LIT
de métaphysique les plus brillants et les plus hardiment constructifs qui eussent sans doute paru en Grande- Bretagne depuis longtemps (1). Indiquons rapidement les grandes lignes de cet ouvrage qui marque la première étape de sa pensée.
L'auteur s'efforce d'établir avant tout l’importance et la possibilité d’une métaphysique. Du positivisme, qui méconnaît la première, 1l a rapidement raison : toute spéculation, remarque-t-1l en passant, jaillit de certaines nécessités pratiques ; ainsi en est-il de la métaphysique elle-même : elle concerne la théorie sur laquelle toute vie se fonde, les problèmes généraux que l'existence nous contraint à poser (2). Mais l’on peut montrer que les arguments allégués soit par Kant, soit par Spencer, en faveur de la théorie contraire ne sont point décisifs, et surtout que l’agnosticisme doit logiquement nous conduire au delà de lui-même, — jusqu’au scepticisme absolu et même au pessimisme radical (3). Dès lors, il faut opter entre cette dernière attitude ou un acte de foi dans la valeur de notre raison. La seule façon de justifier cette confiance, c’est de montrer que la raison est en effet capable de fournir une solution intégrale des grands problèmes posés par le sphinx de la vie (4). Telle est la tâche que M. Schiller va poursuivre allégrement. Mais d’où partir ? Il existe une réalité indiscutable, vainement contestée par Hume et
(x) Riddles of the Sphinx. À study in the Philosophy of Evolution, by a Troglodyte, Swan Sonnenschein, 1807.
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