‹ Le Pragmatisme Américain et AnglaisChapitre 34 sur 70 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

La critique de l’intellectualisme

La théorie nouvelle de la connaissance et de la vérité qui caractérise le pragmatisme de James, de M. Schiller et de M. Dewey s'appuie sur deux sortes de fondements : une analyse positive de la connaissance humaine et une critique en règle de toutes les théories antérieures. James n’avait pas aperçu lui-même du premier coup cette portée révolutionnaire de sa propre psychologie. I] s’était bien attaqué à certaines thèses propres au naturalisme ou à l’idéalisme absolu, ou même communes à ces deux doctrines. Il n'avait tout de même pas eu conscience de miner les notions fondamentales de l’épistémologie traditionnelle. Au contraire, c’est bien à cette audacieuse entreprise que M. Schiller et les logiciens de Chicago déclarent travailler. Empiriste ou a prioriste, réaliste ou idéaliste, aucune des théories classiques de la connaissance n’a été soustraite à leurs coups. Et l’on connaît déjà le nom de l’unique adversaire qu’ils décèlent et poursuivent sous ses multiples déguisements : c’est l’intèllectualisme (1).

La critique de l’intellectualisme, on s’en doute aisément, ne s’est point relâchée dans la période orageuse dont nous abordons maintenant l’étude. Nous ne retien-

(1) V. en partic. : Personal Idealism, 8 24 (p. 84), et The influence of Darwin on philosophy and other essays, p. 277

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