‹ Le Pragmatisme Américain et AnglaisChapitre 10 sur 70 · nous conduit à une conception métaphysique assez · texte numérisé non relu

nous conduit à une conception métaphysique assez

analogue, dont les conséquences religieusés sont exposées par Royce d'uñe façon particulièfement nette et pénétrante. Dans son premier ouvrage, il insiste loyalement sur la différence qui sépare la Pensée universelle du Dieu imaginé par la théologie traditionnelle. Cette pensée ne doit pas même être appelée créatrice

tout ce que nous pouvons affirmer à son sujet, c’est que de toute éternité est réalisée en elle la vérité la plus haute, de même que le triomphe du Bien. Tandis que la religion populaire cherché dans les miracles les

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preuves d’une réalité spirituelle, le véritable idéalisme, dédaigneux des phénomènes particuliers, se satisfait d'affirmer que le Tout est divin (1). to

Dans la suite, Royce a insisté de plus en plus sur l'aspect actif et moral de cet Etre Universel qu’il avait désigné tout d’abord par le terme un peu trop étroit de Pensée (2). I1 a fait un effort singulièrement attachant pour caractériser cet Absolu comme une Ame en qui non seulement l'intelligence, mais la conscience morale et religieuse de l’homme atteindraient leur pleine satisfaction. Aïnsi, quand il aborde le problème du mal (3), il n’hésite pas à rejeter les formes simplistes de l’optimisme : le mal n’est ni une simple apparence ni une ombre faite pour rehausser l'éclat de la lumière. Royce en reconnaît pleinement la réalité tragique, et soutient qu’elle subsiste au regard même de Dieu. Seulement, il faut que cette réalité détestable contribue à la perfection du Tout. L'on devra chercher la solution de ce problème dans l'expérience de la tentation surmontée, où la tendance mauvaise devient l’occasion d'une vie supérieure, Nos péchés sont un élément de la perfection de Dieu, en tant que celui-ci les déteste et les hait.” Voilà comment « la présence même du mal dans l’ordre temporel est une condition de la perfection de l’ordre éternel » (4)-

(1) The religious aspect of philosophy, p. 478-482. Citons au moins une phrase caractéristique : « Genuine idealism... is utterly careless whether this or that surprising thing appears in the phenomenàl world, since it once for all knows that the Whole is divine, an eternal surprise. » (p. 482).

(2) Cf. Séudies of Good and Evil, p. 168. The World and the Individual, t. I, p. X.

) Voir, par ex., The Spirit of Modern Philosophy, lect. 8. The World and the Individual, t. TI.

(4) The W. añd the Ind., t. Il, p. 385. Dans le passage précédent nous reproduisons certaines phrases de notre article de

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