SON APPLICATION AU PROBLÈME RELIGIEUX
Jusqu'à présent nous avons vu James aborder les problèmes philosophiques d’une façon assez fragmentaire, soit en psychologue curieux de caractériser la mentalité du métaphysicien, soit en homme soucieux de protéger la vie intérieure de ses semblables contre les négations arbitraires d’un dogmatisme soi-disant scientifique. A l’occasion, il n’avait pas manqué d’exprimer de la façon la plus nette son opinion au sujet de certaines questions essentielles ; mais enfin il ne s'était encore présenté que sous l’aspect d’un essayiste er philosophie. En 1898, le ton change. L’allocution prononcée à cette époque devant l’Union Philosophique de Berkeley respire l’enthousiasme d’un prosélyte (1). James annonce qu’il possède en lui-même un discours capable de satis-. faire tous les besoins de l’homme. Pour l’instant, il ne
(x) Philosophical conceptions and practical results, in The University Chronicle, Univ. of California, Berkeley, sept. 1808, vol. I, n° 4, reproduit avec quelques suppressions dans The Journal of Philosophy, t. I, p. 673 s., sous le titre The pragmatic method.