‹ Le pragmatisme americain & anglaisChapitre 17 sur 57 · DO · texte numérisé non relu

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OU moins diverses de vérification, mais jamais il n'accordera une valeur de vérité à des concepts qui prétendraient s'imposer à nous en dehors de tout recours a l'expérience. — D'autre part, puisque le processus vérificateur est toujours orienté par nos fins personnelles, l'influence de ces fins s'exerce légitimement : la croyance n'est pas simplement tolérée, mais réhabilitée comme un moment nécessaire de toute connaissance. Pour la même raison se trouve logiquement élimine le vieil idéal d'une connaissance désintéressée. L'analyse pragmatiste ne laisse aucune place à la notion d'un savoir qui ne serait pas dirigé par quelque desir. Elle fonde une forme de relativisme radicale, mais nullement sceptique. C'est ce que l'on comprendra mieux en considérant les répercussions métaphysiques de la doctrine. Par cela même qu'il caractérise toutes les notions logiques, et particulièrement l'idée de vérité, en termes d'expérience humame, le pragmatisme enlève un de ses principaux arguments à toute philosophie qui prétend superposer à cette expérience quelque Réalité transcendante Sans conduire nécessairement à Vempmsme radical il y conduit très naturellement : il le rend possible en le délivrant de toute objection de l'ordre epistémologique. D'autre part, il apporte une solution nouvelle au problème longuement débattu entre idéalistes et réalistes : d'après lui, la connaissance ne reproduit pas plus une réalité toute constituée qu'elle ne crée son objet de toutes pièces; elle imprime une certaine transformation à la réalité donnée dans l'expérience. Par la est établi le caractère éminemment plastique de cette réalité; l'analyse concrète de la connaissance, loin d'exi-er notre asservissement à quelque détermimsme inflexible, met en lumière l'efficacité de notre action. Puisque cette action émane toujours d'un individu, le pragmatisme aboutit naturellement à une métaphysique

pluraliste. Alais l'indépendance de l'activité personnelle à l'égard de la réalité totale a été fort inégalement accentuée par les différents pragmatistes. Ce qu'ils s'accordent seulement à affirmer, c'est que cette réalité est susceptible de transformations réelles. Disons donc plutôt que le pragmatisme conduit à une métaphysique franchement cvolutionniste ou dynainistc.

L'exposé précédent nous fournit le plan naturel que nous allons suivre dans un examen critique du pragmatisme. Il s'agira de savoir à la fois si la vérité est connue et si elle est constituée par les conséquences pratiques. Autrement dit, nous aurons à nous demander, d'abord, si la description du travail cognitif fournie par le pragmatisme est vraiment fidèle, ensuite, si les conclusions épistémologiques tirées de cette description sont bien des conclusions légitimes. Le premier problème porte sur le critère de la vérification ; et le second sur la définition de la vérité.

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