes.

A partir des invasions de 1859, consommées en 1860, son territoire ne comprend plus que 700.000 habitants, au lieu de 3.124.000, et cependant, comme il ne cesse d'être menacé, envahi dans les cinq provinces qui lui restent, la moitié de son revenu, diminué des deux tiers, passe à l'entretien d'une petite armée dont il a nul besoin pour la police ordinaire. -Plus que jamais le souverain Pontife reçoit les hommages de toutes les nations qui ne veulent pas l'indignité et le trouble immense de

son assujettissement politique; il est obligé de maintenir les institutions nécessaires à leur administration spirituelle, et de gouverner grandement le plus mince des Etats.

Comment ces déficits ne se seraient-ils pas accrus? Mais leur accumulation provient surtout du sentiment d'honneur qui l'a déterminé à payer la part de la dette annuelle des quinze provinces dont il n'a plus l'impôt, afin qu'il n'y eût pas d'interruption dans les engagements pris avec ses créanciers, et cela pendant huit années, jusqu'au règlement si tardif de cette dette, signé le 7 décembre 1866 par le gouvernement français et celui du royaume d'Italie.

Ainsi depuis 1860, le revenu du Saint-Siège, tombé à 3o millions, est resté le même, tandis que s'augmentait la dette générale, entièrement à sa charge, et les préjudices du dehors ont seuls amenés les emprunts, dont l'intérêt, malgré les soulagements du denier de Saint-Pierre, s'est ajouté à chaque déficit annuel.

Qu'on en juge par le tableau complet des excédents de la dépense sur la recette. C'est, à vrai dire, l'unique chapitre extraordinaire du budget pontifical, et il serait juste de l'intituler : Déficits pour infractions ou insuffisance des traités.

ire période décennale de 1849 à 1^9 Extinction des déficits.

2me période décennale de i85g à 1869.

Déficits annuels.

Total

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