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elle-même se vident de toute signification (1). Concevoir une Vérité indépendante de l’expérience humaine, c’est faire abstraction, à propos d’une assertion quelconque, du dessein individuel qui l’a suscitée, ainsi que des conséquences qu’elle a entraînées par rapport à ce dessein. Autrement dit, c’est se condamner à considérer seulement la forme verbale de l’assertion : c’est adopter le point de vue caractéristique de la Logique Formelle. Or, de ce point de vue, il n’existe aucune différence entre une affirmation vraie ét une affirmation fausse
toute assertion se donne initialement pour vraie, et c’est le résultat de sa mise en œuvre qui seul nous permet d'apprécier la valeur de cette prétention. Parce qu’il considère le simple énoncé des jugements sans tenir compte de leurs conséquences concrètes, l’intellectualisme ne nous laisse aucun moyen de caractériser la distinction même de la vérité et de l’erreur (2). Bien plus, ce même verbalisme enlève aux assertions toute espèce de sens (meaning) réel : car ce sens ne se comprend vraiment que si l’on considère l'intention de leur auteur {3). Ainsi, l’intellectualisme vient échouer au seuil même des problèmes fondamentaux de cette logique qui passait pour sa citadelle (4). N’en voilà-t-1l pas
(1) Cf. St. in H., essay III. Le même thème a été développé dans tous ses détails par Schiller dans sa Formal Logic (r912).
(as ir es p- 111-112, et essay V, en partic., p. 143-150, 160-
(3) 1Ib., p. 112, p. 86-69; cf. articles The present pha$e of Idealist philosophy, in Mind, janvier 1910 et Absolutism in extremis ? ib., octobre 1910. Ce thème a été encore repris par Schiller dans sa Formal Logic, ainsi que dans ses articles récents sur The meaning of meaning (Mind, 1920 et 1921).
(4) Nous n'avons retenu ici que les arguments qui nous ont paru les plus fondamentaux. Schiller les reprend à satiété, mais ce ne sont pas les seuls dont il use. Il critiquera également par exemple la notion de la Vérité Absolue en soutenant qu’elle nous ramène à
assez pour nous faire abandonner la conception traditionnelle de la connaissance? Cessons de juger le savoir humain du haut d’une métaphysique préconçue ; faisons enfin l’essai d’une autre méthode. ;
la théorie de la vérité-correspondance (Mr. Bradley's theory of truth, in Mind, t. 16, n°.63, juillet 1007); ou encote qu’elle nous conduit à l’idée d’une vérité invérifiable, et qu’elle onvre par là la porte aux affirmations arbitraires (v. The rationalistic conception of Truth, in Procedings of the Aristotelian Society, t. IX.